Mais ça ne serait pas aussi grave que ça en a l'air :

Les drogues interceptées en mer sont jetées par-dessus bord


Publié / Actualisé
Le dimanche 5 mai 2019, la Marine nationale annonçait avoir intercepté cinq tonnes de cannabis, sept kilos de méthamphétamine et 1,3 kilos d'héroïne dans la mer d'Arabie. D'après nos informations, les drogues ont été détruites en mer. Une procédure habituelle, confirment les Forces armées de la zone sud de l'océan Indien (FAZSOI).
Le dimanche 5 mai 2019, la Marine nationale annonçait avoir intercepté cinq tonnes de cannabis, sept kilos de méthamphétamine et 1,3 kilos d'héroïne dans la mer d'Arabie. D'après nos informations, les drogues ont été détruites en mer. Une procédure habituelle, confirment les Forces armées de la zone sud de l'océan Indien (FAZSOI).

Cela peut sembler curieux, mais la destruction de drogues en mer est bien la procédure basique lorsque celles-ci sont interceptées en pleine mer. Deux raisons sont invoquées pour justifier cette dernière : " Premièrement, il n’est pas possible pour un bateau de l’armée de transporter des drogues pendant plusieurs mois, nous nous devons de protéger la santé et l’intégrité physique de l’équipage. Deuxièmement, la flotte devant amarrer dans de nombreux pays étrangers, il n’est pas possible d’avoir des drogues saisies à son bord" indique le service communication des FAZSOI.

Si ces raisons semblent plus que raisonnables, la méthode de destruction pose tout de même question. Mais cette dernière est bel et bien autorisée par le ministère de la Transition écologique et par le Code de procédure pénale, article 41-5, qui indique que "le procureur de la République peut ordonner la destruction des biens meubles saisis dont la conservation n'est plus nécessaire à la manifestation de la vérité, s'il s'agit d'objets qualifiés par la loi de dangereux ou nuisibles, ou dont la détention est illicite" sans préciser cependant les procédures de destruction.

Lors d’une saisie de drogue, le commandant du bateau fait donc état de la prise au procureur de la République, qui donne l’autorisation – ou non – pour la destruction en mer. " Les drogues sous forme de cachets sont d'abord écrasées avant d'être évacuées, le cannabis est jeté tel quel " précise par ailleurs une source proche du dossier.

"Un impact peu probable sur l’environnement"

Quid de l’environnement dans cette histoire ? Eh bien, étonnement, cette pratique ne serait pas particulièrement néfaste. " Si ces drogues étaient jetées près des côtes, alors bien sûr, on pourrait s’inquiéter des effets sur la vie marine. Mais en haute-mer, où les fonds marins se trouvent à plusieurs kilomètres de profondeur, ces dernières ont largement le temps de se dissoudre avant d’intoxiquer quoi que ce soit " explique Thomas Joubert, de l’Aquarium de La Réunion.

Récemment, des confrères anglais révélaient que des crevettes avaient étaient retrouvées avec des traces de cocaïnes dans leur corps en Angleterre. Un scénario peu probable d’arriver dans l’océan Indien, où les fonds d’eau sont bien plus profonds que dans les rivières anglaises. "Éventuellement, si la drogue est déversée alors qu’un mammifère devait passer par là, on peut supposer que dans ce cas-là, oui, ça pourrait être nocif" continue Thomas Joubert.

Plusieurs scientifiques s’accordent finalement sur cette conclusion. Françoise Gaills, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et spécialiste des écosystèmes profonds océaniques, ne s’alarme pas non plus de la situation. "Si les fonds se trouvaient à 100 ou 200 mètres de profondeurs, on pourrait s’inquiéter. Dans ce cas-là, les effets sur la faune me semblent peu probables" confirme-t-elle. Aussi alarmante que cette nouvelle puisse sembler, il n'y aurait donc pas vraiment raison de s'inquiéter. Une bonne nouvelle pour la biodiversité, déjà bien assez menacée aujourd'hui.

Lire aussi : Cinq tonnes de cannabis interceptées dans l'océan Indien

as/www.ipreunion.com

   

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