Ils sont menacés d'extinction :

Des contrôles sévères pour sauver les bichiques


Publié / Actualisé
Notant que les cabots bouche-ronde, "parents" des bichiques, sont en nette diminution dans les rivières de La Réunion, le préfet rappelle la réglementation concernant la pêche de ces alevins très prisées sur les table réunionnaises et annonce que "des contrôles seront renforcés, sur la pêche et sur la vente des bichiques". Nous publions ci-dessous le communiqué de la préfecture (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Notant que les cabots bouche-ronde, "parents" des bichiques, sont en nette diminution dans les rivières de La Réunion, le préfet rappelle la réglementation concernant la pêche de ces alevins très prisées sur les table réunionnaises et annonce que "des contrôles seront renforcés, sur la pêche et sur la vente des bichiques". Nous publions ci-dessous le communiqué de la préfecture (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Ces précieux poissons ont un cycle de vie incroyable : les adultes, les cabots bouche-ronde, se reproduisent et pondent leurs œufs en rivière, sous les cailloux. Après éclosion, les larves se laissent porter par le courant jusqu’à l’océan, où elles ont besoin de passer une partie de leur vie pour s’y développer jusqu’au stade juvénile. C’est à ce stade qu’on les appelle les "bichiques". Ils se regroupent aux embouchures des rivières afin de commencer leur remontée des cours d’eau… et le cycle recommence !

Mais ces espèces sont très convoitées, en mer, aux embouchures et en rivière. Ainsi, elles disparaissent peu à peu de nos rivières. En effet, le suivi piscicole mené par l’office de l’eau met en évidence la diminution des stocks de cabots bouches rondes dans les rivières de La Réunion.

Voici un rappel de la réglementation relative à cette pêche

Seuls les professionnels titulaires d’un permis de pêche (à pied ou embarquée) sont autorisés à vendre le produit de leur pêche.
Des autorisations délivrées par le préfet sont nécessaires pour pratiquer la pêche des bichiques aux embouchures avec une vouve. Ces autorisations sont délivrées si les bénéficiaires s’engagent à pratiquer une pêche respectueuse de l’environnement et notamment en :

- utilisant des vouves en fibres naturelles de diamètre maximum 80 cm,
- excluant toute utilisation de plastiques, produits chimiques lors de la pêche,
- respectant et entretenant un chenal de 2 mètres de largeur sans pêche.

La pêche est interdite de la nouvelle lune à la pleine lune de mars. La pêche des adultes, les cabots bouche-ronde, est strictement interdite.En cas d’infraction, les peines encourues peuvent aller jusqu’à 22 500 euros d’amende et 2 ans d’emprisonnement.

Face au déclin de ces espèces et dans l’objectif d’une exploitation durable de ses stocks, les contrôles seront renforcés, sur la pêche et sur la vente des bichiques.


La réglementation est différente selon le lieu et le mode de pêche

• La pêche des bichiques en mer

La pêche professionnelle est réglementée par l’arrêté préfectoral n°1742 du 15 juillet 2008. Les pêcheurs professionnels embarqués qui utilisent un filet moustiquaire (maximum 25 m²) doivent formellement déclarer cette utilisation ainsi que le produit de leur pêche auprès de la préfecture (DMSOI).  Ils n’ont pas le droit de pêcher en face des embouchures des rivières, ni dans une zone de 100 m de part et d’autre de ces embouchures. Sous ces conditions, ils ont le droit de vendre les bichiques qu’ils ont pêchés.

• La pêche des bichiques aux embouchures

Tout pêcheur autorisé à pêcher aux embouchures doit respecter les obligations générales suivantes :

- la pêche est interdite de la nouvelle lune à la pleine lune de mars,
- les vouves doivent être constituées de fibres végétales et leur diamètre ne doit pas dépasser 80 cm,
- un canal libre –sans pêche– d’une largeur minimale de 2 m doit être entretenu pour permettre une remontée constante de bichiques dans les rivières,
- la création et l’aménagement des canaux nécessitent une autorisation spécifique et une autorisation d’occupation temporaire du domaine public ; celles-ci sont attribuées par la préfecture (DEAL).

Ensuite, selon que l’on se trouve en amont ou en aval de la limite de salure des eaux, des dispositions particulières s’imposent. L’emplacement de cette limite varie selon les rivières, et se trouve entre la côte et quelques centaines de mètres en amont. Cette limite est en cours d’actualisation et sera officialisée par un arrêté préfectoral d’ici la fin de l’année 2019.

• La pêche maritime professionnelle à pied, en dessous de la limite de salure des eaux

Elle est réglementée par l’arrêté préfectoral n°1742 du 15 juillet 2008. Elle nécessite la détention d’un permis de pêche à pied délivré par la direction de la mer sous conditions (formation qualifiante, affiliation à la MSA/CGSS). Elle nécessite potentiellement l’attribution d’une licence de pêche par le CRPMEM, conformément au Code rural et de la pêche maritime. La vente est autorisée avec note de prise.

• La pêche maritime de loisir, en dessous de la limite de salure des eaux

Elle est réglementée par l’arrêté préfectoral n°1743 du 15 juillet 2008. Toute vente est interdite.

• La pêche professionnelle, au-dessus de la limite de salure des eaux

Elle est strictement interdite et il n’est pas prévu de l’autoriser afin de préserver la ressource.

• La pêche de loisir (amateur aux engins et aux filets) au-dessus de la limite de salure des eaux

Cette pêche ne sera autorisée qu’à partir de 2020, pour les pêcheurs qui feront partie d’une association de rivière ayant obtenu une AOT et autorisation / déclaration loi sur l’eau, adhéreront à l’ADAPAEF (association départementale agréée des pêcheurs amateurs aux engins et aux filets), détiendront une licence délivrée par la préfecture, conformément au Code de l’environnement.

 

   

2 Commentaire(s)

Grand canal, Posté
Bravo!
Voilà un moyen de rappeler certaines règles et de limité l extinction des cabot bouche ronde.

Romu f/ atigué de vouloir protéger, Posté
laissez-les tout pêcher, qu'on ait enfin la paix.