Des pertes énormes :

La mouche des fruits, bête noire des maraîchers


Publié / Actualisé
Son impact sur les fruits et légumes de La Réunion est considérable : la mouche des fruits continue de faire des ravages. Ce vendredi 27 juillet 2019, le Département tenait une conférence sur une exploitation de Saint-Paul. L'agriculteur qui en est le propriétaire a perdu plus de 50% de sa production de mangues l'année dernière. Une catastrophe, commune à de nombreux maraîchers puisque la mouche en question s'attaque aussi aux ananas ou aux bananiers. Les agriculteurs multiplient les pièges mais la bête est coriace. Malgré les aides du Département, il faudra prendre son mal en patience le temps que la contamination se calme, car les outils actuels ne permettront pas d'éradiquer totalement la mouche des fruits.
Son impact sur les fruits et légumes de La Réunion est considérable : la mouche des fruits continue de faire des ravages. Ce vendredi 27 juillet 2019, le Département tenait une conférence sur une exploitation de Saint-Paul. L'agriculteur qui en est le propriétaire a perdu plus de 50% de sa production de mangues l'année dernière. Une catastrophe, commune à de nombreux maraîchers puisque la mouche en question s'attaque aussi aux ananas ou aux bananiers. Les agriculteurs multiplient les pièges mais la bête est coriace. Malgré les aides du Département, il faudra prendre son mal en patience le temps que la contamination se calme, car les outils actuels ne permettront pas d'éradiquer totalement la mouche des fruits.

Alors qu'il avait plutôt l'habitude de perdre 2% de sa production, Jean-Claudy Robert a observé plus de 50% de pertes l'année dernière... Soit plus de 25 tonnes de mangues gâchées. "C'est mon chiffre d'affaires annuel qui part en fumée", nous explique l'agriculture. Soit environ 50.000 euros. Sans les aides européennes et départementales, impossible de s'en sortir.

Ses 12 hectares de terrain, sur lesquels il cultive principalement la mangue à destination du marché local, sont atteints par la mouche des fruits. Bactrocera Dorsalis pour son petit nom latin. La mouche pond dans le fruit, puis la larve se développe et le fruit est pourri.

La saison des mangues commence au mois d'octobre et Jean-Claudy Robert se dit particulièrement inquiet, "pour toute la profession" : "cette mouche elle s'attaque aussi aux ananas, aux bananes,... A certains légumes aussi, personnellement j'ai mes cultures de gros piments qui ont été touchés". Personne n'est épargné dans les zones littorales, là où il fait chaud. "Cette mouche, elle a surpassé toutes les autres, on la voit toute l'année maintenant" se désole l'agriculteur.

Perte d'argent, perte de temps

En dehors des pertes financières, se passer de la moitié de sa récolte engrenge aussi des chamboulements en terme d'organisation. "Il faut ramasser les fruits tombés, nettoyer les vergers pour ne pas attirer de nouvelles mouches..." Car c'est tout le problème : un fruit pourri laissé à l'abandon attire les mouches, un vrai cercle vicieux. Les trois personnes qui travaillent sur cette exploitation de Saint-Paul doivent donc redoubler de vigilance et de moyens pour laisser le verger propre.

Aujourd'hui, Jean-Claudy Robert a un peu perdu espoir : "La seule solution c'est le piégage mais il faut une grosse quantité de pièges. Personnellement je mets aussi des plaques jaunes engluées mais ça ne suffit pas." Selon lui pas le choix, il faut prendre son mal en patience et attendre la fin de cette invasion, "la mouche ne disparaîtra pas avant 4 ou 5 ans", estime l'agriculteur.

La mouche est une vraie "peste qui détruit les fruits", estime Cyrille Melchior, le président du Département. "Il faut éradiquer ce fléau. Pour ça, nous avons mis en place un budget de 200.000 euros et près de 2.500 exploitants au total sont accompagnés par le Département." Un travail mené en équipe avec la Fédération des producteurs de fruits et légumes, la DAAF et la Chambre d'Agriculture.

C'est justement le Département qui met des pièges à disposition des producteurs pour éliminer les mâles, afin qu'ils ne puissent plus féconder les femelles. Mais Cyrille Melchior est lucide : "On ne parviendra jamais à éradiquer cette bestiole à 100%". Il avance cependant un bon chiffre : "nous obtenons 80% de taux de réussite sur les vergers de La Réunion". Difficile de coïncider avec les 50% de pertes de Jean-Claudy Robert cependant, mais les pièges sont censés fonctionner.

"Nos fruitiers, comme les autres agriculteurs, ce sont des gens qui travaillent dans des conditions difficiles, il ne faut pas l'oublier. Ensemble, on y arrivera", conclue Cyrille Melchior, optimiste.

mm/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Rata, Posté
80 euros par agriculteur.....