Le nombre d'euthanasies pourrait augmenter :

L'Arche de Noé appel à l'aide pour ses pensionnaires à quatre pattes


Publié / Actualisé
Depuis 25 ans, Astrid Puissant s'occupe des animaux abandonnés de l'île avec son refuge l'Arche de Noé. Et des animaux abandonnés, à La Réunion, il y en a un paquet. Juste en 2018, ce sont 42 milles chiens errants qui ont été comptabilisés dans les rues de l'île. Aujourd'hui, menacée de fermeture, l'Arche de Noé, qui est composée d'un site à Saint-André et un à Sainte-Anne, interpelle une nouvelle fois sur l'urgence de s'occuper des animaux réunionnais. Un projet d'extension de la fourrière intercommunale de la CIREST fait par ailleurs bondir la présidente de l'association (Photo rb/www.ipreunion.com)
Depuis 25 ans, Astrid Puissant s'occupe des animaux abandonnés de l'île avec son refuge l'Arche de Noé. Et des animaux abandonnés, à La Réunion, il y en a un paquet. Juste en 2018, ce sont 42 milles chiens errants qui ont été comptabilisés dans les rues de l'île. Aujourd'hui, menacée de fermeture, l'Arche de Noé, qui est composée d'un site à Saint-André et un à Sainte-Anne, interpelle une nouvelle fois sur l'urgence de s'occuper des animaux réunionnais. Un projet d'extension de la fourrière intercommunale de la CIREST fait par ailleurs bondir la présidente de l'association (Photo rb/www.ipreunion.com)

" Cette extension permettra de tuer 160 chiens par semaine au lieu de 100, ainsi que 60 chats par semaines contre 40 actuellement. Et toujours aucune place "refuge" n’est financée ou prévue par la CIREST " s’indigne Astrid Puissant.

Dans un rapport de 84 pages, la présidente de l’Arche de Noé dresse un portrait édifiant de la gestion de la crise de l’errance animalière à La Réunion depuis 20 ans. Si, depuis 1992, année de la première campagne départementale contre l’errance animale, la SPA procédait à des stérilisations gratuites grâce aux subventions allouées par l’Etat, Astrid Puissant note que ces aides ont fortement diminuées au fil des ans.

" Les fonds consacrés aux campagnes de stérilisation après le désengagement programmé de la Région et du Département ont baissé pour stagner avec dorénavant uniquement les fonds affectés par les cinq intercommunalités réunionnaises " souligne-t-elle dans son rapport.  Elle pointe notamment du doigt le Territoire de la côte ouest (TCO), qui détient le budget le plus bas parmi les intercommunalités, et qui n’a pas réalisé de campagnes de stérilisation en 2012, 2013 et 2014.

 


Astrid Puissant dénonce aussi le nombre d'euthanasies réalisées à La Réunion. " Avec le décret du 27 novembre 2002 le législateur a institué un raccourcissement du délai de garde des animaux admis en fourrière qui est passé de 8 jours en métropole à 4 jours dans les DOM. (…) On passe ainsi progressivement en 20 ans de 1 animal euthanasié pour 153 habitants en 1998 à 1 animal euthanasié pour 87 habitants en 2014 " écrit-elle dans son rapport.

Par ailleurs, la fourrière de la Cirest donne la possibilité aux propriétaires d'animaux de venir prendre à leur domicile ou d'y déposer un chien ou un chat dont ils veulent se débarrasser pour 10 euros par animal, jusqu'à dix abandonnés en même temps. " Si vous êtes un peu malin vous faites un groupage puisqu'à partir du 11ème vous payez 5 euros seulement par animal. Sachant qu'une euthanasie coûte au minimum 60 € pour un chat ou un petit chien chez un vétérinaire, cela vaut le coup de payer seulement 10 euros " s'indigne-t-elle. Selon son rapport, 986 animaux auraient été tués ainsi.

Aujourd'hui, la propriétaire du refuge tente donc d'interpeller sur le sort des animaux dont elle s'occupe. " Si je devais fermer les portes de l'Arche de Noé, il faudrait que je gagne le plus de temps possible pour pouvoir trouver un maximum de famille d'accueil, car en fourrière ils seront euthanasié " explique-t-elle, inquiète.

Non subventionné, son refuge accueille aujourd'hui 50 chats par site et des dizaines de chiens. Au total, Astrid Puissant a besoin de 150 euros quotidien pour nourrir, nettoyer et soigner tout ce beau monde, en plus du salaire de ses quatre employés. Par ailleurs, elle possède seulement deux bacs gris permettant de se débarasser de 120 kg de déchets ménagers. Dans la mesure où le refuge produit environ 50 kg de litière chaque jours, ils leur faut à peine trois jours pour remplir ces bacs. Résultats, les sacs de litière de chat s'accumulent. "J'aurais besoin d'au moins une benne d'une tonne et demi pour pouvoir gérer ces ordures, déplore-t-elle, Actuellement nous avons environ cinq tonnes en attente, sachant qu'en moyenne cela coute 13 euros par jour pour le stationnement de la benne, 80 euros le dépôt de la benne, 180 euros une rotation Sainte-Rose - Sainte Suzanne pour une tonne et 180 euros le traitement de la tonne. Une prestation offerte par les autres collectivités aux refuges SPA du Sud, SPA de La Réunion à Sainte-Marie et au Tampon".

Une cagnotte a donc été lancée pour tenter de sauver son refuge.

as/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

   

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