Insécurité menstruelle :

Les protections hygiéniques, un casse-tête pour de nombreuses femmes


Publié / Actualisé
Alors que les études se multiplient démontrant la présence de désherbants et autres produits toxiques dans certaines protections hygiéniques et que la journée de l'accès aux protections menstruelles s'est tenue récemment, tour d'horizon des alternatives proposées aux femmes qui souhaiteraient éviter les protections nocives. (Photo d'illustration RB/www.ipreunion.com)
Alors que les études se multiplient démontrant la présence de désherbants et autres produits toxiques dans certaines protections hygiéniques et que la journée de l'accès aux protections menstruelles s'est tenue récemment, tour d'horizon des alternatives proposées aux femmes qui souhaiteraient éviter les protections nocives. (Photo d'illustration RB/www.ipreunion.com)

La première option, probablement la plus efficace pour éviter une infection : ne rien mettre du tout.  " Idéalement, je conseille à mes patientes d’utiliser le moins de protection possible, explique le docteur Von Theobald, chef du service de gynécologie et d’obstétrie du CHU Nord, je vois de plus en plus de cas d’allergies liées à l’utilisation des protections hygiéniques ".

L’une des solutions à ne rien mettre est ce qu’on appelle le " flux instinctif ", une pratique de haute voltige pour les femmes qui seraient tentées. En effet, il s’agit d’une technique qui consiste à se muscler le périnée afin de retenir le flux jusqu’au moment de se rendre aux WC. Une technique risquée, qui demande du temps avant de la maitriser, mais aussi une bonne dose de confiance en soi.

De la qualité, mais à quel prix ?

Pour les solutions un peu plus réalistes, il existe aussi les versions bio des serviettes et tampons. " A condition d’avoir confiance dans ce label, qui n’est pas forcément toujours honnête " précise le docteur Von Theobald. En effet, lors d’une étude réalisée en 2018 par l’association 60 millions de consommateurs, des traces de glyphosate avait été retrouvées dans des tampons d’une marque labellisée bio.

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" Les femmes peuvent aussi se tourner vers les marques hypoallergéniques qu’on peut trouver en pharmacie, mais il faut être en capacité d’y mettre le prix…" déplore-t-il. Déjà pesantes dans le budget mensuel des femmes, les protections hygiéniques vendues en pharmacie sont effectivement encore plus chères que celles des grandes surfaces. Tout le monde ne sera donc pas en mesure de se les procurer, particulièrement dans la mesure où encore beaucoup de femmes en situation de précarité peinent à se payer des produits de grande surface.

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Retour aux produits lavables

Reste alors la solution des protections lavables, à l'image des couches lavables qui font un retour en force. Serviettes, tampons, ou encore coupe menstruelle, ces trois solutions proposent des alternatives sans produits toxiques et totalement écologiques. " Le problème, c’est qu’elles sont tout sauf pratiques, bien qu’elles soient effectivement les moins nocives pour la santé " souligne l’obstétricien.

Certaines femmes peuvent enfin adopter une solution radicale : prendre la pilule en continu, poser un implant, ou bien encore un stérilet hormonal pour arrêter le flux naturel. Mais du côté hormonal, les effets secondaires s'accumulent et repoussent de plus en plus de femmes. Finalement, aucune solution ne semble idéal, pour un problème touchant plus de 50 pourcent de la population. Le casse-tête continue.

as/www.ipreunion.com

redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Nanou, depuis son mobile, Posté
Et la Cup ??? Très bonne alternative !!