Collèges et lycées publics :

Jupes et shorts trop longs ou trop courts : les voies du règlement intérieur demeurent impénétrables...


Publié / Actualisé
A chaque rentrée c'est le même refrain. Les règlements intérieurs des collèges et lycées généraux sont-ils trop ou pas assez stricts avec leurs élèves ? Le règlement intérieur régit la vie éducative d'un établissement. Les droits et devoirs de tous les acteurs de l'établissement (élèves, professeurs, agents) y sont expliqués et décrits. L'un des points qui focalise particulièrement l'attention en cette semaine de rentrée scolaire, concerne les tenues vestimentaires des élèves: qu'est-ce-que les lycéen(ne)s et collégien(ne)s ont le droit ou non de porter? (Photo: rb/www.ipreunion.com)
A chaque rentrée c'est le même refrain. Les règlements intérieurs des collèges et lycées généraux sont-ils trop ou pas assez stricts avec leurs élèves ? Le règlement intérieur régit la vie éducative d'un établissement. Les droits et devoirs de tous les acteurs de l'établissement (élèves, professeurs, agents) y sont expliqués et décrits. L'un des points qui focalise particulièrement l'attention en cette semaine de rentrée scolaire, concerne les tenues vestimentaires des élèves: qu'est-ce-que les lycéen(ne)s et collégien(ne)s ont le droit ou non de porter? (Photo: rb/www.ipreunion.com)

Un règlement intérieur rédigé par tous

Eric Couleau, proviseur vie scolaire au rectorat, explique : "le règlement intérieur reflète la philosophie d’un lycée et d’un collège. Il se discute en amont de son élaboration avec les jeunes, notamment grâce au conseil de vie lycéenne et au conseil de vie collégienne propre à chaque établissement. Il garantit le vivre-ensemble au sein du lycée ou collège. C'est ça la démocratie!"

Le proviseur souligne "que le règlement est spécifique à chaque établissement, mais il doit évoluer avec son temps, surtout pour des questions de confort des élèves et de température ressentie. Il y a quelques grandes règles communes aux établissements du second degré : pas de sous-vêtements apparents, pas de tee-shirt faisant l’éloge de stupéfiants ou de la violence."

"C'est souvent les quinze premiers jours suivant la rentrée que l'on a le plus d'appels de parents d'élèves concernant le règlement intérieur de l'établissement de leur enfant. Ils sont dans la découverte." poursuit Eric Couleau.

Certains sont même allés plus loin. A l’image du lycée Jean Hinglo au Port. Jean-Marc Spampani, proviseur de l’établissement explique : " L’an dernier, les élèves faisant partie du conseil de vie lycéenne ont passé une semaine avec les conseillers principaux d’éducation. Ils ont constaté un certain nombre de choses positives ou négatives relatives au règlement intérieur du lycée. A partir de ça, ils ont soumis des propositions au conseil pédagogique du lycée. Puis, le conseil d’administration en a validé un certain nombre, ce qui permet au règlement intérieur d’évoluer d’une année à l’autre."

Pas d’humiliation, pas d’affiche mais de la discussion

Jean-Marc Spampani l’assure : "99% des parents sont ravis du règlement, on peut parler de coéducation. Il arrive qu’un parent soit en colère par rapport au traitement de leur enfant mais il s’agit d’un cas sur 1330 élèves."

Alors, que se passe-t-il quand un(e) élève pénètre dans son collège ou lycée avec une tenue qui n’est pas adaptée ? Et bien, tout dépend…du règlement intérieur propre à l’établissement et du contexte.

