Fraude électorale à Saint-Pierre (actualisé) :

Bourrage d'urne: les deux auteurs présumés placés sous contrôle judiciaire


Publié / Actualisé
Ce vendredi 4 octobre 2019 au matin, la procureure du tribunal de Saint-Pierre a annoncé ouvrir une information judiciaire suite aux soupçons de fraude électorale pendant les élections européennes en mai 2019, dans la ville de Saint-Pierre. Dans l'après-midi, au cours d'une conférence de presse, la magistrate a expliqué que les mis en cause, tous deux employés municipaux, ont reconnu le faits "a minima". Ce que réfute l'avocat de l'un des des mis en cause. Le juge a décidé de les mettre en examen et de les placer sous contrôle judiciaire. Ils sont donc ressortis libres du tribunal (PhotoMaëva Pausé/RTL)
Ce vendredi 4 octobre 2019 au matin, la procureure du tribunal de Saint-Pierre a annoncé ouvrir une information judiciaire suite aux soupçons de fraude électorale pendant les élections européennes en mai 2019, dans la ville de Saint-Pierre. Dans l'après-midi, au cours d'une conférence de presse, la magistrate a expliqué que les mis en cause, tous deux employés municipaux, ont reconnu le faits "a minima". Ce que réfute l'avocat de l'un des des mis en cause. Le juge a décidé de les mettre en examen et de les placer sous contrôle judiciaire. Ils sont donc ressortis libres du tribunal (PhotoMaëva Pausé/RTL)

Dans cette affaire de fraude électorale présumée à Saint-Pierre, deux fonctionnaires municipaux sont mis en cause : Jean-Luc Imare et Hyacinthe Bovalo. L'un est employé d'entretien, l'autre, conducteur d'engins de chantier.

Tous deux étaient assesseurs dans l'un des bureaux saint-pierrrois au moment de l'élection européenne en mai dernier. Ils sont soupçonnés d'avoir bourré au moins une urne, la finalité : favoriser la liste "Les Républicains" de François Bellamy.

A la suite d'un "courrier dénonciateur" le parquet de Saint-Pierre avait ouvert une enquête préliminaire dans ce dossier depuis juin dernier. Le placement en garde à vue des deux hommes était programmé pour le 8 ou le 9 ocotbre prochain "mais les révélations faites dans la presse (par Médiapart - ndlr) sont venus précipiter et bousculer les choses" reconnaît le chef de la sureté département du commissariat de Saint-Pierre.

"Nous sommes clairement en présence d'un règlement politique" a estimé au micro de RTL Réunion, maître Hoareau, avocat de l'un de deux prevenus. La dénonciation est faite "à l'avant veille d'élections (les municipales - ndlr)" note-t-il avant d'ajouter : "ce dossier mérite une instrucion approfondie et l'on s'apercevra que tout cela n'est qu'un mirage qui ne repose pas sur grand chose. C'est une tentative de destabilisation, une volonté de chercher querelle"

Alors que Caroline Calbo, la procureure de Saint-Pierre, déclare que les deux hommes "ont reconnu les faits a minima", le défenseur lâche "personne n'a reconu les faits, ça arrangerait bien tout le monde, mais non, ils n'ont pas reconnu les faits"

Les deux employés communaux ont été placés sous contrôle judiciaire, ils ressortiront donc libres du tribunal mais devront répondre de leurs actes ultérieurement. Caroline Calbo, la procureure de Saint-Pierre de rappeler : "les investigations diligentées ces derniers mois me conduisent à ouvrir une information judiciaire ce jour pour les faits de modification des résultats d’un scrutin par acte frauduleux dans un bureau de vote par fonctionnaire, délit prévu par l’article L113 alinéa 2 du code électoral, et punissable d’une amende de 30 000 euros et de 2 ans d’emprisonnement". Questionnée pour savoir si le maire de Saint-Pierre, Michel Fontaine, serait entendue par les enquêteurs, la magistrat a simplement indiqué : "l'inforamtion judidiaire devrait permettre de circonscrire le périmètre de ces fraudes.

La chronologie de l'affaire

Etape 1 : les révélations de Médiapart

Pour rappel, nos confrères du site Médiapart ont révélé l'affaire dans un article publié ce mardi 1er octobre 2019. Le titre est sans équivoque "Européennes : des vidéos montrent un bourrage d'urne à La Réunion." Plus précisément à Saint-Pierre, vidéos à l'appui et après avoir recueilli plusieurs témoignages, les journalistes du site d'actualité Médiapart expliquent que des bulletins de vote auraient été échangés pour favoriser la liste de "Les Républicains" par "deux hommes proches de Michel Fontaine", l'édile de la commune du sud lors des dernières élections européennes en mai 2019.

Deux hommes sont soupçonnés d’être à la manœuvre, Jean-Luc Imare et Hyacinthe Bovalo. Selon nos confrères de Médiapart, Jean-Luc Imare aurait reconnu les faits tout en assurant qu’il ne serait pas intervenu dans d’autres bureaux de la ville. Il aurait donc admis avoir bourré une urne à nos confrères de Médiapart "c’était la première fois, ça a été certainement une erreur de ma part" aurait-il dit. Hyacinthe Bovalo, alors président du bureau au moment des faits, lui, continue de nier.

