En Métropole un sur deux ne se représenterait pas en 2020 :

Crise des vocations des maires... mais pas à La Réunion


Publié / Actualisé
Il semblerait que depuis quelques temps, le statut de maire ne fasse plus rêver. La profession connaît une "crise des vocations ". Un sondage mené par le Centre de recherche de Sciences (Cevipof) auprès de plus de 35 000 édiles conclut que la moitié des maires ne souhaite pas se représenter en 2020. En cause, plusieurs facteurs démotivants: complexité administrative, trop de responsabilités, de stress, des indemnités trop basses... Le gouvernement s'est donc lancé dans une opération séduction en mettant en place le projet de loi "Engagement et Proximité", dont l'objectif est de remettre les élus locaux au coeur de la démocratie. Enfin, tout ça, ça vaut pour la Métropole, à La Réunion, on est loin de ces préoccupations, le job de maire ne connaît pas la crise. Mais ces candidats au siège d'édile savent-ils vraiment à quoi s'attendre ?
Il semblerait que depuis quelques temps, le statut de maire ne fasse plus rêver. La profession connaît une "crise des vocations ". Un sondage mené par le Centre de recherche de Sciences (Cevipof) auprès de plus de 35 000 édiles conclut que la moitié des maires ne souhaite pas se représenter en 2020. En cause, plusieurs facteurs démotivants: complexité administrative, trop de responsabilités, de stress, des indemnités trop basses... Le gouvernement s'est donc lancé dans une opération séduction en mettant en place le projet de loi "Engagement et Proximité", dont l'objectif est de remettre les élus locaux au coeur de la démocratie. Enfin, tout ça, ça vaut pour la Métropole, à La Réunion, on est loin de ces préoccupations, le job de maire ne connaît pas la crise. Mais ces candidats au siège d'édile savent-ils vraiment à quoi s'attendre ?

Le blues des maires métropolitains

En Métropole, cette crise des vocations concerne surtout les maires de petites communes, les raisons de cette tendance sont multiples "une forme de résignation des maires contenue par un sens du devoir" peut-on lire dans l’étude, "un manque de moyens financiers et un manque de personnels", des maires expliquent aussi avoir "de plus en plus de difficultés à satisfaire les demandes de leurs administrés". Des maires qui semblent dépassés aussi relatant que les responsabilités liées à leur fonction deviennent de plus en plus pesantes.

Résultat des courses, plus un édile sur deux n'envisage pas de se représenter aux prochaines municipales en mars 2020. Pourtant, les maires sont les élus qui jouissent de la meilleure image selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche "83% des Français ont une bonne image des maires" tandis que les sénateurs et députés n'engrangent que 33% des sondés. Ils sont appréciés pourtant, l'Association des maires de France estime qu'ils sont "en danger". Selon une note du ministère de l'Intérieur,  361 maires et adjoints ont été la cible d'"atteintes volontaires à l'intégrité physiques" l'an dernier. À La Réunion, ces chiffres sont loin de refroidir les ardeurs des maires en place et de ceux qui briguent un mandat d'édile, et ils sont nombreux...

À La Réunion, être maire c'est la consécration 

Si la moitié des maires métropolitains en ont ras la casquette, ici, la majorité des édiles sortants comptent bien se représenter. Au contraire, les bien nommés "dinosaures" de la politique qui ont réussi à revenir en 2014 après une longue traversée du désert ne vont pas lâcher de sitôt. Ils comptent bien s’agripper au pouvoir et n’en démordront sans doute que lorsqu’ils seront entre quatre planches. D'autres vont la jouer à la "Dynastie" et essayer de placer le fiston à la tête de la commune, quand certains primo-élus ont pris goût aux strass et aux paillettes et veulent rempiler pour un second mandat. On peut le dire, le job de maire est toujours très attractif à La Réunion.

À tel point que les candidats se bousculent au portillon, lors des dernières municipales, on comptabilisait 133 listes à La Réunion. Mais ces ambitieux savent-ils vraiment dans quoi ils mettent les pieds ? Être maire, au delà des mondanités, c’est gérer une commune et ses administrés. Un travail harassant qui ne laisse pas de place à l’erreur. Car la responsabilité juridique du maire est à chaque fois engagée. Et aussi parce que les administrés ne font pas de cadeau, en même temps, ça se comprend, c’est avec leurs deniers que les édiles montent des projets…

Le courroux des administrés

Alors les mauvais choix du patron de la ville, quand il y a des millions d’euros en jeu et qu’une partie vous appartient, ça peut vite agacer. Les maires sont aussi le premier rempart entre le gouvernement et la population et vu la politique anti-sociale du gouvernement actuel, ils doivent prendre cher nos édiles peu importe l'étiquette. François Barouin, le président de l'Association des maires de France dénonce "ce qui était un élément marginal il y a 10 ou 15 ans devient un élément dominant. Insultes, violences verbales, menaces sous forme de lettre anonymes ou via les réseaux sociaux : les mains courantes déposées par les élus sont de plus en plus nombreuses." Un détail qui ne semble pas décourager nos chers maires.

