Gilbert Annette refuse qu'elle soit rasée :

La prison Juliette Dodu est "sauvée" du projet de logements sociaux


Publié / Actualisé
Après cinq ans de rebondissements, Gilbert Annette, maire de Saint-Denis, a annoncé son intention de faire de la prison Juliette Dodu un monument historique. Ce jeudi 12 septembre 2019, il a confirmé refuser de valider le permis de démolition de la SHLMR, qui devait construire des logements sociaux une fois la prison rasée. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Après cinq ans de rebondissements, Gilbert Annette, maire de Saint-Denis, a annoncé son intention de faire de la prison Juliette Dodu un monument historique. Ce jeudi 12 septembre 2019, il a confirmé refuser de valider le permis de démolition de la SHLMR, qui devait construire des logements sociaux une fois la prison rasée. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"Nous avons estimé que la prison, qui est l'un des trois sites historiques de la fondation de Saint-Denis, avec la cathédrale et la préfecture, méritait un meilleur sort" a déclaré le maire dionysien. Mécontent du manque de connaissance de l'histoire réunionnaise, Gilbert Annette veut accélérer la reconnaissance du patrimoine de l'île. "Des esclaves, des marrons, des hommes libres et engagés ont vécu entre ces murs" a-t-il rappelé.

Il souhaite donc rénover la prison, afin de la transformer en site culturel, historique et à visée commémorative. "Le projet de logement ne correspondait pas à notre volonté de faire de Saint-Denis une ville d'art et d'histoire, nous avons donc annoncé à l'Etat, qui est propriétaire du site, que nous rejetons le projet de construction" a-t-il précisé.

Valoriser le patrimoine réunionnais

La volonté de conserver le patrimoine mais aussi de mettre en avant le passé de l'île, et de Saint-Denis en particulier. "Il est malheureux que tant de personnes ignorent leur histoire, mais depuis dix ans, on voit les lignes bouger. Il faut continuer dans cette voie" a expliqué Gilbert Annette.

Le maire de Saint-Denis a par ailleurs tenu à rappeler que la ville n'était pas propriétaire de la prison, et que la décision de construire des logements sociaux sur le site de la prison ne lui revenait pas. "Cependant, c'est nous qui délivrons le permis de démolition, et nous ne l'accorderons pas" a-t-il assuré. Il souhaite cependant que le nouveau projet à venir soit porté à la fois par la commune, mais aussi par l'Etat, la Région, le Département et les associations de défense du patrimoine. "Il reste beaucoup de choses à faire, il serait présomptueux d'avancer déjà une date. Mais je pense que c'est quelque chose de réalisable d'ici cinq à dix ans" a-t-il précisé.

L'Etat doit maintenant se décider

C'est maintenant à l'Etat de juger de la faisabilité du projet. D'après le maire de Saint-Denis, celui-ci ne serait pas réfractaire à l'idée d'un projet historique. Et ce même si c'est un projet lucratif qui disparaît. En effet, en 2014, un appel à projet avait été lancé par l'Etat, qui avait été remporté par la SHLMR. La construction de logements sociaux auraient permis d'engranger des bénéfices. Mais de nombreuses associations, des historiens ainsi que des élus s'étaient élevés contre le projet.

Lire aussi : Une action d'urgence contre la démolition de la prison Juliette-Dodu

En 2017, l'association Kartyé Lib Mémoire et Patrimoine Océan Indien avec la présence du député Jean-Hugues Ratenon et l'avocat Maître Saubert avaient déposé un recours devant la justice contre la démolition de l'ancienne prison de Saint-Denis. En 2018, le tribunal administratif avait suspendu le permis de démolition.

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Fondée en 1718, l'ancienne prison située rue Juliette-Dodu à Saint-Denis, a servi jusqu'en 2008 où les derniers prisonniers ont été transférés à Domenjod.

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com
 

   

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Illustration : Kwa Films

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