Une pétition est lancée :

Education sexuelle chez les jeunes: un manque de moyens financiers et humains


Publié / Actualisé
Depuis juillet 2019, le Planning familial, une association qui dispense des cours d'éducation "populaire" et milite pour le droit à l'éducation à la sexualité, à la contraception, à l'avortement et à l'égalité des sexes, a lancé une pétition pour demander une éducation à la sexualité de meilleure qualité dans les écoles françaises. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Depuis juillet 2019, le Planning familial, une association qui dispense des cours d'éducation "populaire" et milite pour le droit à l'éducation à la sexualité, à la contraception, à l'avortement et à l'égalité des sexes, a lancé une pétition pour demander une éducation à la sexualité de meilleure qualité dans les écoles françaises. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"Si les élèves sont censés recevoir six heures de cours d'éducation populaire chaque année, actuellement, nous n'avons les moyens d'intervenir qu'une fois par an, soit seulement deux heures" explique Sandrine Hermence, coordinatrice au Planning familial de La Réunion.

De nombreux sujets peuvent être abordés lors de ces séances : sexualité, consentement, transidentité… "Nous avons un socle de travail, et nous nous adaptons aux connaissances et aux questionnements des élèves qui nous font face" continue la coordinatrice. Mais difficile d'aborder les sujets en profondeur lorsque l'on a que deux heures.

"Afin de bien intégrer un sujet, il faut pouvoir l'aborder régulièrement, ce qui n'est pas possible aujourd'hui" déplore-t-elle. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce manque de séances : manque de temps sur les heures de cours, moyens financiers et humains limités, réticences de certains chefs d'établissements… Le Planning familial n'est d'ailleus pas la seule association active sur l'île, ces derniers n'étant présents que dans le sud. "Il n'est pas impossible que certaines villes, notamment dans le centre de l'île, n'aient pas d'association à proximité pour se charger de ces cours" explique Sandrine Hermence.

Parfois, les membres interviennent aussi à la demande des établissements sur des questions bien précises et généralement sensibles – homosexualité, transidentité, agressions sexuelles… – qui peuvent concerner un élève en particulier. "Dans ces cas-là, nous essayons d'aborder la question de manière globale, pour signaler à cet élève qu'il existe un lieu où il pourra être accueilli pour en discuter" développe-t-elle.

Des interventions qui pourraient commencer plus tôt

Les membres de l'association souhaiteraient aussi être en capacité d'intervenir plus tôt auprès des jeunes, comme le prévoit une nouvelle circulaire en 2018. "Il est important de commencer à inculquer les notions de respect, d'égalité femmes – hommes dès l'enfance, c'est à ce moment-là que commence le développement des enfants" développe la coordinatrice. Si l'association organise bien quelques rencontres, les interventions en école primaire sont globalement très rares – probablement la faute à une communication hésitante du gouvernement sur la question, et où les fake news se sont multipliées.

Aujourd'hui, si le Planning est subventionné par l'Agence régional de santé (ARS), les membres souhaiteraient de plus grands moyens financiers afin de pouvoir embaucher, et donc intervenir plus souvent dans les écoles. La branche nationale de l'association réclame, de son côté, une "éducation à la sexualité qui ne se réduise pas à une approche biologique ou à des avertissements contre les dangers en matière de santé sexuelle".

La pétition est à retrouver sur ce lien.

as/www.ipreunion / redac@ipreunion.com

   

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