Il affirme avoir été "blanchi" :

De Rugy : la transparence des élus, oui, tant que ça ne le concerne pas lui


Publié / Actualisé
Depuis plus d'une semaine, une véritable tempête médiatique s'est déchaînée contre François de Rugy, qui était jusqu'à tout récemment ministre de la Transition écologique. Enfin, ça, c'était jusqu'à ce qu'il soit poussé vers la sortie en raison d'une succession d'articles à charge de la part de Médiapart. Si ce dernier crie aujourd'hui à "l'acharnement médiatique", rappelons-nous qu'il n'y a pas si longtemps, l'ancien membre d'Europe écologie les Verts ne semblaient pas plus réfractaire que ça aux articles du média d'investigation...
Depuis plus d'une semaine, une véritable tempête médiatique s'est déchaînée contre François de Rugy, qui était jusqu'à tout récemment ministre de la Transition écologique. Enfin, ça, c'était jusqu'à ce qu'il soit poussé vers la sortie en raison d'une succession d'articles à charge de la part de Médiapart. Si ce dernier crie aujourd'hui à "l'acharnement médiatique", rappelons-nous qu'il n'y a pas si longtemps, l'ancien membre d'Europe écologie les Verts ne semblaient pas plus réfractaire que ça aux articles du média d'investigation...

"Oui au journalisme d'investigation. Non au journalisme de diffamation" déclarait le politicien sur le plateau du JT de 20 heures de France 2 ce mardi 23 juillet 2019. "Diffamation", un terme que ce dernier aime utiliser ces derniers temps pour décrire les articles le concernant publiés sur Médiapart. Une plainte aurait même été déposée contre le média.

Le problème, c'est que si certaines informations dévoilées par Médiapart portent bien atteinte à l'honneur de François de Rugy, elles n'en restent pas moins des informations sourcées, recoupées, et vérifiées. Et s'il n'a pas, techniquement, enfreint la loi, l'aspect déontologique de toutes ces dépenses aux frais du contribuable a de quoi faire hausser les sourcils.

Tout particulièrement quand la personne visée par les articles mettait, fût un temps, un point d'honneur à la "transparence des élus de la République" et demandait d'une "comptabilité anaylitque transparente". Même personne qui, d'ailleurs, défendait Médiapart à l'époque où François Fillon accusait le média d'être une "officine financée par de riches amis". Semblerait-il que le journalisme de "démolition" lui convienne quand cela l'arrange bien.

Un homme "blanchi", ou pas tant que ça

Ce mercredi, l'ancien ministre, aussi anciennement président de l'Assemblée nationale, se gaussait du résultat des rapports d’enquêtes concernant ses dépenses. "Aucune irrégularité" ne serait donc à signaler – sauf trois dîners sur douze qui n'auraient pas dû être imputés au budget de l'Assemblée. On ne sait pas pour vous, mais pour nous "aucune" signifie zéro et non trois… Passons.

La question de l'impartialité et de la compétence des personnes qui ont mené ces rapports se pose. Les "deux rapports ont été diligentés par des instances sous l'autorité du pouvoir (le secrétariat général du gouvernement, qui dépend de Matignon, et le secrétaire général de l'Assemblée nationale) et non par un organisme indépendant", souligne Médiapart dans un de leurs articles. Difficile de voir l'impartialité de la chose alors.

D'autant plus que ces rapports ne blanchissent finalement en rien les différentes informations dévoilées par le média. Au contraire, elles confirment les chiffres avancés, démontrent qu'il y a bien eu des "coûts trop élevé de certains travaux, dont le dressing à 17.000 euros". On n'a donc un peu de mal à voir où l'ancien ministre aurait été "blanchi" de comportements peu déontologiques, tout particulièrement lorsque le Premier ministre s'est par la suite senti obligé de faire circuler un document imposant aux ministres de devoir obtenir l'aval de Matignon pour réaliser des travaux supérieurs à 20.000 euros.

Un bilan bien maigre

Finalement, il n'a jamais vraiment été question de légalité, mais bien de moralité. Ce qui semble manquer dans toute cette histoire. Plus préoccupant encore : l'apathie provoquée par ces révélations. Journalistes, citoyens, politiciens, beaucoup n'ont apparemment rien à redire contre des pratiques qui, à notre sens, ne devraient absolument pas être normalisées de la part de représentants du peuple. Des pratiques que de Rugy lui-même dénonçait il y a de cela seulement quelques mois.

Pire, toute cette histoire n'aurait peut-être pas autant d'importance si de Rugy pouvait au moins tirer un bilan positif de son court mandat à la tête du ministère de la Transition écologique. Car sur quel dossier peut-il se vanter d'avoir fait avancer les choses ? Les énergies renouvelables n'avancent pas et la fin du nucléaire ne semble pas à l'ordre du jour, la plupart des textes en attente d'examination a été portée par Nicolas Hulot – son prédécesseur qui a jeté l'éponge – ou par les secrétaires d'Etat. Peut-être que l'ancien ministre, au lieu de s'offrir de nouvelles plantes vertes, aurait dû s'assurer de ne pas en être une lui-même.

as/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Mais en plus, il n a pas honte !
Bella. , Posté
Même pas honte, osereparaître, quand rembourse-t-il ?
GERARD97460, Posté
Blanchi après avoir vider les caisses de l'Assemblée Nationale et aussi les caisses du Ministère de l'Ecologie, tout cela au frais des citoyens français.
Vraiment la HONTE, ces gens là ne connaissent pas ce que cela veut dire et ne sont nullement concernés par des affaires les concernant.
Il préfère dire qu'il est blanchi comme tous les autres pris la main dans le sac...