Le schéma des carrières bientôt mis à jour (actualisé) :

C'est officiel, l'État veut à tout prix ouvrir Bois-Blanc...


Publié / Actualisé
Décidément, l'Etat n'en démord pas et souhaite vraiment ouvrir à tout prix la carrière de Bois-Blanc. Cette ouverture, c'est justement ce qui fait l'objet d'une réunion prévue le 1er juillet 2019. La DEAL (direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement ) a convoqué une commission pour demander une "mise à jour" du schéma départemental des carrières de 2010. Officiellement il s'agit d'une procédure classique puisque le schéma a été annulé par la cour d'appel de Bordeaux. Les opposants à la carrière de Bois Blanc y voient plutôt une tentative de "passage en force de l'Etat". Cela alors que le lundi 29 avril 2019, le tribunal administratif a suspendu les arrêtés préfectoraux autorisant l'exploitation de la carrière de Bois Blanc et le défrichement du site. La juridiction administrative doit maintenant se prononcer sur le fond du dossier, à savoir une interdiction ou non d'ouverture de la carrière. Sans attendre l'Etat s'est pourvu en cassation contre la suspension décidée par le TA... Pour rappel, la carrière de Bois Blanc est censée alimenter en roches massives la partie digue de la nouvelle route du Littoral
le Tribunal administratif a annulé doit encore se prononcer sur le fond de l'affaire (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Décidément, l'Etat n'en démord pas et souhaite vraiment ouvrir à tout prix la carrière de Bois-Blanc. Cette ouverture, c'est justement ce qui fait l'objet d'une réunion prévue le 1er juillet 2019. La DEAL (direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement ) a convoqué une commission pour demander une "mise à jour" du schéma départemental des carrières de 2010. Officiellement il s'agit d'une procédure classique puisque le schéma a été annulé par la cour d'appel de Bordeaux. Les opposants à la carrière de Bois Blanc y voient plutôt une tentative de "passage en force de l'Etat". Cela alors que le lundi 29 avril 2019, le tribunal administratif a suspendu les arrêtés préfectoraux autorisant l'exploitation de la carrière de Bois Blanc et le défrichement du site. La juridiction administrative doit maintenant se prononcer sur le fond du dossier, à savoir une interdiction ou non d'ouverture de la carrière. Sans attendre l'Etat s'est pourvu en cassation contre la suspension décidée par le TA... Pour rappel, la carrière de Bois Blanc est censée alimenter en roches massives la partie digue de la nouvelle route du Littoral
le Tribunal administratif a annulé doit encore se prononcer sur le fond de l'affaire (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Plutôt que créer un nouveau schéma des carrières, la DEAL (Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement) se lance dans la proposition d’une "mise à jour" du schéma départemental de 2010. Une option qui n’est pas anodine : l’Etat espère bien pouvoir exploiter la carrière de Bois-Blanc coûte que coûte. Une réunion est donc prévue le 1er juillet 2019 à 14h30 afin de statuer sur cette fameuse mise à jour.

Selon nos informations, et les documents que nous nous sommes procurés, la carrière de Bois-Blanc est qualifiée d’ "indispensable" au projet de la Nouvelle route du Littoral. Or elle est inexploitable depuis la décision du Tribunal administratif de suspendre son ouverture. Elle est pourtant bien incluse dans ce projet de mise à jour.

A noter par ailleurs que les arrêtés préfectoraux autorisant l'exploitation de la carrière de Bois Blanc et le défrichement du site ont été suspendus par le rendue par le tribunal administratif ce lundi 29 avril 2019.

Lire aussi : Carrière de Ravine du Trou : l'autorisation d'exploitation mise à mal

Mais le 14 mai 2019, à quelques heures de la limite fatidique, la décision est tombée : l'État se pourvoit devant le Conseil d'État contre la décision de suspension ordonnée par le TA. Le Conseil d'Etat doit encore se prononcer à ce sujet.

Lire aussi : Bois Blanc : l'État veut absolument ouvrir la carrière

D'autre part, le schéma départemental des carrières avait été ré-examiné le 24 mai 2019 par le Conseil d'Etat et le rapporteur public a demandé la confirmation de son annulation prononcée par la cour d'appel administrative de Bordeaux le 29 mai 2018.

Lire aussi : Conseil d'Etat : le rapporteur demande la confirmation de l'annulation du schéma des carrières

Pourquoi une mise à jour plutôt qu'un nouveau schéma ?

