Tribune libre de Jean-Pierre Marchau :

Gorges du Bras de la Plaine : stop au saccage !


Publié / Actualisé
Le Conseil Départemental, maître d'ouvrage des travaux de sécurisation et de confortement du barrage du Bras de la Plaine, a choisi, pour y accéder, de faire construire une piste de 12 km dans le lit la rivière, un lieu pourtant réputé pour la beauté sauvage de ses gorges dont des falaises d'orgues basaltiques. Les travaux sont en cours, il en résulte déjà une totale défiguration du site : la piste est construite avec des roches prélevées dans la partie basse de la rivière et le touriste randonneur se retrouve confronté, dans le bruit et la poussière, à une noria de camions et de pelles excavatrices. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le Conseil Départemental, maître d'ouvrage des travaux de sécurisation et de confortement du barrage du Bras de la Plaine, a choisi, pour y accéder, de faire construire une piste de 12 km dans le lit la rivière, un lieu pourtant réputé pour la beauté sauvage de ses gorges dont des falaises d'orgues basaltiques. Les travaux sont en cours, il en résulte déjà une totale défiguration du site : la piste est construite avec des roches prélevées dans la partie basse de la rivière et le touriste randonneur se retrouve confronté, dans le bruit et la poussière, à une noria de camions et de pelles excavatrices. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Cette piste devrait suivre exactement le tracé de celle qui fut construite en 2006, déjà pour les mêmes motifs, mais qui fut balayée par le cyclone Gamède. Les conséquences du chantier sont aussi environnementales avec des atteintes sur la faune aquatique et sur une importante colonie de salanganes, espèce protégée, qui sera impactée au point que le Conseil National de la Protection de la Nature conseille un suivi sur une période de dix après la fin des travaux !

Enfin, l’Autorité Environnementale reconnait que le chantier va provoquer " la destruction, la fragmentation ou l’altération de la flore patrimoniale ou protégée et des habitats naturels terrestres sur environ 1,2 hectares ".

Ce nouveau chantier devrait durer deux ans et comme d’habitude le maître d’ouvrage promet qu’il sera démonté et le site nettoyé. Mais comment le croire alors que le lit de la rivière est resté jonché de déchets et des ferrailles du chantiers détruit par Gamède il y a douze ans ?

Pourquoi la solution de la remise en état du téléphérique de Pont d’Yves n’a-t-elle pas été étudiée et préférée à la construction d’une piste dans le lit de la rivière ? A notre connaissance, il n’y a même pas eu d’étude du coût de cette alternative.

Comment des élus peuvent-ils continuer au nom du progrès ou pour des raisons de moindres coûts, à accepter de défigurer des sites naturels ? Car la liste des saccages à La Réunion est longue : bétonnage de la route du volcan prévu pour 2020, futures carrières de roches massives dans l’ouest et à La Possession, destruction de la forêt de La Saline et de sa population d’endormis, bétonnage dans le cadre du PAPI Hermitage/La Saline, etc.

Europe Écologie Les Verts soutient la pétition lancée par un citoyen et s’associera à toute mobilisation visant à faire cesser le saccage du lit de la rivière du Bras de la Plaine.

Jean-Pierre Marchau
Secrétaire Régional Europe Écologie Les Verts Réunion

   

2 Commentaire(s)

Pitou, Posté
Ce que ne dit pas ce Monsieur, c'est qu'il ne c'est pas offusqué quand la même entreprise travaillant pour la commune de Saint Denis, dont il est élu, a fait la même chose voire pire dans le lit de la rivière Saint Denis avec la bénédiction de la mairie.
C'est facile de critiquer chez les autres.
Laure, Posté
Marchau a raison, on détruit la Réunion juste pour satisfaire l'ego de nos gros politiques. Qu'es Qu'il va rester de notre île à cause de cette route infernale ?