Dernière campagne de pub de la SCPR sur la NRL (actualisé) :

"De grands projets naissent de la pierre"... à condition d'avoir les roches massives


Publié / Actualisé
Au service marketing de la SCPR (société de concassage et de préfabrication de La Réunion), ils ont de l'audace et un certain sens de l'autodérision... Si ce n'est pas le cas, on peut alors en conclure qu'il s'agit là d'une belle boulette ! Sur les panneaux en quatre par trois de la dernière campagne de pub de l'entreprise, on peut lire ce slogan "de grands projets naissent de la pierre" avec en image de fond, le chantier de la Nouvelle route du littoral (NRL). Quel ne fut pas notre étonnement ! Quand on sait que le chantier de la NRL est à l'arrêt justement à cause d'une histoire de pierres - plus précisément de roches massives - et qu'en plus, la SCPR est l'entreprise aux commandes de l'exploitation de la carrière de Bois blanc, il y a de quoi rire ! (photo rb/www.ipreunion.com)
Au service marketing de la SCPR (société de concassage et de préfabrication de La Réunion), ils ont de l'audace et un certain sens de l'autodérision... Si ce n'est pas le cas, on peut alors en conclure qu'il s'agit là d'une belle boulette ! Sur les panneaux en quatre par trois de la dernière campagne de pub de l'entreprise, on peut lire ce slogan "de grands projets naissent de la pierre" avec en image de fond, le chantier de la Nouvelle route du littoral (NRL). Quel ne fut pas notre étonnement ! Quand on sait que le chantier de la NRL est à l'arrêt justement à cause d'une histoire de pierres - plus précisément de roches massives - et qu'en plus, la SCPR est l'entreprise aux commandes de l'exploitation de la carrière de Bois blanc, il y a de quoi rire ! (photo rb/www.ipreunion.com)

Fin décembre dernier, le préfet avait donné son feu vert à la SCPR pour l’exploitation de la carrière de roches massives de Bois blanc. Depuis cet arrêté préfectoral, de l’eau a coulé sous les ponts… Aujourd’hui, plus de six mois après, l’ouverture de la carrière n’est toujours pas à l’ordre du jour.

Vous pensez bien que la SCPR n'allait pas laisser filer sa chance, surtout que cela faisait déjà plusieurs mois que l'ouverture de la carrière était repoussée. Dix jours après la publication de l'arrêté, l'entreprise de BTP a tenté d’entamer les travaux de défrichage sur le site de la Ravine du Trou mais la préfecture, sous la pression des associations environnementales, a fait stopper le chantier.

Résultat, la SCPR s'est retrouvée le bec dans l’eau. Pour enfoncer encore un peu plus le clou, fin avril dernier, le tribunal administratif a suspendu les arrêtés préfectoraux autorisant l’exploitation de la carrière de Bois blanc et le défrichement du site. Vraiment, elles sont hargneuses ces associations et la mairie de Saint-Leu, et ça ce n'est pas bon pour les affaires de la SCPR. Suite à la décision du tribunal administratif, la Région et la préfecture accusent le coup mais ne l'oublions pas, l’autre grand perdant dans ce dossier, c’est quand même la SCPR.

L’entreprise réunionnaise doit bien regretter de s’être lancée dans l’aventure surtout qu’à la fin, elle n’est pas sûre de remporter la bataille… Si finalement, la NRL se termine par une digue et non pas un viaduc - comme ce qui était prévu à l’origine - l’exploitation de la carrière de Bois blanc n’aura plus aucun intérêt étant donné que le chantier n’aura plus besoin d’être fourni en roches massives.

La SCPR aura donc tout perdu… On ne va pas non plus pleurer, il y a sans doute une clause dans le contrat qui lui permettra de s’en sortir avec quelques deniers…

Mais attention, pour le moment, rien n’est joué donc pour la SCPR tous les espoirs sont permis. Car l’entreprise de BTP est du côté des pontes. L’État s’entête et continue son passage en force, le 1er juillet dernier, la préfecture a lancé la procédure de modification du schéma départemental. L’État comme la Région veulent coûte que coûte l’ouverture des carrières de Bellevue, Bois blanc et des Lataniers quitte à se mettre une partie de l’opinion publique à dos. L’argument est toujours le même : "l’utilité publique". Mais à quel prix ? Celui de la santé des riverains qui vivent non loin des sites de ces carrières et celui de la biodiversité réunionnaise, s’indignent les opposants aux carrières.

Jusqu’ici, la SCPR s’était faite relativement discrète sur le sujet. Mais cette campagne de publicité, c’est peut-être le "coup de gueule" de l’entreprise. Ou sa manière de narguer les anti-carrières en montrant qu’elle croie toujours au projet. Peut-être que c’est aussi un moyen de se rassurer ou de faire pression sur la Région pour qu’elle poursuive sa croisade en faveur de la digue et qu’elle ne cède pas à l‘appel des sirènes en terminant la NRL en viaduc.

De nombreuses hypothèses mais aucun moyen de savoir ce qui a motivé la SCPR à se lancer dans cette campagne de publicité surréaliste.

Dans tous les cas, à Imaz Press on a trouvé cela fort surprenant et quand même assez cocasse. La SCPR n’aura pas fini de nous étonner…

fh/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com 

   

2 Commentaire(s)

Victimos, Posté
Scpr se croit tout permis avec benediction de letat et des elus sauf la population situation de monopole dans les granulats au detriment de la popilation.
Oté, Posté
Avec cette pub, SCPR affirme vraiment que pour elle seul compte l'argent à court terme. Elle oublie la qualité de la vie des Réunionnais , la diversité écologique ... en appelant de cette façon au reste de la NRL en digue! Les Réunionnais s'en souviendront!
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