Travaux au port :

Sainte-Marie: cafouillage autour du déménagement des commerçants sur le sentier littoral


Publié / Actualisé
Avec les travaux du port de Sainte-Marie, les commerçants sont délocalisés près du sentier littoral. Mais plus d'un mois après leur déménagement, force est de constater que le résultat est bien différent de ce qui était prévu. Entre ce que l'on voit vraiment et les permis de construire d'origine, il y a comme un fossé. Des box tous plus variés les uns que les autres, des terrasses qui s'étalent sans limite, aucun conteneur aligné : c'est un peu le désordre sur le sentier littoral. Les riverains s'agacent de ces extensions sauvages, les élus se renvoient la balle et les commerçants doivent se débrouiller pour s'installer convenablement, quitte à mettre la main à la poche.
Avec les travaux du port de Sainte-Marie, les commerçants sont délocalisés près du sentier littoral. Mais plus d'un mois après leur déménagement, force est de constater que le résultat est bien différent de ce qui était prévu. Entre ce que l'on voit vraiment et les permis de construire d'origine, il y a comme un fossé. Des box tous plus variés les uns que les autres, des terrasses qui s'étalent sans limite, aucun conteneur aligné : c'est un peu le désordre sur le sentier littoral. Les riverains s'agacent de ces extensions sauvages, les élus se renvoient la balle et les commerçants doivent se débrouiller pour s'installer convenablement, quitte à mettre la main à la poche.

Une dizaine de restaurants et boutiques s'aligne désormais au-dessus du port, dans des conteneurs qui leur serviront de murs pendant 18 mois, le temps que les travaux se terminent. Cette décision a été prise par la Cinor, gestionnaire du port depuis le mois de mars, afin d'éviter la fermeture de ces commerces.

Lire aussi : Port de Sainte-Marie: travaux pharaoniques, attentes et crise de confiance

Nous avons pu consulter les permis de construire au service urbanisme de la mairie de Sainte-Marie, qui se charge de les délivrer à la Cinor. Sur les plans : des petits box, bien calibrés, à égale distance les uns des autres et au même design. Deux modèles étaient disponibles : avec ou sans terrasse. Sur la modélisation en 3D qui avait été réalisée au préalable, les conteneurs s'intègrent bien dans le paysage et ils sont parfaitement alignés. L'espace commerçant total devait être de 330 mètres carrés.

Anarchie visuelle

Dans les faits c'est un peu différent… De taille variée, parfois collés les uns aux autres, les box ne correspondent pas vraiment à ce qui était prévu. "C'était censé être des petits modules… ils sont loin d'être petits", constate un riverain excédé, qui a préféré rester anonyme lorsque nous l'avons interrogé. Il a été l'un des premiers à s'interroger en voyant que certains commerçants se lançaient dans la construction de terrasses plus ou moins grandes.

L'habitant en question a pour habitude de se promener régulièrement sur le sentier littoral. Selon lui, "les commerces empiètent trop sur le chemin et gênent les piétons et les vélos". En l'occurrence, il reste encore beaucoup de place pour circuler, mais les box sont en effet un peu plus avancés que ce qui était prévu dans les permis de construire. Une autre riveraine, appelée Sonia, n'est pas tellement dérangée par la présence de ces conteneurs. Seule contrainte pour elle, et elle est visuelle : les bâtiments ne s'intègrent pas dans le paysage, loin de là. Notre premier riverain acquiesce : "c'est l'anarchie, l'architecture est choquante !"

Des modifications non stipulées

Théoriquement, la moindre modification doit être notifiée dans le permis de construire. Ainsi c'est la mairie de Sainte-Marie qui transmet les permis de construire à la Cinor, et c'est à la Cinor, en tant que maître d'ouvrage, de transmettre la moins modification à Sainte-Marie.

Curieux, notre premier riverain en colère est allé consulter les permis de construire, disponibles sur demande en mairie. "Je n'ai vu aucune notification d'extension", nous raconte-t-il, ce que nous avons pu vérifier par nous-mêmes. Jean-Claude Técher, directeur de l'urbanisme à Sainte-Marie, nous le confirme : "aucune modification de permis de construire ne nous a été envoyée".

La loi permet de procéder à des modifications du permis de construire après coup. Selon l'article L600-5-1 dans le code de l'urbanisme, au lieu de démolir une construction qui ne correspond pas au permis de construire, on peut régulariser a posteriori.

