Adieu la compagnie ? :

XL Airways : une porte de plus qui se ferme dans le ciel réunionnais


Publié / Actualisé
Plus que jamais, l'avenir de XL Airways est incertain. En redressement judiciaire depuis lundi 22 septembre, la compagnie française cherche un repreneur mais sans succès. Alors que son sort devait être fixé par le tribunal de Bobigny ce mercredi 2 octobre, une nouvelle offre de reprise vient, tel un coup de théâtre, retarder le délibéré qui ne sera finalement rendu que vendredi 4 octobre. L'offre en question vient de Gérard Houa, qui avait échoué à reprendre Aigle Azur... Celui-ci propose de reprendre la moitié seulement des 570 collaborateurs de la compagnie. Il propose aussi de supprimer plusieurs destinations... dont La Réunion. Pour les habitants de l'île intense, c'est un nouveau coup dur, alors qu'ils sont déjà suffisamment pénalisés par leur statut d'ultramarin. Car cette compagnie aérienne qui pourrait bien être liquidée restait la moins chère parmi celles qui desservent l'île. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Plus que jamais, l'avenir de XL Airways est incertain. En redressement judiciaire depuis lundi 22 septembre, la compagnie française cherche un repreneur mais sans succès. Alors que son sort devait être fixé par le tribunal de Bobigny ce mercredi 2 octobre, une nouvelle offre de reprise vient, tel un coup de théâtre, retarder le délibéré qui ne sera finalement rendu que vendredi 4 octobre. L'offre en question vient de Gérard Houa, qui avait échoué à reprendre Aigle Azur... Celui-ci propose de reprendre la moitié seulement des 570 collaborateurs de la compagnie. Il propose aussi de supprimer plusieurs destinations... dont La Réunion. Pour les habitants de l'île intense, c'est un nouveau coup dur, alors qu'ils sont déjà suffisamment pénalisés par leur statut d'ultramarin. Car cette compagnie aérienne qui pourrait bien être liquidée restait la moins chère parmi celles qui desservent l'île. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

C'est le brouillard du côté de la compagnie, pour ne pas dire le noir complet. Dernière offre de reprise, annoncée comme un boulet de canon le jour même du délibéré : celle de Gérard Houa, qui avait déjà essayé de reprendre Aigle Azur mais sans succès.

Lire aussi : XL Airways : décision repoussée au vendredi 4 octobre

Si son offre n'est pas validée par le tribunal de Bobigny ce 4 octobre, la compagnie pourrait bien être liquidée, faute d'autre offre sérieuse. Si l'offre est par contre validée, XL Airways continuera à exister, mais dans une version rabotée et La Réunion pourrait bien disparaître des destinations jusqu'ici couvertes. Idem pour les Antilles. Bref, une fois de plus, les territoires des Outre-mer sont pénalisés.

Dans un cas comme dans l'autre, liquidation ou pas, il y a de fortes chances que la compagnie ne fasse plus du tout partie du ciel réunionnais. Il faudra se passer de cette compagnie sur l'île. La moins chère, pourtant...

Et pour cause, le confort était discutable, et le service limité mais rien d'anormal quand on parle de "low cost". Des options vues au rabais dans l'appareil, mais des prix battant toute concurrence. Alors que XL Airways pouvait proposer des allers simples à 200 euros, qui prendra la relève ? Comment vont réagir les autres compagnies suite à la disparition de leur consoeur ? On peut craindre une flambée des prix…

Les voyageurs accompagnés, vraiment ?

II n'y a qu'à regarder les "tarifs spéciaux" sur les allers simples proposés par les autres compagnies pour aider les passagers de XL Airways dont le vol a été annulé… Entre 219 et 279 euros pour French Bee, 249 euros pour Corsair, 349 euros pour Air Austral et Air France… Spéciaux, vraiment, ces tarifs ? A partir de quand avons-nous commencé à considérer qu'un trajet simple à 350 euros était une faveur ?

Et pourquoi constater une différence de plus de 100 euros d'une compagnie à une autre, sur un même trajet ? Des tarifs injustifiables aux yeux des voyageurs.

Il avait été évoqué la possibilité de permuter les passagers sur d'autres vols. Manifestement cela n'a pas été possible et tout ce qu'on propose à ces voyageurs, pour la plupart bloqués à 10.000 km de chez eux, dans un sens ou dans l'autre, ce sont des billets soi-disant "moins chers".

Business is business, et les autres compagnies en prétextant une "aide" pour ces passagers, n'oublient pas pour autant que cela peut être un moyen de vendre un paquet de places de dernière minute… De quoi remplir les avions… et se remplir les poches.

Pour relier La Réunion à l'hexagone, il restera 5 compagnies : Air France, Air Austral, French Bee, Air Caraïbes et Corsair. Quand on voit que certains allers-retours en haute saison peuvent dépasser les 1.500 euros, une nouvelle flambée des prix serait catastrophique.

L'une des passagères que nous avions contactée au début de cette affaire a dû payer un aller-retour 1.244 euros, qui viennent s'ajouter aux 740 euros dépensés pour son billet chez XL Airways. Billet qui ne sera peut-être jamais remboursé.

Zéro pointé en communication

Car c'est tout le problème dans cette histoire : au-delà des difficultés financières de la compagnie et de l'incertitude qui règne quant à savoir si les billets XL Airways seront finalement remboursés ou non, c'est le cruel manque de communication qui se fait ressentir.

Le jour même de l'annonce de la compagnie, personne ne savait rien. Ni les agents des points de vente à La Réunion, ni les interlocuteurs à l'autre bout du fil sur un numéro vert pourtant mis en place spécialement pour l'occasion, ni les collaborateurs au siège.

