Extraction de roches :

Carrière de Saint-André : le commissaire enquêteur donne son feu vert


Publié / Actualisé
Le commissaire enquêteur a rendu sa conclusion suite à l'enquête publique menée du 22 juillet au 22 août 2019 et qui concerne l'exploitation de la carrière de Saint-André. Ce rapport est relatif à la demande d'autorisation environnementale présentée par la société Prefabloc Agregats pour exploiter la carrière. Il s'agit également d'installer une structure de traitement des matériaux, une station de transit de cesdits matériaux et un stockage de déchets. Toutes ces structures se trouveraient au lieu-dit "chemin Patelin" à Saint-André. Le commissaire enquêteur rend un avis favorable, malgré la large opposition des riverains. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le commissaire enquêteur a rendu sa conclusion suite à l'enquête publique menée du 22 juillet au 22 août 2019 et qui concerne l'exploitation de la carrière de Saint-André. Ce rapport est relatif à la demande d'autorisation environnementale présentée par la société Prefabloc Agregats pour exploiter la carrière. Il s'agit également d'installer une structure de traitement des matériaux, une station de transit de cesdits matériaux et un stockage de déchets. Toutes ces structures se trouveraient au lieu-dit "chemin Patelin" à Saint-André. Le commissaire enquêteur rend un avis favorable, malgré la large opposition des riverains. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Le commissaire enquêteur valide officiellement le projet d'exploitation de la carrière du chemin Patelin, à Saint-André. "l'enquête publique s'est déroulée dans des conditions satisfaisantes, conformément aux dispositions de l’arrêté préfectoral la prescrivant, malgré quelques incidents mineurs relatif à l’affichage".

En effet, certains riverains s'étaient plaints de découvrir le projet d'exploitation de la carrière, via un panneau installé sur place dès le 22 juillet, date du début de l'enquête publique.

Lire aussi : Carrière de Saint-André : l'enquête publique se termine aujourd'hui

Un "projet nécessaire"

Selon les conclusions de ce rapport, "le projet est nécessaire, pour répondre aux besoins en matériaux de constructions des régions Nord et Est de la Réunion, actuellement non couverts". A noter que cette carrière ne devrait pas servir au chantier de la Nouvelle route du Littoral.

Selon le commissaire enquêteur, le projet "semble (…) respecter la réglementation en vigueur, et il apparaît compatible avec les documents de planification". Par ailleurs il "s’inscrit dans la démarche ERC, "Éviter, Réduire, Compenser", de ses impacts à l’environnement, pour les enjeux humains et naturels, qui ont été bien identifiés dans l’étude d’impact". Sur le plan environnemental, donc, le projet d'exploitation de cette carrière semble être respectueux de la nature selon les termes du rapport.

Afin de s'en assurer jusqu'au bout, des "efforts" ont été démontrés par le maître d'ouvrage selon le commissaire enquêteur, à travers "une large gamme de mesures mises en place pour réduire les nuisances". Les installations prévues devraient être mises en place "en concertation avec le voisinage".

Deux réserves et cinq recommandations

Dans son rapport, le commissaire enquêteur apporte cependant "deux réserves".

- La mise en place d'un "comité local de suivi" qui permettrait alors d'être en contact constant avec le voisinage, "avec éventuellement les modifications qui seront négociées"
- La formalisation dans le dossier "de l'engagement de PREFABLOC AGREGATS de limiter son trafic routier". L’activité moyenne annuelle devra donc être respectée soit 139 rotations PL / jour, "tant que le nouveau raccordement à la RN 2 à la Cressonnière n’aura pas été réalisé" détaille le rapport.

En plus de ces deux obligations, le commissaire enquêteur émet "cinq recommandations".

- Une distance minimale de 20 mètres devra être respectée en accord avec la demande de certains habitants "afin de leur garantir un meilleur éloignement des sources de nuisances et du risque de fragilisation de leur terrain"
- Concernant un habitant "dont le statut d’agriculteur pourrait être remis en question par l’ampleur des surfaces agricoles vouées à l’extraction", il faudra revoir avec lui "la délimitation de la zone d’extraction pour qu’il puisse conserver son statut professionnel"
- Concernant une autre habitante, proche de la voie d'accès au chantier, il s'agira de dialoguer avec elle "pour déterminer les modalités de réalisation du mur anti-bruit et des aménagements divers, afin de préserver son cadre de vie"
- Une grande marge de sécurité devrait être étudiée pour éviter une trop grande proximité avec la nappe phréatique, pour respecter "une épaisseur minimale de 70 cm"
- A cause de "l'érosion des berges de la Rivière du Mât" le rapport préconise aussi de remettre en état du site à la fin du chantier

Les habitants toujours opposés au projet

Dès mai 2018, les habitants se sont mobilisés en nombre, avec un premier avis défavorable. Les opposants dénoncent notamment la présence d'espèces endémiques là où doivent être menés les travaux d'extraction des roches.

En un an, ils n'ont pas changé d'avis. Les 242 observations se répartissent en 222 défavorables, 19 favorables, et 1 contre-proposition. Le rapport dénombre donc "92% d’observations défavorables pour 8 % de favorables".

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

4 Commentaire(s)

Sergio Foutan, Posté
Quelle belle unité agricole ! Quel espace rural remarquable ! Une terre agricole de plusieurs dizaine d'hectares n'est-elle pas d'utilité publique également ? Les choix politiques deviennent de plus en plus difficiles sur notre territoire.
Marc974, Posté
Enfin on va sortir une carrière. A bas ces gens qui bloquent nos constructions et infrastructures par des oppositions politiques et stériles. L'environnement ? Laissez nous rire. On n'est pas chez des extrémistes bobo ecolo
Zebulons02, Posté
Je pense que l'on ne doit pas arrêter le progrès, mais à condition que les enquêtes environnementales, sociales et économiques sont menées de manière indépendante et surtout rendues publiques. Est-ce le cas ???
Volcan974 I, Posté
Pourquoi une enquête publique si les gens disent non et l enquêteur oui contre 92% de non en conclusion "République Bananiere