Mais le problème reste le même : aucune modification de permis de construire n'a été soumise à Sainte-Marie. Contactée, la Cinor nous affirme que pour tout ce qui est permis de construire, c'est la mairie de Sainte-Marie qui s'exprime. A Sainte-Marie, on nous invite à contacter la Cinor pour obtenir plus d'informations. Chacun semble se renvoyer la balle.

"Vous aurez le loisir d'agrandir"

Au milieu de ce dialogue de sourds, Yves Ferrières, avec sa double casquette de premier adjoint au maire de Sainte-Marie et de vice-président de la Cinor. Au moment de présenter les modules temporaires prévus pour les commerçants, il avait tenu à rassurer les restaurateurs : "vous aurez le loisir d'agrandir votre site d'accueil au delà de ces 60 mètres carrés." Un engagement oral uniquement, mais qui nécessite malgré tout une modification des permis de construire.

Lire aussi : La Cinor répond aux inquiétudes des commerçants

Injoignable en raison de sa présence aux Jeux des îles, celui-ci a cependant affirmé à distance que "dans le cadre de la concertation constante privilégiée dans ce projet", il est prêt à recevoir ces habitants en colère "dans les meilleurs délais pour entendre toutes leurs doléances et à y remédier au plus vite".

Car des riverains étonnés il y en a plus d'un. Jean-Claude Técher en personne nous affirme avoir reçu pas moins de trois coups de téléphone en une journée sur le sujet, ce jeudi 25 juillet. Tous trois demandaient à consulter les permis de construire afin de vérifier si les box construits respectaient les plans de départ.

Sur place, nous avons rencontré Olivier, l'un des restaurateurs. Plutôt bavard, il explique être encore en cours d'installation. Son restaurant est toujours en cours d'aménagement et une terrasse vient compléter le tout. Son espace, comme les autres, est "censé" être limité à 60 mètres carrés. "Mais on peut faire plus si on veut, c'est autorisé", assure-t-il, reprenant alors les promesses orales du vice-président de la Cinor. "C'est monsieur Ferrières qui nous l'a dit : si on veut agrandir un peu, on peut. Techniquement il n'y a pas de limite, on peut même faire une terrasse derrière apparemment."

Une situation compliquée pour les commerçants

Respecter les 60 mètres carrés proposés au départ était synonyme de casse-tête pour plusieurs commerçants. L'un d'eux, préférant rester anonyme, possédait une centaine de mètres carrés lorsqu'il était sur le port. Passer de 100 à 60 change la donne. Restaurateur, il s'est octroyé le droit d'augmenter la surface de son espace, sinon quoi il n'avait pas la place d'installer ses cuisines et toutes ses tablées.

Des extensions qu'il a payées de sa poche : "j'ai dû débourser 70.000 euros pour aménager ce box". Une somme qui ne lui sera pas remboursée, puisque la Cinor l'indique de cette façon : "seuls sont restés à la charge des commerçants les travaux d'aménagements intérieurs et extérieurs des modules, ainsi que la pose de compteurs".

D'autant plus que le restaurateur s'inquiète de la reprise au port, une fois les travaux finis. "On a eu une période de flottement au début du déménagement. Les clients ne nous retrouvaient pas, ils ont mis du temps à revenir." Qu'en sera-t-il au moment de retourner sur le port ? Pour les commerçants, difficile de fidéliser la clientèle avec ces allers-retours.

"Les travaux ont pris du retard", nous explique Olivier, notre premier restaurateur. "Tout était fermé, donc on a pas eu de rentrée d'argent pendant cette période de transition. Normalement on nous avait dit qu'on ne paierait pas de loyer pendant l'installation… au final on paye quand même", avoue-t-il, déçu.

Selon Jean-Claude Técher, la commune de Sainte-Marie va contacter la Cinor afin de mettre les choses au clair et procéder aux modifications des permis de construire. En l'occurrence, l'architecte va être contacté, mais s'il émet un avis défavorable, il sera nécessaire de refaire quelques modifications, pour coller aux plans définis.

mm/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Le malabar, depuis son mobile, Posté
À St Marie c pas nouveaux ils faut aller voir certaines constructions dans des zones inondables à flanc de falaise les ravines les rivières permis délivrée par la maie donc tout ça c autorisé par la mairie dépôts sauvages vaut mieux s'arrêter là il y a trop de choses qui choque
BORDEL, Posté
il fallait s'y attendre effectivement tôt ou tard les riverains allaient se plaindre.. Allez faire une marche ou faire du vélo vous verrez c'est la honte. Au faite le Service Com de la mairie est de l'autre coté de la route...