Chez XL Airways il y a de quoi s'inquiéter bien sûr. Plus de 500 emplois sont en jeu. Mais alors que la bataille fait rage pour trouver un repreneur, personne dans la compagnie ne semble se préoccuper des passagers pénalisés par cette affaire. Des passagers qui ont investi des centaines d'euros dans des billets aujourd'hui caducs.

Le réveil des passagers

Encore une galère pour les voyageurs réunionnais. Comme beaucoup d'autres ultramarins, ils sont fatigués d'être pénalisés à cause de leur statut insulaire. Preuve en est avec cette nouvelle offre de reprise de la compagnie : pour redonner un souffle à XL Airways, trois destinations pourraient disparaître si la proposition de Gérard Houa est validée, parmi lesquelles les Antilles et La Réunion. Des destinations "déficitaires" selon lui. Les Outre-mer, il faut croire que ce n'est pas assez rentable.

Alors que pour espérer obtenir un trajet correct, sans se ruiner, c'est déjà la croix et la bannière. Sinon, il faut casser la tirelire.

Maintenant que reste-t-il ? Des billets payés pour rien, de nouveaux billets à payer pour rentrer, et la menace telle une épée de Damoclès de voir les prix s'envoler dans les mois à venir.

Certains passagers ont décidé de ne pas rester les bras croisés et c'est peut-être la seule leçon à tirer de cette triste aventure aérienne. Grâce au poids des réseaux sociaux, plusieurs d'entre eux unissent leurs forces à travers des groupes Facebook de discussion, d'entraide, de réflexion.

C'est le cas du groupe "Les volés de XL Airways" qui compte déjà plus de 1800 membres. C'était aussi le cas récemment avec la création d'un collectif "Echange sans frontières" mêlant plusieurs associatifs visant à dénoncer le monopole d'Air Austral dans la zone Océan indien et ses tarifs jugés abusifs, notamment entre La Réunion et Madagascar ou Mayotte.

Les voyageurs sont fatigués et commencent à le dire un peu plus clairement.

Cette mobilisation citoyenne fera-t-elle bouger les lignes ? Face à la toute puissance de l'aviation, difficile d'envisager une baisse drastique du prix des billets… mais on peut espérer que ce réveil des passagers ultramarins trouvera un écho au bout du tunnel.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

5 Commentaire(s)

Tangocharly pour tangocharlot, Posté
Je suis étonné par cet article! C'est du poujadisme pur jus!!! Ce pseudo journaliste a t il une idée du prix de revient d'un billet????
Et de ce qui rémunère la compagnie x ou y? Faire de la vente à perte tout le monde en est capable: résultat liquidation de la compagnie. Cela provoque une distorsion de concurrence qui fait passer les autres compagnies pour des voleurs : on voit cela tout les jours dans toutes les activités commerciales.
Laisser croire que le vrai prix du billet est à 200 euros l'aller simple me fait rire... Cher journaliste en utilisant votre propre véhicule pour faire 9000km quel va être le montant du carburant??? Je pense que vous pouvez vous attaquer au coût exorbitant des taxes d'aéroport au vu du service rendu à Gillot comme à Orly ou CDG : c'est minable (il faut comparer avec ce qui existe à l'étranger sauf à Maurice qui est du même tonneau) ... au coût des sociétés qui "contrô'lent" les bagages dont l'efficacité semble contestable etc....
Oui le prix du billet Réunion Maurice est un Vrai scandal!!!!!!! Mais un billet pour Paris à 200 eurosl'est aussi !!!
Une fois de plus se sont des passagers et les salariés de cette compagnie qui sont les victimes... les dirigeants d'XL savaient très bien où cela aller amener cette entreprise.
MÃ'véLang, Posté
Une porte qui se ferme et les autres qui s'ouvrent plus grandes.
Le Sudiste, Posté
A force de crier qu'on veut des billets moins chers et moins chers on perd des compagnies et on retournera à la situation de monopole qui faisait qu'avant on ne trouvait pas de billet à moins de 800 ou 900 ?...
Caillou, Posté
Comme dit Créole "bon marché y coûte cher "....
Noé, Posté
Le poids des taxes sur un billet AR RUN/ORY plus ou moins 360 euros, et selon l'aéroport de destination en province. Une compagnie peut offrir des billets AR à 400 euros si elle a 360 euros à payer en taxes elle ne gagne plus rien
Sur ce pointM arseille est bien moins cher que Orly mais ne concerne que cette région autour de Marignane. Mentionner dans les prix annoncés le poids des taxes serait plus juste. Demander une baisse des taxes d'aéroport (et du prix des parkings), qui eux se gavent sur le dos des passagers.
Combien prend l'Etat pour financer la direction générale de l'aviation civile ? Les écarts de prix sont en fonction de la prestation offerte (bagage soute, repas, boisons gratuites ou pas
Le low-coast a ses limites. La différence de 100 eurosest vite atteinte.
XL Airways avait déjà limité ses vols sur La Réunion avec des périodes sans vols. Il est aussi connu que XL cherche un repreneur depuis longtemps. Donc depuis au moins 2 ans, cette compagnie "bat de l'aile".
Chaque semaine il y a des promos sur les compagnies non low-coast autour de 600 euros TTC si on est pas trop à cheval sur des dates, même en haute saison.
Enfin, dans ce prix du billet, il faudrait tenir compte de la continuité territoriale, - 300eurosou - 450 euros
Dépenser 300 euros AR sur Air France ou Air Austral est possible, repas, boissons et bagage soute compris.