Selon une étude de l'Insee :

La croissance démographique stimule l'emploi à La Réunion


Publié / Actualisé
"Entre 2006 et 2016, à La Réunion, la population augmente à un rythme deux fois plus rapide qu'en métropole. L'emploi accompagne cette croissance démographique : il progresse huit fois plus rapidement qu'au niveau national" indique l'Insee dans un communiqué que nous publions ci-dessous
"Entre 2006 et 2016, à La Réunion, la population augmente à un rythme deux fois plus rapide qu'en métropole. L'emploi accompagne cette croissance démographique : il progresse huit fois plus rapidement qu'au niveau national" indique l'Insee dans un communiqué que nous publions ci-dessous

L’Est et le Sud de l’île profitent davantage encore de ces dynamiques que les autres territoires. En 2016, quatre personnes en emploi sur dix travaillent en dehors de la commune où elles vivent, la moitié d’entre elles en dehors de leur intercommunalité. La Cinor et la Civis dans une moindre mesure polarisent les flux de déplacements domicile-travail, qui évoluent peu sur la période récente. Entre 2006 et 2016, la population augmente à un rythme soutenu à La Réunion : + 71 000 personnes, soit + 0,9 % en moyenne par an. Malgré la crise économique de 2009, l’emploi accompagne ce dynamisme démographique : le nombre d’emplois augmente de 1,6 % en moyenne annuelle,passant de 223 000 à 260 000 sur la même période. En métropole, population et emploi sont nettement moins dynamiques que sur l’île entre 2006 et 2016 (respectivement + 0,5 % et + 0,2 % en moyenne annuelle).

À La Réunion, le dynamisme démographique génère de nombreux emplois, qui viennent répondre aux besoins de la population grandissante. Ces emplois dits " présentiels " sont par exemple des employés de commerce ou des services aux particuliers, des enseignants, des personnels de santé. Cette sphère présentielle est ainsi à l’origine de huit emplois créés sur dix.

À l’Est et au Sud, population et emploi sont plus dynamiques qu’ailleurs

Entre 2006 et 2016, la population augmente plus vite dans les intercommunalités de l’est et du sud (+ 11 %) que dans celles du nord et de l’ouest (+ 7 %). En conséquence, l’emploi y est nettement plus dynamique qu’ailleurs, en particulier sur le territoire de la Civis. Plus encore qu’ailleurs, le dynamisme démographique explique cette hausse de l’emploi.

C’est dans les villes moyennes, situées en dehors des principaux pôles d’emploi de l’île, que se concentrent les plus fortes hausses de la population et de l’emploi. Les créations d’emplois sont ainsi les plus fortes à Entre-Deux (+ 3,2 % en moyenne annuelle) et Les Avirons (+ 2,7 %) au sud, à La-Plaine-des-Palmistes (+ 2,7 %), Saint-Benoît (+ 2,1 %) et Bras-Panon (+ 3,7 %) à l’est, à La Possession (+ 3,3 %) et Saint-Leu (+ 2,4 %) à l’ouest.

À l’inverse, entre 2006 et 2016, l’emploi augmente faiblement au Port où le nombre d’habitants baisse. L’emploi est par ailleurs atone à Salazie et diminue dans les communes excentrées de Cilaos et Trois-Bassins. Au Nord, l’emploi progresse fortement à Sainte-Marie entre 2006 et 2016 (+ 3,1 % en moyenne annuelle), alors que la hausse est moins marquée dans le chef-lieu (+ 0,5 %). Sainte-Marie est l’une des communes de l’île où la population a le plus augmenté entre 2011 et 2016, avec la construction de nombreux logements.Quatre personnes sur dix travaillent en dehors de leur commune de résidence.

En 2016, 39 % des personnes en emploi travaillent en dehors de la commune où ils résident (100 000 personnes). Cette part n’a que peu augmenté depuis 2006 (37 %, soit + 16 000 personnes).

Le nombre de personnes qui travaillent hors de leur commune augmente plus lentement depuis 2011 (+ 1,2 % en moyenne par an entre 2011 et 2016 contre + 6,0 % entre 1999 et 2006). En effet, la concentration des emplois dans les principaux bassins d’emploi de l’île ne s’accentue pas.

De plus, aucune nouvelle infrastructure routière majeure n’a été réalisée sur la période. Dans le passé, la mise en service de la 2X2 voies de Saint-Benoît en 2002 et de la route des Tamarins en 2009 avait incité certains actifs à habiter plus loin de leur lieu de travail ou à rechercher un travail plus éloigné.

Parmi les 100 000 personnes qui travaillent en dehors de leur commune de résidence, la moitié franchissent les limites de leur intercommunalité. Ainsi, 21 % des actifs en emploi travaillent dans un autre EPCI que celui dans lequel ils résident (19 % en 2006).

Le Nord est le plus attractif pour les travailleurs résidant ailleurs

Principal pôle d’emploi de l’île (30 % des emplois), la Cinor concentre le plus grand nombre de déplacements domicile-travail : un emploi sur cinq est occupé par une personne qui habite à la Cirest ou au TCO. Au final ce sont 16 400 emplois dans le Nord qui sont occupés à parts égales par les habitants de l’ouest et ceux de l’est.

La Cinor est l’EPCI possédant la plus forte autonomie en matière d’emploi : il abrite 115 emplois pour 100 personnes en emploi y résidant. À la Civis, le nombre d’emplois offerts excède aussi la population en emploi résidente. Ainsi, un quart des emplois sont occupés par des non-résidents.

Inversement, à la Cirest, les emplois sont peu nombreux au regard du nombre de personnes en emploi qui y habitent : 85 emplois pour 100 personnes en emploi résidents. Par conséquent, trois résidents en emploi sur dix travaillent en dehors de la Cirest. La plupart vont travailler dans le Nord (85 % - 8 400 personnes). Plus de la moitié d’entre eux habitent Saint-André.

La CASud dispose aussi de moins d’emplois qu’elle n’héberge de personnes en emploi, de manière plus accentuée : 76 emplois pour 100 personnes en emploi résidentes. Ses habitants sont donc les plus nombreux de l’île à travailler en dehors de l’EPCI où ils vivent (37 %). Ils se dirigent le plus souvent vers la Civis : 10 500 personnes sont concernées, dont 7 200 résident au Tampon.

   

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    Illustration : Kwa Films

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