Les autorités sanitaires se préparent :

Dengue: qui dit retour de l'été, dit retour (en force) des moustiques


Publié / Actualisé
Après le retour des beaux jours et donc de la chaleur, les moustiques reviennent. Et avec eux les maladies notamment la dengue. L'Agence régionale de santé (ARS) et l'Etat qui mènent conjointement une lutte anti-vectorielle acharnée depuis plusieurs mois se préparent déjà à une reprise de l'épidémie, assurée pour 2020. Le tout est de limiter la propagation du virus. Mais une chose est certaine : le soleil et les fortes pluies feront revenir les moustiques, alors autant garder en tête les bons gestes. Les autorités de leur côté vont renforcer les techniques de piégeage et d'élimination des gîtes larvaires. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Après le retour des beaux jours et donc de la chaleur, les moustiques reviennent. Et avec eux les maladies notamment la dengue. L'Agence régionale de santé (ARS) et l'Etat qui mènent conjointement une lutte anti-vectorielle acharnée depuis plusieurs mois se préparent déjà à une reprise de l'épidémie, assurée pour 2020. Le tout est de limiter la propagation du virus. Mais une chose est certaine : le soleil et les fortes pluies feront revenir les moustiques, alors autant garder en tête les bons gestes. Les autorités de leur côté vont renforcer les techniques de piégeage et d'élimination des gîtes larvaires. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

L'été 2019-2020 n'y échappera pas, les moustiques vont revenir en nombre. Le docteur François Chièze, directeur Sécurité sanitaire à l'ARS nous le dit très clairement : "c'est certain que l'épidémie va repartir". Plusieurs facteurs : la chaleur, mais aussi l'humidité, engendrée par les fortes pluies qui créent de grandes zones d'eau stagnante.

Mais l'ARS est plus que préparée. Car en plus de la lutte anti-vectorielle menée l'été dernier, l'agence a maintenu une bonne partie de ses actions durant l'hiver austral. En effet si le nombre de cas relevé chaque semaine n'a plus rien à voir avec le pic connu il y a quelques mois – jusqu'à 1.600 cas en une semaine – leur nombre a stagné pendant quelques temps.

Une épidémie qui s'est maintenue pendant l'hiver

"On tourne en ce moment à 15-20 cas par semaine" explique François Chièze. "Ce nombre se maintient pour plusieurs raisons : la météo a été relativement chaude pour un hiver austral, et la circulation du virus a été entretenue par des voyageurs qui effectuaient des trajets entre La Réunion et la métropole, ou entre La Réunion et Mayotte".

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Plusieurs cas de dengue ont été détectés en métropole, jusqu'à identifier un foyer autochtone dans les Alpes-Maritimes. A Mayotte, plus de 130 cas de dengue ont été constatés depuis le début de l'année.

Ces deux dernières semaines ont affiché les mêmes chiffres, avec 14 cas de dengue par semaine à La Réunion. "Ce qui est inquiétant c'est la dispersion de ces cas" explique François Chièze. "Ce sont des cas isolés, donc on fait tout pour éviter un passage du cas isolé au foyer". Les zones touchées se répartissent en effet sur toute l'île. Rappelons qu'en deux ans, la dengue a tué 20 personnes à La Réunion dont 14 cette année.

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Une reprise évidente en 2020

"C'est certain qu'il faut s'attendre une nouvelle épidémie pour l'été 2019-2020, toutes les études le disent" explique le docteur. Ainsi les scénarios envisagés par l'ARS et par l'Institut Pasteur concordent. "Ce sont des extrapolations bien sûr, mais elles montrent bien une reprise de la dengue l'année prochaine" ajoute François Chièze.

L'épidémie pourrait même reprendre dès le mois de décembre. "Tout dépend de la météo, en fonction de l'humidité et donc de l'intensité des pluies, cela dépend aussi de la présence ou non de cyclones". Si les cyclones peuvent balayer les gîtes larvaires, ils provoquent aussi des pluies qui entraînent des zones d'eau stagnante.

La future épidémie dépendra du nombre d'immunisés

Quant à savoir si l'épidémie de dengue sera aussi conséquente que celle de cette année, cela dépendra du nombre de personnes immunisées. En effet, c'est la dengue de type 2 qui a le plus sévi à La Réunion. Ceux qui ont déjà été contaminés par le virus sont immunisés. Mais rien n'empêche d'être touché par une dengue de type 1, beaucoup moins implantée sur l'île, mais présente malgré tout. Seuls 10% des habitants auraient été touchés par le type 1.

Quatre types de dengue existent, et ce sont les types 1 et 2 que l'on retrouve à La Réunion. "Nous allons porter une attention toute particulière sur le type 1, puisque les Réunionnais sont davantage immunisés contre le type 2" explique François Chièze. D'autant plus que parmi les derniers cas relevés sur l'île, des types 1 sont présents.

"Par ailleurs des interrogations existent sur l'impact et la gravité de voir les deux types combinés" ajoute-t-il. Cela reste rare, mais possible.

Une meilleure protection contre les moustiques

L'ARS applaudit les pratiques des Réunionnais en terme de sécurité sanitaire, qui ont bien évolué. "Environ 85% de la population selon nos sondages ont maintenant une bonne connaissance de la dengue : comment le virus se transmet, comment éliminer les gîtes larvaires etc".

Un pourcentage qui pousse éventuellement à "modifier nos accroches pour la prochaine épidémie" estime le docteur, afin de renforcer la lutte contre les moustiques.

Ainsi, en plus de la partie sensibilisation, il s'agira pour l'ARS d'augmenter l'élimination des gîtes larvaires à travers un plus grand épandage de produit. "Il ne s'agit pas de l'insecticide utilisé contre les volants (qui avait fait polémique au moment de sa sortie, ndlr), mais d'un produit naturel, constitué à partir d'une bactérie qui élimine les larves".

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L'agence envisage aussi de renforce le piégeage des insectes, à travers des outils qui permettent de les capturer.

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La technique des moustiques stériles, elle, est au stade de test. "Cela mettra deux ans environ à être efficace, on parle de seulement 3.000 ou 4.000 insectes concernés pour le moment, mais c'est une bonne piste pour les années suivantes" explique le docteur.

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La lutte anti-vectorielle sera également renforcée à travers l'arrivée de 600 PEC dédiés (parcours emploi compétence), en accord avec les annonces d'Annick Girardin lors de sa dernière visite sur notre île. La ministre des Outre-mer a annoncé 1.000 PEC supplémentaires pour finir l'année, et plus de la moitié dédiée à la lutte contre la dengue.

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En attendant, le docteur François Chièze le dit : "ne délaissez pas le répulsif. Le moustique est le premier tueur dans le monde. En se protégeant, on protège aussi les autres puisque le moustique transmet le virus d'homme à homme. Pensez-y, c'est très important."

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mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com
 

   

1 Commentaire(s)

Passi974, Posté
6 mois pr tt enrayer et rien foutu