Cinq cas autochtones confirmés :

La dengue s'installe progressivement à Mayotte


Publié / Actualisé
La dengue a beau s'être calmée à La Réunion, elle semble s'installer petit à petit à Mayotte... et si notre voisine connaît une épidémie aussi importante qu'ici, ce serait une catastrophe sanitaire. Deux nouveaux cas de dengue ont été confirmés la semaine dernière, annonce l'Agence régionale de Santé. Des cas qui sont autochtones, et c'est tout le problème : la dengue à Mayotte n'est plus uniquement une maladie importée par les voyageurs, elle s'installe sur l'île. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
La dengue a beau s'être calmée à La Réunion, elle semble s'installer petit à petit à Mayotte... et si notre voisine connaît une épidémie aussi importante qu'ici, ce serait une catastrophe sanitaire. Deux nouveaux cas de dengue ont été confirmés la semaine dernière, annonce l'Agence régionale de Santé. Des cas qui sont autochtones, et c'est tout le problème : la dengue à Mayotte n'est plus uniquement une maladie importée par les voyageurs, elle s'installe sur l'île. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

L'Agence régionale de Santé (ARS) n'en est pas encore à s'alarmer mais n'est pas tranquille pour autant... Selon le docteur François Chièze, directeur veille et sécurité sanitaire à l'ARS, les derniers chiffres font état de deux nouveaux cas de dengue à Mayotte, et autochtones qui plus est, ce qui fait monter le nombre de cas total à 12 depuis le début de l'année, dont cinq autochtones.

"Le risque est loin d'être négligeable", estime-t-il. Car si les cas deviennent autochtones, cela signifie que l'épidémie est en train de s'installer sur l'île... Pour les autres cas, ils viennent de La Réunion ou de Tanzanie pour la plupart. "Cette fois, ce sont bien des personnes qui n'ont pas voyagé, ce sont des habitants de Mayotte."

D'autant plus que les cas sont très dispersés, rendant difficile l'étude de l'exapansion de la dengue. "C'est dur à analyser, les cas ont été détectés dans les 4 coins de l'île", explique François Chièze. Difficile effectivement de voir comment circule et s'étend la dengue dans ce cas.

Une chance : l'hiver austral

Pour l'ARS, cela ressemble bien à une situation dite "pré-épidémique", et laisserait penser que la dengue peut s'installer petit à petit à Mayotte. Une chance cependant : l'hiver austral arrive, limitant donc le nombre de moustiques. "C'est ce qui me rassure", avoue François Chièze, "j'aurais été beaucoup moins tranquille si cela se produisait en plein été, avec la prolifération des moustiques." Fort heureusement donc, l'arrivée du froid peut limiter l'expansion de la dengue à Mayotte.

Car si l'on arrivait aux mêmes chiffres que ceux observés à La Réunion (jusqu'à 1.300 cas observés en une semaine il y a quelques semaines), cela pourrait être une catastrophe sanitaire pour Mayotte. "Les délais d'analyse risqueraient d'être trop long, les laboratoires ne pourraient peut-être pas faire face, il faudrait donc obligatoirement engager des renforts", explique le docteur. Exemple : envoyer un technicien de laboratoire uniquement dédié à ça, et renforcer les capacités de tests.

La surveillance de la maladie devrait être facilitée par contre par "la capacité plus naturelle qu'ont les Mahorais à aller chez le médecin", estime François Chièze, qui observe peut-être un réflexe plus rapide à prendre rendez-vous en cas de premiers symptomes.

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mm/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

   

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