Pourquoi proposer cette mise à jour ? Tout simplement parce que la carrière de Bois-Blanc est absente du schéma départemental de 2010. Or, elle est recensée dans le schéma de 2014, annulé en mai 2018 par la Cour d’appel de Bordeaux. La préfecture de son côté avait pris des arrêtés pour autoriser l’ouverture de la carrière de Bois-Blanc, arrêtés suspendus depuis par le Tribunal administratif.

Lire aussi : Bois blanc : suspension des autorisations préfectorales d'exploitation de la carrière et de défrichement

Le Conseil d’Etat n’ayant pas encore statué sur le sujet, c’est donc le schéma départemental de 2010 qui s’applique. D’où cette nécessaire mise à jour afin d’y inclure la carrière de Bois-Blanc, qui n’y figurait pas auparavant.

Cette mise à jour, selon les associations que nous avons contactées, est ni plus ni moins un "passage en force" de la part de l’Etat, prêt à tout pour exploiter Bois-Blanc, malgré sa mise en pause actuellement.

La DEAL espère donc accélérer le processus. Dans les documents, elle explique qu’il y a "urgence", la NRL ayant été imaginée afin de "protéger" les usagers de l’actuelle Route du Littoral. L’Etat propose donc de mettre à jour le schéma des carrières de 2010, en y ajoutant uniquement Bois-Blanc. Elaborer un nouveau schéma régional serait trop long.

Coup de baguette magique : la carrière apparaîtrait donc dans ce schéma datant de 9 ans, qui n’en faisait pourtant pas mention dans un premier temps. On constate même que dans le schéma de 2010, Bois-Blanc est classé en catégorie 1, à savoir un secteur qui interdit toute exploitation de carrière.

La solution proposée : deux carrières

La mise à jour "a pour objectif de lever toute ambiguïté d'interprétation relative à la compatibilité avec le schéma départemental des carrières de 2010" peut-on lire dans le document…

Afin donc d’être "compatible", l’Etat propose deux carrières au lieu d’une : une partie basse de 15,45 hectares dont 6,1 hectares en extraction), et une partie haute de 20,17 hectares (dont 11,4 hectares en extraction). La DEAL assure par la suite que "le périmètre proposé est en dehors du coeur ainsi que de l'aire d'adhésion du Parc National de La Réunion, de toute réserve naturelle nationale, de toute réserve naturelle régionale" etc etc…

Vous l’aurez compris : le projet devient tout d’un coup compatible avec l’ancien schéma et qui plus est, écologique, sans impact aucun pour l’homme et l’environnement.

Une mise à jour qui peut être effective dès janvier

Le calendrier ? La DEAL table sur une mise à jour effective entre janvier et juillet 2020. Elle devra d’abord être transmise à l’Autorité environnementale, si celle-ci réclame une évaluation d’impact. Dans ce cas, une consultation pourrait avoir lieu en juillet 2020, sinon la mise à jour pourrait être effective dès janvier prochain.

La ministre des Outre-mer Annick Girardin avait déjà expliqué jeudi dernier être en faveur de la poursuite du chantier, tout en protégeant l’environnement au mieux. Admettant que le dossier était " épais ", elle s’était dite favorable à ce que la NRL soit terminée, en répondant à une question de Jean-Luc Poudroux.

Le nouveau préfet Jacques Billant s’est dit lui aussi favorable à cette nouvelle route, et espère que les travaux seront menés à bien. "Mon objectif, c'est finaliser cette route", avait-il déclaré devant la presse. Sur le point pourtant chaud des carrières, le préfet compte "faire le point" avec les acteurs concernés. Pour lui, "cette NRL a été conçue pour répondre à des questions de sécurité, il faut assurer la continuité du chantier dans les meilleurs délais."

Lire aussi : Le nouveau préfet veut "répondre aux exigences des Réunionnais"

Rappelons que les besoins de cette NRL s’élèvent à 18,8 millions de tonnes de roches, dont 8,6 millions en roches massives. En mars 2019, les besoins restants étaient estimés à 9,1 millions de tonnes. Selon la DEAL, Bois-Blanc pourrait – sans qu'elle en soit  tout à fait certaine – couvrir ces besoins intégralement.

mm/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

La vérité si je mens !, Posté
L'état C Ki ?
Nous !
Mais des fonctionnaires trop bien pensant pensent pour le simple citoyen alors que ce citoyen lambda est contre à l'ouverture de cette carrière ...
A qui profite le crime ?
Illustration : Kwa Films

Kwa Films

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