Une piste de 10 km construite dans la rivière :

Bras de la Plaine : protestation contre les travaux du barrage


Publié / Actualisé
Le barrage du Bras de la Plaine est en pleins travaux. Le Département a lancé sa rénovation depuis environ un mois. Et pour permettre l'acheminement des camions de chantier, une piste temporaire de 10 km a été réalisée dans le lit de la rivière. Nous en parlions au mois de mai : ce choix, le plus écologique selon le Conseil départemental, avait inquiété plusieurs riverains. Aujourd'hui l'inquiétude a laisse place à la colère : les citoyens se rassemblent pour protester contre ces travaux qu'ils jugent destructeurs pour l'environnement. Parallèlement, une pétition a été mise en ligne pour demander d'arrêter ce "saccage", et les élus écologistes, eux, montent au créneau. Jean-Pierre Marchau, secrétaire régional des Verts, organisait un rassemblement avec les citoyens concernés sur le site même du Bras de la Plaine ce dimanche 21 juillet.
Le barrage du Bras de la Plaine est en pleins travaux. Le Département a lancé sa rénovation depuis environ un mois. Et pour permettre l'acheminement des camions de chantier, une piste temporaire de 10 km a été réalisée dans le lit de la rivière. Nous en parlions au mois de mai : ce choix, le plus écologique selon le Conseil départemental, avait inquiété plusieurs riverains. Aujourd'hui l'inquiétude a laisse place à la colère : les citoyens se rassemblent pour protester contre ces travaux qu'ils jugent destructeurs pour l'environnement. Parallèlement, une pétition a été mise en ligne pour demander d'arrêter ce "saccage", et les élus écologistes, eux, montent au créneau. Jean-Pierre Marchau, secrétaire régional des Verts, organisait un rassemblement avec les citoyens concernés sur le site même du Bras de la Plaine ce dimanche 21 juillet.

Les travaux semblent aujourd'hui trop avancés pour reculer mais la protestation n'en est pas moins vive. Une pétition appelée "Sauvons le Bras de la Plaine" compte déjà plus de 1.700 signatures. Car selon plusieurs citoyens, les gorges, situées entre Le Tampon et l'Entre-Deux, sont menacées par ces travaux.

Le projet a pourtant bien été validé officiellement sur le plan environnemental. Près de 3.000 pages de rapport ont été rédigées suites à "études environnementales approfondies", nous avait expliqué le Département précédemment. Des études soumises à l’avis de l’Autorité environnementale, qui avait approuvé l’étude d’impact.

Le dossier avait ensuite été soumis à une enquête publique en janvier-février 2019. L'avis qui en est ressorti était favorable. Sur le papier, donc, tout est en règle et le Département n'a rien à se reprocher. Ce n'est pas pour autant que les élus écologistes et les associations lui font confiance... Jean-Pierre Marchau, secrétaire régional Europe Ecologie les Verts organisait un rassemblement citoyen sur le site des travaux ce dimanche 21 juillet. "Les habitants de La Réunion sont fatigués de tous ces chantiers qui abîment profondément la nature, et les élus veulent monter au créneau."

Lire aussi : Gorges du Bras de la Plaine : stop au saccage !

Depuis quelques mois, il est en contact avec l'un de ces citoyens en colère : Anne-François Morice, ancien habitant de l'Entre-Deux, et auteur de la pétition "Sauvons le bras de la Plaine". "Les institutions semblent ne pas vraiment chercher de solutions, alors ce sont les citoyens qui en proposent", explique-t-il. Lui aurait préféré une autre alternative pour ces travaux : celle du téléphérique, qui aurait permis d'acheminer les matériaux nécessaires à la rénovation du barrage par la voie des airs, plutôt qu'une piste de 4x4 dans le lit de la rivière. "Il y avait aussi la solution de l'hélicoptère, mais il faut croire que nos élus font le choix de l'économie plutôt que de l'écologie."

En travers de la gorge

A cette contestation, le Conseil départemental avait anticipé sa réponse. Dès la mise en place du projet, l'argument environnemental était de sortie. Dans un document officiel du Département qu'Imaz Press Réunion avait pu consulter, on peut lire : "d’autres solutions d’approvisionnement du chantier (héliportage et réalisation d’un téléphérique) ont été écartées au motif de nombreuses contraintes techniques (difficulté pour respecter une cadence suffisante d’approvisionnement, nécessité de prolonger la durée des travaux, engins lourds ne pouvant être héliportés..), financières (surcouts importants) mais également environnementaux (impact sur la flore lié à l’installation d’un téléphérique, impact sur la circulation des pétrels : câbles, rotations
hélico…)".

