Huit centres devraient disparaître à La Réunion (actualisé) :

La carte des trésoreries publiques qui vont fermer dévoilée par erreur


Publié / Actualisé
Dans la nuit du jeudi 1er au vendredi 2 août 2019, la Direction générale des finances publiques a publié par erreur la nouvelle carte des trésoreries publiques de La Réunion. Si l'erreur a rapidement été corrigée, les syndicats n'ont pas manqué de voir passé l'information, et ont vu leurs craintes être confirmées : huit centres devraient fermer à l'horizon 2022. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Dans la nuit du jeudi 1er au vendredi 2 août 2019, la Direction générale des finances publiques a publié par erreur la nouvelle carte des trésoreries publiques de La Réunion. Si l'erreur a rapidement été corrigée, les syndicats n'ont pas manqué de voir passé l'information, et ont vu leurs craintes être confirmées : huit centres devraient fermer à l'horizon 2022. (Photo rb/www.ipreunion.com)

"La publication de la liste des trésoreries était clairement une bêtise, mais elle nous permet au moins de pouvoir se préparer pour la suite des évènements" explique Magali Billard, secrétaire départemental du syndicat Solidaires Finances Publiques. "Nous avons directement contacté notre direction, qui n'a absolument pas été en mesure de nous donner des explications claires, si ce n'est que la liste est bien correcte mais qu'elle devait être dévoilée plus tard. Ils étaient totalement désarçonnés et incohérents. Ca en dit long sur la gestion de ce dossier, qui est capital et pourtant traité dans l'urgence" se désole-t-elle.

D'ici à 2022, ce sont les trésories de Sainte-Suzanne, Saint-Benoit, Saint-Leu, Saint-Paul, Saint-Joseph, Le Tampon et deux des trois trésoreries de Saint-Denis - qui étaient regroupés en une seule - qui pourraient donc disparaître. En compensation, des "accueils de proximité" devraient apparaître dans de nombreuses communes, notamment dans les Hauts où les besoins sont élevés. "Le problème c'est que ces accueils seront soit des bornes électroniques, soit des centres gérés par des agents communaux non-formés. C'est donc les usagers qui sont pénalisés par cette réforme" explique Magali Billard.

Une réforme "déconnectée des besoins de La Réunion"

Le syndicat dénonce par ailleurs une réforme non-adaptée aux besoins réunionnais, alors qu'un quart de la population n'a jamais utilisé internet. "Certains habitants devront se contenter d'une borne internet, qui ne répondra pas à leurs besoins. Ils devront donc se tourner vers les trésoreries restantes, qui seront encore plus débordées qu'elles ne le sont aujourd'hui. Tout ce que cela va créer est une augmentation dans les erreurs de déclarations" déplore la syndicaliste.

Solidaires Finances Publiques s'organise donc, avec la CGTR, pour de nombreuses actions à venir. Les syndicats rencontrent actuellement les élus des différentes communes pour tenter d'alerter sur la réforme à venir. "Nous réfléchissons aussi à des actions coup de poing pour alerter la population" souligne Magali Billard.

La Direction régionale des finances publiques, elle, a publié le communiqué suivant concernant la polémique : "La direction générale des Finances publiques (DGFiP), dont le maillage territorial est aujourd'hui l'un des plus denses des administrations d’État, a engagé une démarche visant à faire bénéficier nos concitoyens d'un service public plus proche d'eux et plus efficace.

Il s'agit d'apporter une offre de service nouvelle (présence  " au bon moment ") en augmentant l'accueil de proximité pour nos usagers et le service de conseil aux collectivités. Une attention toute particulière sera portée aux usagers qui sont peu familiers ou éloignés des outils numériques, tout en poursuivant la modernisation des services publics.

Cette démarche concerne également le département de La Réunion. La direction régionale des finances publique a engagé une première réflexion  en ce sens, qui a permis d'établir une première hypothèse, qui constitue encore un document de travail. Le fruit de cette réflexion sera prochainement soumise à une large concertation avec les élus, les agents, les organisations syndicales pour bien tenir compte de l’environnement géographique qui structure fortement le besoin de proximité dans notre département. Cette réflexion collective permettra de construire le nouveau réseau de proximité des finances publiques, qui permettra  d'augmenter le nombre de communes dans lesquelles les services de la DGFiP seront proposés aux usagers.

Toutes les communes du département où est actuellement implanté un centre des Finances publiques continueront bien entendu à disposer d'un accueil des usagers réalisé par des agents des Finances publiques"

as/www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com
 

   

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