LGBTQI+ :

Une marche des fiertés à La Réunion ? Ca sera peut-être pour 2020


Publié / Actualisé
Alors que la marche des fiertés - plus communément appelée " Gay Pride " à tort, car elle ne concerne pas que les personnes homosexuelles - se tiendra un peu partout en métropole ce samedi 29 juin 2019, La Réunion n'aura pas le droit à la sienne. Des adolescents de Saint-Pierre ont pourtant fait une pétition demandant au maire de la commune de pouvoir en organiser une, mais il semble peu probable que cela se fasse cette année. Cependant, Tanguy Sevat, président de l'association LGBTQI+ OriZon, se penche actuellement sur la possibilité d'en organiser une, alors que la vie pour les personnes LGBTQI+ semble bien facile aujourd'hui qu'elle ne l'a pu être avant sur l'île.
Alors que la marche des fiertés - plus communément appelée " Gay Pride " à tort, car elle ne concerne pas que les personnes homosexuelles - se tiendra un peu partout en métropole ce samedi 29 juin 2019, La Réunion n'aura pas le droit à la sienne. Des adolescents de Saint-Pierre ont pourtant fait une pétition demandant au maire de la commune de pouvoir en organiser une, mais il semble peu probable que cela se fasse cette année. Cependant, Tanguy Sevat, président de l'association LGBTQI+ OriZon, se penche actuellement sur la possibilité d'en organiser une, alors que la vie pour les personnes LGBTQI+ semble bien facile aujourd'hui qu'elle ne l'a pu être avant sur l'île.

" Quand je suis parti en métropole en 2007 pour mes études, la situation était beaucoup plus compliquée qu’elle ne l’est aujourd’hui, explique Tanguy Sevat, mais ça ne veut absolument pas dire que les discriminations contre notre communauté sont terminées ". A l’appui, une étude effectuée par l’autre association LGBT de l’île, Le Refuge, qui indiquait que 63% des hommes gays réunionnais avaient subi une forme de discrimination à cause de leur orientation sexuelle en 2018.

Lire aussi : 63% des Réunionnais homosexuels auraient été victimes de discrimination

Un chiffre conséquent, que Tanguy Sevat admet totalement. " L’étude n’a été réalisée qu’auprès d’un échantillon assez réduit de la population, puisqu’elle ne concernait que les hommes, mais ces chiffres me semblent plus que possibles " indique-t-il.

Cependant, il précise qu’aujourd’hui, les réelles violences se situent plutôt dans la vie privée. " C’est surtout dans le contexte familial que nous observons des violences, avec parfois des jeunes qui se font rejeter par leur famille et qui sont parfois contraint de quitter leur domicile " déplore-t-il.

Un manque de mobilisation des élus locaux

Tanguy Sevat regrette par ailleurs le manque de mobilisation des politiciens locaux. " Nous recevons régulièrement le soutien de nos députés, comme Ericka Bareigts qui était présente lors de l’inauguration de nos locaux, mais nous avons besoin aussi du soutien d’élus locaux, qui restent toujours très silencieux concernant la problématique de l’homophobie " déplore-t-il.

Lire aussi : L'association OriZon ouvre les portes de son premier local

Dans un contexte où la religion reste aujourd’hui très présente à La Réunion, peut-être que ces derniers préfèrent alors ne pas se mouiller pour ne pas contrarier leur base électoralle ?

Concernant la possible organisation d’une marche des fiertés, le président de l’association se pencherait actuellement sur la question. " C’est beaucoup de responsabilité et ça demande beaucoup d’organisation, ne serait-ce que du côté des autorisations de la commune, du service de sécurité, ou bien même de décider dans quelle ville tenir l’événement " explique-t-il. En juillet, une réunion serait en préparation afin de discuter de la possibilité de la tenue de l’événement en 2020.

Et si l’homophobie reste toujours une problématique actuelle, le président de l’association OziZon ne s’inquiète pas plus que ça. " Il n’est pas impossible qu’une contre-manifestation soit organisée, mais au-delà de ça, je ne vois pas pourquoi ça se passerait mal " estime-t-il. Cependant, une inquiétude en particulier est partagée entre de nombreuses personnes de la communauté LGBTQI+ : le regard de l'autre. "Beaucoup s'inquiètent d'être vus à une marche des fiertés et des répercussions que cela pourrait avoir sur leur vie personnelle et professionnelle..." regrette Tanguy Sevat.

Depuis 2013, année où le mariage pour tous a été adopté – et qui avait échauffé les débats et les esprits -, le dialogue semble en tout cas plus ouvert concernant les sujets abordant l’homosexualité ou la transidentité. Si les mois précédant la promulgation de la loi auront été une période sombre pour les membres de la communauté LGBTQI+, ils auront au moins eu le mérite d’ouvrir un débat jusqu’alors tabou à La Réunion.

as/www.ipreunion.com

   

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