Lire aussi : Réparation du barrage du Bras de la Plaine : un défi environnemental

"Je n'ai aucune confiance dans ce rapport" tacle Anne-François Morice. Avec la création de la piste temporaire, et donc le prélèvement de roches de la rivière pour la construire, ce sont les poissons et toute la faune autour de la rivière qui sont menacés. Sans parler, selon Jean-Pierre Marchau, d'une colonie de salanganes qui doit être déplacée.

La Fédération de pêche à La Réunion, elle, a travaillé de concert avec le Département pour élaborer une feuille de route la plus respectueuse possible de l'environnement. "On aurait aimé éviter la piste, c'est certain", regrette Armand Métro, directeur de cette Fédération, mais il estimait lui aussi que l'impact terrestre, sans passer par la rivière, "aurait été beaucoup plus important".  Des pêches de sauvegarde sont assurées par ses soins, en accord avec le Département. "On installe des filets pour permettre aux poissons le franchissement de la rivière, malgré l'existence de la piste", détaille Armand Métro.

Mais tous ces arguments ne suffisent pas à calmer Jean-Pierre Marchau, qui regrette l'existence de la piste temporaire : "on a réalisé un chantier pour accéder à un autre chantier, c'est absurde !"

Des garanties réclamées par les opposants

Les travaux sont trop avancés pour être annulés, alors aujourd'hui les opposants réclament surtout des réponses : "le refus de la solution du téléphérique nous désole, nous aimerions avoir plus d'arguments à ce sujet" ajoute le secrétaire régional EELV. Et des garanties pour s'assurer que le lit de la rivière retrouvera son état d'origine après la fin des travaux. La piste de 4x4 temporaire, elle, devra complètement disparaître sans laisser de trace.

En-dehors du fait que les riverains ne pourront plus se balader dans cette zone pendant les deux ans de travaux, les associations environnementales sont également gênées. C'est le cas de "O'sphère" (Organisme de valorisation du patrimoine des Hauts de La Réunion". Sa fondatrice, Aurélie Grondin, a du annuler plusieurs projets pédagogiques : "nous réalisons en ce moment un projet de valorisation de la biodiversité aquatique avec les élèves de l'Entre-Deux, il devait se dérouler au Bras de la Plaine, et hélas, nous n'avons pas pu emprunter le sentier menant vers le fond de la rivière."

Autre problème : en 2006 lors des derniers travaux de réparation, un simple chemin avait mis en place, mais il avait attirée beaucoup de promeneurs du dimanche. Malgré le fait que le Département affirme que des écogardes seront présents pour surveiller la zone, et éviter la visite inopinée de randonneurs ou de campeurs, les associations redoutent une fréquentation sauvage qui mettrait encore plus en péril l'écosystème fragile des gorges.

Contacté à nouveau, le Département n'a pour l'instant pas souhaité s'exprimer concernant cette colère populaire qui monte, tout simplement parce que des discussions et des réunions sont en cours afin de résoudre le problème. Dès ce début de semaine, des entrevues pourraient être prévues entre les autorités concernées et les opposants au projet de piste.

mm/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

   

4 Commentaire(s)

Arduinna, Posté
J'y vois un parallèle avec le changement climatique. Il y a 5 ou 6 ans, quand les habitants de la vallée m'ont informée de la future construction de cette piste, j'ai tenté d'alerter le public à ce sujet, avec Randopitons comme intermédiaire. Mais tout le monde s'en foutait éperdurment. L'enquête publique, personne n'y a rien trouvé à redire. Maintenant que nous sommes enfin devant le fait accompli, c'est là que tout le monde s'insurge...
Gueénec, Posté
Monsieur MARCHAU VEUX au non de qui de quoi pas élu représente un parti écolo qui ne veux rien. Ne rien faire au barrage revient un jour a son éboulement ce barrage alimente plusieurs milliers de foyers en eau et électricité sans ce barrage retour au bouteilles plastique et a la centrale thermique c'est le progrès vu par les écolos . Voir en ALLEMAGNE la fermeture des centrale nucléaires exigé par les écolos a entrainé l'ouverture des centrales thermiques avec en prime la pollution qui va avec
Pitou, Posté
Monsieur Marchaud, Vous vous offusquez ici de la réalisation d'une piste dans le lit de la rivière.
Pourquoi pleurnichez vous ici alors que vous avez validé les mêmes dispositions pour la piste remontant le lit de la rivière Saint Denis sur plusieurs Km et la réparation de la prise d'eau qui alimente la Ville.
Ah oui, j'oubliais, à St Denis vous étiez élu...
Dede, Posté
Rappelons que JP Marchau n'a été élu par personne.
Rappelons qu'il veut bloquer un chantier qui va rénover une source d'énergie hydraulique énorme pour l'île. Donc, de l'energie propre.
Rappelons qu'il propose, ce monsieur écologiste, des rotations par hélicoptère pour alimenter le chantier.
Pas la peine d'aller plus loin, mais on pourrait faire une liste plus longue.