Parcours emploi compétences (PEC) :

Pénurie de contrats aidés: il faudra tenir jusqu'à la fin de l'année


Publié / Actualisé
À quatre mois de la fin de l'année (et à six mois des municipales...), l'État ferme le robinet, les PEC (parcours emploi compétences) - qui remplacent les contrats aidés depuis janvier 2018 - sont devenus une denrée rare pour les mairies. Ces dernières devront tenir jusqu'à fin décembre avec 400 PEC - 300 de deux mois et une centaine de six mois - à se répartir entre les 24 communes. Mais avec la rentrée scolaire, la lutte anti-vectorielle, les travaux d'aménagement, la préparation des terrains à la saison cyclonique... certaines municipalités demandent une rallonge. Et que dire des personnes éligibles qui ont vu leur contrat suspendu le temps que l'État trouve une solution ? (photo rb/www.ipreunion.com)
À quatre mois de la fin de l'année (et à six mois des municipales...), l'État ferme le robinet, les PEC (parcours emploi compétences) - qui remplacent les contrats aidés depuis janvier 2018 - sont devenus une denrée rare pour les mairies. Ces dernières devront tenir jusqu'à fin décembre avec 400 PEC - 300 de deux mois et une centaine de six mois - à se répartir entre les 24 communes. Mais avec la rentrée scolaire, la lutte anti-vectorielle, les travaux d'aménagement, la préparation des terrains à la saison cyclonique... certaines municipalités demandent une rallonge. Et que dire des personnes éligibles qui ont vu leur contrat suspendu le temps que l'État trouve une solution ? (photo rb/www.ipreunion.com)

Une petite ritournelle 

Chaque année, c’est la même chanson, l’enveloppe de PEC attribuée à notre département se réduit comme une peau de chagrin au grand dam de nos édiles. Mais cette fois, c’est pire, malgré les 1000 PEC supplémentaires qu’Annick Girardin avait débloqué fin 2018 durant la crise des Gilets jaunes, la totalité des contrats a été consommée notamment sur le premier semestre de 2019. Résultat, il ne reste que des miettes pour terminer l’année. Certains demandeurs d’emploi éligibles au dispositif vont donc rester sur le carreau…

À qui la faute ? Comment a-t-on pu arriver aussi vite à la fin de l’enveloppe sans qu’il y ait de contrôle ? Les municipalité sont-elles trop gourmandes ? Leur donne-t-on trop facilement des PEC ? Le dispositif manque-t-il d’un garde fou qui pourrait réguler l’attribution des PEC ? Le bât blesse, il n’y a aucun doute mais difficile de trouver le maillon de la chaîne défaillant.

Dispositif suspendu "le temps que l’État refasse les comptes"

Il y a deux semaines, les missions locales de l’île ont reçu la consigne de ne plus signer de contrat PEC "le temps que l’État refasse les comptes". Les personnes qui devaient commencer ont donc vu leur contrat suspendu. Un vent de panique soufflait alors dans les couloirs des missions locales de l’île. Les conseillers, en première ligne, ont en pris pour leur grade, les coups de téléphone et visites de jeunes mécontents affluaient.

Finalement, la situation s’est débloquée en fin de semaine dernière, une nouvelle enveloppe a été débloquée, les demandes des employeurs seront donc satisfaites. Enfin, ça, c’est sur le papier, car pour les jeunes demandeurs d’emploi, la question est quand ?

À Pôle emploi, principal prescripteur dans l’île. On nous affirme que le travail a été fait et on se dédouane "l’État est gestionnaire de ces PEC, pas le Pôle emploi, nous n’avons aucune autorité pour gérer les quotas, notre responsabilité est d’attribuer les contrats aux bonnes personnes."

Ça va coûter cher aux mairies

À quoi bon chercher un responsable, les municipalités interrogées s’accordent sur un point, cette pénurie de PEC va leur coûter cher car les PEC manquants, il faudra soit les remplacer par des CDD soit ne pas les remplacer du tout donc la qualité des services baissera.

Stéphane Fouassin, maire de Salazie et président de l’Association des maires de La Réunion (Amdr) est choqué "la gestion des PEC est vraiment problématique ". Il dénonce un manque de transparence de l’État" le problème, c’est que nous n’avons aucune visibilité sur la consommation réelle des PEC, aucun chiffre. C’est donc difficile pour nous de discuter sans avoir tous les éléments. " L’édile va plus loin "et s’il restait des PEC et qu’on attendait la venue du président de la République (en octobre ndlr) pour faire semblant de débloquer une enveloppe exceptionnelle, qui sait ?" s’interroge-t-il.

Cette pénurie de PEC aura un effet direct sur le fonctionnement des communes "à Petite-Île, nous avons 110 PEC sur l’année, aujourd’hui, il nous en manque douze au total. Six dans les écoles et la restauration scolaire, et six autres dans la lutte anti-vectorielle. Pour le moment, cette douzaine de PEC est en suspens" détaille Serge Hoareau, le maire de la ville. Peu d’alternatives et elles sont coûteuses "il faudra recruter pour les écoles, c’est obligatoire et ça nous coûtera deux fois plus cher. Pour l’environnement, nous diminuerons de 10% le contingent de lutte anti-vectorielle, pas le choix." explique l’édile résigné. 

Même constat au Tampon "on a beaucoup moins de PEC qu’avant, après avoir reçu la notification sur la pénurie, nous avons écrit à la préfecture pour demander une augmentation de nombre de PEC attribués à la commune" nous explique-t-on. Car pour la commune, ce sont des services essentiels qui sont touchés. Pas d’autres choix donc que d’employer des contractuels mais cela coûte cher "ça va à l’encontre du contrat de confiance passé avec l’État. Si on diminue le nombre de PEC, forcément, la maîtrise de notre budget de fonctionnement ne sera pas tenable, nous serons en dehors des clous. Nous sommes dans un dialogue constructif avec les services de l’État et nous espérons obtenir plus de PEC."

De manière générale, les maires sont inquiets quant à l’avenir du dispositif des contrats PEC et pourraient retourner battre le pavé si l’État décidait de baisser le nombre de contrat, comme en 2017.

Lire aussi: baisse des contrats aidés - la rentrée scolaire ne pourra pas être assurée

Certaines communes de l’île ont choisi d’anticiper la fin annoncée du dispositif, à l’instar de Saint-André "on a bien compris que le nombre de PEC allait diminuer d’année en année pour terminer à zéro. Depuis trois ans, on a réorganisé nos services, on recrute des CDD de 80/90h par mois et nous redéployons des agents en interne. Aujourd’hui, on fonctionne quasiment sans PEC" nous affirme-t-on du côté de la mairie.

Les grands perdants 

Si la pénurie de contrats PEC cause bien des soucis aux municipalités, les plus lésées dans l’histoire, ce sont surtout ces centaines de Réunionnais pour qui les PEC, ces contrats courts sont une bouffée d’air, un moyen de sortir de la galère pendant quelques mois. Certains demandeurs d'emploi qui devaient commencer ce lundi 2 septembre ont vu leur contrat suspendu jusqu’à nouvel ordre sans avoir d'explication. 

Des explications, nous aurions aussi voulu en avoir de la part des services de l'État mais nous n'avons pas obtenu de réponse à nos sollicitations, alors qu'une réunion sur le sujet avec les différents acteurs du domaine se tenait à la préfecture ce lundi 2 septembre 2019...

fh/www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com 

   

1 Commentaire(s)

Zena, Posté
Je pense que certains Maire seront gêner à ne plus promette vote pour moin ou va gagne contrat merci l'Etat