La préfecture réagit (actualisé) :

Une autre vache retrouvée morte sur l'exploitation du couple Lauret


Publié / Actualisé
Une autre vache a été retrouvée morte par les agriculteurs Mélusine et Georges Lauret sur leur exploitation de la Plaine des Cafres. Elle était à deux doigts de vêler, le veau est donc mort lui aussi. Le bilan continue de s'alourdir sur leur cheptel, gangréné par la maladie. Comme beaucoup d'autres exploitations bovines, leurs bêtes sont touchées par la leucose, inoffensive pour l'être humain selon la DAAF (Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de La Réunion) mais qui tue malgré tout les vaches. A celle qui a été retrouvée morte ce vendredi 9 août 2019 s'ajoute une autre vache très malade, qui reste couchée au sol. Les agriculteurs ont contacté les services vétérinaires de la DAAF, mais sont de plus en plus fatigués de ces morts à répétition. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Une autre vache a été retrouvée morte par les agriculteurs Mélusine et Georges Lauret sur leur exploitation de la Plaine des Cafres. Elle était à deux doigts de vêler, le veau est donc mort lui aussi. Le bilan continue de s'alourdir sur leur cheptel, gangréné par la maladie. Comme beaucoup d'autres exploitations bovines, leurs bêtes sont touchées par la leucose, inoffensive pour l'être humain selon la DAAF (Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de La Réunion) mais qui tue malgré tout les vaches. A celle qui a été retrouvée morte ce vendredi 9 août 2019 s'ajoute une autre vache très malade, qui reste couchée au sol. Les agriculteurs ont contacté les services vétérinaires de la DAAF, mais sont de plus en plus fatigués de ces morts à répétition. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Encore une vache en moins... Le cheptel des Lauret à la Plaine des Cafres continue de souffrir des maladies bovines. Ce vendredi 9 août le couple d'exploitations a découvert une nouvelle bête morte, alors qu'elle allait vêler. Les Lauret auraient aimé que des prélèvement soient faits sur place, avant que la bête soit emmenée par les services d'équarissage. Mais le GDS (groupe de défense sanitaire) a déclaré au couple que les prélèvements ne seraient faits qu'à l'équarissage une fois la vache emmenée. L'autopsie elle, devrait être financé par la DAAF mais les éleveurs n'en ont pas la certitude pour le moment.

Le veau est mort lui aussi. Problème selon Annie-Claude Abriska, présidente de l'ADEFAR (association de défense des agriculteurs réunionnais) : "le mort-né a été déclaré comme veau et nn pas comme avorton, donc le protocole en terme de recherches vétérinaires n'est pas le même". En effet, la règle veut que lors d'un avortement, des recherches poussées soient menées pour tenter de détecter plusieurs maladies comme la brucellose ou la chlamydiose.

Une autre vache reste couchée au sol, très malade. Selon l'ADEFAR, "on a dit aux Lauret que c'était à eux de trouver un vétérinaire pour venir examiner cette vache, or la DAAF a informé les exploitants que plus aucun vétérinaire ne souhaitait venir sur l'exploitation à cause du tournant médiatique et juridique de l'affaire."

Ce qui n'est pas sans faire penser à la dernière bête malade des Lauret, qui avait entraîné la venue de la DAAF afin de l'euthanasier, sans l'autorisation des agriculteurs. Les fonctionnaires avaient été bloqués sur l'exploitation, les éleveurs refusant de les laisser partir tant qu'ils n'auraient pas de rapport clair justifiant leur venue.

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Les Lauret comptent près d'une dizaine de bêtes mortes dans leur cheptel depuis le début de l'année 2019. Et ils ne sont pas seuls... leur collègue éleveur et ami Jean-Paul Bègue a perdu plusieurs bêtes lui aussi.

Selon "les Lauret ont tout de suite prévenu la DAAF, comme les fonctionnaires l'avaient demandé en cas de mort d'un animal". L'association et les services vétérinaires sont donc en route pour mener les analyses nécessaires et récupérer la carcasse de la bête.