Ce qui a mis les journalistes de Médiapart sur la voie, ce sont des vidéos filmées par une femme nommée Claire dans l’article. Cette dernière, aussi assesseure ce jour-là, aurait enregistré les magouilles présumées des deux hommes. Le procédé du bourrage d'urne, un classique "les "mauvais" bulletins — ceux qui ne sont pas LR — ont ensuite été jetés dans la poubelle d’une salle annexe du bureau de vote, situé dans une école. Une vidéo montre des bulletins pliés du Rassemblement national et de La République en marche à l’intérieur de la poubelle" indiquent les auteurs de l’article.

Lire aussi : Élections européennes : des assesseurs auraient bourré les urnes à Saint-Pierre

À Saint-Pierre, le score de la liste "les Républicains" de François-Xavier Bellamy avait atteint des sommets inégalés dans l’île pour ces élections européennes 2019. Médiapart rappelle les chiffres "les Républicains décrochent la deuxième position, avec 18,37 % des votes (3 603 voix). Là où le parti plafonne à 5,97 % (10 734 voix) sur la totalité de l’île."

L’article n’est pas terminé, les journalistes affirment que des suspicions planent concernant les élections municipales de 2014 à Saint-Pierre.

Etape 2 : deux premières gardes à vue

Deux personnes ont été placées en garde à vue mercredi 2 octobre 2019 dans l'affaire supposée de bourrage d'urne pour les européennes de mai 2019 à Saint-Pierre. Dans un communiqué le parquet saint-pierrois précise qu'une enquête préliminaire avait été ouvert sur ces faits présumés dès le mois de juin.

"Début juin, suite à une plainte déposée au commissariat de Saint-Pierre, une enquête préliminaire était ouverte pour les faits de modification des résultats d’un scrutin par acte frauduleux dans un bureau de vote, délit prévu  par l’article L113 du code électoral, et punissable d’une amende de 15 000€ et  d’un an d’emprisonnement" note alors la procureure de Saint-Pierre.

L’enquête a été confiée à la brigade de sureté départementale de Saint-Pierre. "Suite aux investigations diligentées, deux personnes ont été placées en garde à vue ce jour (mercredi - nbdlr) pour les faits de modification des résultats d’un scrutin par acte frauduleux dans un bureau de vote" indique la magistrate.

Lire aussi : Bourrage d'urne supposé à Saint-Pierre : deux personnes en garde à vue

Etape 3 : Michel Fontaine réagit

Dans un communiqué publié le même jour, le maire de Saint-Pierre, Michel Fontaine, évoque des "agissements individuels et isolés" Il ajoute qu'en sa "qualité de maire", il invite "les rédacteurs de l’article à transmettre leurs éléments sans délais à l’autorité judiciaire".

Enfin il "condamne fermement des faits qui seraient susceptibles d’altérer la sincérité du scrutin" et "déplore que ces informations n’aient pas été révélées plus tôt".

Etape 4 : troisième garde à vue

Une troisième personne a été mise en garde à vue jeudi 3 octobre 2019. Les deux autres gardes à vue, elles, ont été prolongées le même jour pour les faits de modification des résultats d'un scrutin par acte frauduleux dans un bureau de vote par fonctionnaire, "délit prévu par l'article L113 alinéa 2 du code électoral, et punissable d'une amende de 30 000 euros et de 2 ans d'emprisonnement" précise le communiqué.

Lire aussi : Européennes à Saint-Pierre : une troisième personne mise en garde à vue

Etape 5 : ouverture information judiciaire

La procureure du tribunal de Saint-Pierre annonce ce vendredi 4 octobre, comme dit ci-dessus, ouvrir une information judiciaire suite aux soupçons de fraude électorale. La troisième garde à vue a été levée, les deux autres sont prolongées.

www.ipreunion.com avec RTL Réunion

   

3 Commentaire(s)

Mert, depuis son mobile, Posté
Et pourquoi pas en taule ?
Pierre, Posté
Le scandale du bourrage des urnes a Saint Pierre est inadmissible et je le condamne fermement mais si à Saint-Pierre, le score de la liste de François-Xavier Bcllamy a atteint des sommets inégalés, il est surprenant que Mediapart n'est pas été surpris par les résultats d'autres communes notamment à Saint Joseph ou Benoit HAMON, candidat soutenu par le Maire, décroche la deuxième position, avec 21,62% (2419 voix) la ou le parti plafonne à 3,69% (6630 voix) en 7ème position sur la totalité de la Réunion plus d'un tiers des votes GEN (36,50%) encore mieux que les Républicains qui eux décrochent la deuxième position, avec 18,37 %des votes (3 603 voix) là où le parti plafonne à 5,98 % (10 734 voix) et la 5ème position sur la totalité de La Réunion, plus d'un tiers des votes LR (33,56%) à La Réunion proviennent de la seule commune de Saint-Pierre.
Kayambé, Posté
Dépi boug la lÄ-- au pouvoir li exerce la méthode frauduleuse, pas besoin Mediapart i fé 13000km pou di à nou na fraudeurs mais ici lé capon i mange lo ki un nÄ-- lotte. C'est le jack pot pou bandna