Comme l’explique une conseillère principale d’éducation (CPE) d’un collège de l’ouest : "Tout membre du personnel de l’établissement peut rappeler un(e) élève à l’ordre concernant ses habits. Il y a tenue et tenue : celle-ci doit être adaptée à l’orientation de l’élève mais également au cours. Par exemple: pas de jeans pendant le cours d’EPS. On évite la répression, on privilégie la prévention: on prend l’élève et les parents en entretien individuel pour leur expliquer en quoi la tenue n’est pas adaptée. Il nous faut non seulement éduquer les enfants mais également les parents. Mais on évite d’humilier l’élève ou de l’afficher devant ses camarades. Par contre, s’il y a plusieurs fois infraction au règlement on considère qu’il y a refus d’autorité et là il peut y avoir sanction."

La CPE de l’ouest ajoute : "Les parents d’élèves signent le règlement intérieur à la rentrée scolaire, en le signant ils acceptent donc tous les points concernant les tenues vestimentaires des élèves. En cas de conflit, le chef d’établissement peut trancher mais les exclusions demeurent très rares. "

Eric Couleau, proviseur vie scolaire au rectorat rappelle : "le règlement intérieur n’a de sens que s’il est compris par tous. Certes en cas de contentieux le rectorat peut intervenir. Mais jamais de mon vivant ce n’est arrivé, c’est rarissime. Il existe des recours si on estime que l'on a été victime d'injustice, mais je n'ai aucun souvenir de telles procédures concernant l'académie de La Réunion."

Subjectivité des règlements intérieurs

C’est bien là que se situe le nœud du problème. Si les lycées et collèges ont carte blanche pour édicter leur règlement intérieur, il y a donc des points qui diffèrent d’une école à l’autre.

Exemple avec la taille des jupes et shorts. A partir de combien de centimètres une jupe ou un short est-il ou elle trop court(e) ? Jean-Marc Spampiani tranche : "la tenue vestimentaire ne doit pas être provoquante."

Eric Couleau, proviseur vie scolaire au rectorat poursuit : "le règlement dépend de l’historique de l’établissement. Par exemple, il y a quelques années, chez les garçons, se posait la problématique des jeans baggy où l’on laissait le boxer ou le caleçon apparent. Aujourd’hui, on interdit tous les sous-vêtements apparents chez les garçons comme chez les filles."

La CPE de l’ouest complète : "cette année, c’est la tendance des jeans déchirés. On les a interdits mais tout dépend où se trouve la déchirure, si c’est décent ou non. C’est au cas par cas."

Disparités entre établissements scolaires

C’est également au cas par cas en fonction des collèges et lycées de notre territoire. Nous avons posé la question aux collégien(ne)s et lycéen(ne)s dans la rue. Sans surprise, chaque établissement fait à sa sauce. Là où des lycées dans l’est tolèrent le ventre à l’air, d’autres dans le nord n’acceptent même pas les savates deux doigts. Alors, règlement intérieur trop ou pas assez strict ? Certains élèves soulignent l’obligation d’imposer des limites car, parfois, les élèves, filles comme garçons "ne portent pas de tee-shirts appropriés."

Mais là où le bât blesse c’est en été. "On est à la Réunion, il fait chaud, c’est dur quand il fait trente degrés." critiquent des lycéennes. Beaucoup mettent en avant le fait que les garçons aient bien moins de restrictions vestimentaires que les filles. Le port de la casquette notamment fait débat. Un lycéen confie : "C’est normal d’avoir une tenue correcte en public mais pourquoi interdire les casquettes ? "

Et les sanctions en cas de non-respect du règlement ? Et bien là aussi la spécificité en fonction des établissements scolaires, est de rigueur. Une collégienne témoigne : "Si on arrive en tenue non conforme au réglement intérieur, on nous oblige à mettre un tee-shirt orange fluo avec écrit dessus : je m’habille bien".

Le respect du règlement diffère d’un établissement à l’autre. Une jeune lycéenne confie : "les shorts sont interdits mais tout le monde en porte, personne ne respecte les règles en fait. Mais, ils (la vie scolaire et la direction du collège - ndlr) ne peuvent pas tout  gérer sinon il n’y aurait plus personne dans le collège."

Les voies du règlement intérieur demeurent impénétrables…

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lp/www.ipreunion.com

   

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