Les maladies bovines gangrènent les cheptels réunionnais

La leucose bovine touche 80 à 90% des élevages bovins de La Réunion. Mais l'île bénéficie d'une législation différente de celle de la métropole et il n'est pas obligatoire d'éléminer le cheptel en cas de contamination. Selon la DAAF, la maladie n'est pas transmissible à l'homme. Pourtant les consommateurs ont de moins en moins confiance dans le boeuf et le lait péi et les produits locaux souffrent aujourd'hui d'une crise de confiance.

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Un "plan leucose" serait envisagé par l'Etat pour résoudre la crise qui secoue la filière bovine. Les services de la préfecture planchent sur le sujet, mais l'arrivée d'un nouveau préfet pourrait bien retarder encore les prises de décisions. Selon nos informations, il se pourrait qu'on en sache un peu plus sur ce fameux plan au mois de septembre.

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Après la leucose bovine, une autre maladie a fait son apparition sur les cheptels réunionnais. Il s'agit de la chlamydiose bovine, elle peut entraîner des avortements chez les vaches... Les autorités sanitaires maintiennent qu'il ne s'agit pas d'un pathogène majeur. Mais dans de très rares cas, la maladie peut quand même être transmise à l'humain et provoquer également des avortements chez la femme.

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La préfecture réagit

La préfecture a tenu à réagir à cette nouvelle mort dans l'élevage des Lauret. Le communiqué complet est à retrouver ci-dessous :

"Comme suite à la découverte ce matin d’une nouvelle vache morte dans l’exploitation de Mme Lauret à la Plaine des Cafres et au signalement d’une vache souffrante, la préfecture de La Réunion souhaite apporter les précisions suivantes.

Lorsqu’un éleveur constate qu’un animal est malade, blessé ou en souffrance, il doit appeler immédiatement un vétérinaire afin que soient portés les soins nécessaires. Si un animal est décédé sur une exploitation, l’éleveur doit, conformément au code rural et de la pêche maritime, prévenir le service de collecte des cadavres animaux afin que le cadavre de l’animal soit enlevé et transporté sur le site d’équarrissage. Il n’appartient donc pas aux services de l’État (direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt), qui n’y sont d’ailleurs pas autorisés, d’apporter des soins urgents à un animal malade.

En l’espèce, c’est donc à Mme Lauret qu’il appartient d’appeler un vétérinaire afin de prodiguer à ses animaux les soins nécessaires, comme cela lui a été rappelé par la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF).

Compte tenu de la situation particulière de M. et de Mme Lauret, la préfecture de La Réunion a décidé, à titre très exceptionnel, de prendre en charge financièrement la visite d’un vétérinaire qui serait sollicité par Mme Lauret.

Mme Lauret rend la leucose responsable des décès de ses animaux, sans pour cela s’appuyer sur une expertise vétérinaire. Or ce virus ne peut être responsable ni de mortalités rapides, ni de mortalités en série. C’est pourquoi le préfet de La Réunion a, comme dans les cas précédents, demandé que la cause exacte de décès de la vache soit établie.

En conséquence, un vétérinaire mandaté par la DAAF s’est rendu sur le site d’équarrissage pour procéder à une enquête sanitaire qui permettra de faire la lumière sur la cause du décès de cet animal.

Les animaux préalablement décédés sur l’exploitation de M. et Mme Lauret, qui ont pu faire l’objet d’une autopsie de la part des services de l’État, ne sont pas morts de la leucose mais d’accidents de vêlage ou d’infections, à l’origine bénignes, devenues mortelles du fait du défaut de soins de l’éleveur. Ces faits sont réprimés par la loi et portés à la connaissance du procureur de la République."

mm/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

MÃ'veLang, Posté
J'entends que tous les bovins de la Réunion sont porteurs des maladies, tous les élevages touchés, jamais entendu d'animaux morts sur les autres exploitations, comment est ce possible ? Est-ce que les éleveurs sont tenus de cacher les animaux malades ou morts, avec la complicité de la filière bien sûr.