En plus de s’exposer au courroux de la population, les maires risquent aussi leur peau. Peut-être pas leur peau mais au moins leur chemise car depuis quelques années, les administrés n’hésitent plus à poursuivre les édiles en justice. Ça peut aller de la plainte pour une glissade sur un trottoir à l’attaque de requin sur le territoire. La responsabilité des maires est très étendue, une vraie pression difficile à supporter pour certains. Ils sont nombreux les édiles qui se sentent bien seuls quand il est question de passer devant le juge pour une histoire où ils ne se sentent pas personnellement responsable même si cela va avec leurs fonctions.

Les méandres administratifs

Ajoutons à cela la complexité administrative. Et oui, être maire c'est un métier. Il est au cœur de l’action publique, ce qui implique de gérer des dossiers parfois voire souvent très lourds d’un point de vue administratif. Certes, ils sont accompagnés mais la responsabilité finale leur revient. Les maires peuvent pester autant qu’ils veulent auprès de leur services techniques quand les choses ne sont pas faites ou mal faites, au final, c’est à eux que la population demandera des comptes. La France est connue pour ses méandres administratifs, toutes ces institutions qui se renvoient la balle, vous envoient des relances alors que vous avez déjà fait parvenir les documents, un simple changement d’adresse qui devient le parcours du combattant… c'est déjà bien compliqué de gérer sa propre situation administrative alors gérer celle de toute une commune, on vous laisse imaginer ! Ça en fait des papiers, sans doute le plus ingrat... 

L'opération séduction de l'exécutif

Une charge de travail écrasante, des responsabilités de plus en plus lourdes, les attentes des administrés, les maires sont en première ligne. Ils sont nombreux à vouloir raccrocher leur écharpe alors le gouvernement s’est lancé dans une vaste opération séduction. Le projet de loi "engagement et proximité" comporte une dizaine de mesures concrètes pour lutter contre cette crise des vocations. L’un des points les plus importants serait de rendre la formation systématique pour les primo-élus, il s’agirait de trois jours de formation en début de mandat. Car le constat est alarmant, à l‘heure actuelle, moins de 10% des élus bénéficient d’une formation. Cela permettra aux maires "d’acquérir les compétences nécessaires à l’exercice de leur mandat et inciter les professionnels à s’engager, tout en ayant l’assurance que de nouvelles compétences seront acquises lors du mandat." indique le gouvernement.

Les édiles pourraient aussi être assurés si leur responsabilité est engagée "lorsque le maire est mis en cause pour une action relevant de ses fonctions et qu’il souhaite avoir recours à un avocat pour sa défense, le conseil municipal peut, à sa demande, décider de prendre en charge sa défense."

"Ce projet de loi vise à redonner plus de liberté aux maires et à clarifier et faciliter les conditions d’exercice de leur mandat" précise l’exécutif. Les édiles élus en 2020 seront donc mieux accompagnés si on en croit le gouvernement. Reste à savoir s'il ne s'agit pas là d'un énième enfumage pour éviter que certains hameaux métropolitains ne se retrouvent sans édile étant donné que cette loi devrait être votée juste avant les élections municipales de 2020. 

Dans tous les cas, à La Réunion, on est loin, très loin de ce genre de préoccupations... À sept mois des élections municipales, la campagne bat déjà son plein et ça ne va pas aller en s'arrangeant ! Peu importe les risques du métiers, être maire, à La Réunion, cela fait toujours rêver !  

fh/www.ipreunion.com/redac@ipreunion.com 

   

3 Commentaire(s)

ANONYME, Posté
A la Réunion ce n'est pas du tout le cas. Ici les candidats sont assoiffés de POUVOIR, DE SEXE ET DE MENSONGE.
Mano, Posté
Peut-être que le cercle d'intérêts est plus grand que celui des préoccupations.....
Tristan , Posté
Ipr rabat-joie. ?£ St André est un ville magnifique, saint Benoît rendrait jalouse n'importe quelle cité, Saint Louis bordel mériterait sa place dans les 10 villes ou il fait bon vivre dans le monde, le port et ses feux de joie, quel bonheur de vivre une de ces villes ! J'aurais bien aimé en rajouter d'autres mais le comique de répétition, ça use...