"Pas de complaisance" sur la réforme des retraites :

Et si le président n'avait rien compris...


Publié / Actualisé
Décidément, Emmanuel Macron tient à faire preuve de fermeté. Ce n'est pas vraiment ce qu'attendaient les Français en général et les Réunionnais en particulier il faut bien le dire... Un an après le début du mouvement des gilets jaunes, on aurait pu attendre du chef de l'Etat qu'il mette un peu d'eau dans son vin. Surtout à La Réunion, où le mouvement de contestation fut particulièrement virulent. Mais non, le président affirme qu'il fait tout pour l'emploi, trie sur le volet ceux et celles qui peuvent l'approcher et de retour en Métropole, déclare ce lundi 28 octobre qu'il ne reculera devant rien pour faire appliquer sa réforme des retraites, aussi impopulaire soit-elle. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Décidément, Emmanuel Macron tient à faire preuve de fermeté. Ce n'est pas vraiment ce qu'attendaient les Français en général et les Réunionnais en particulier il faut bien le dire... Un an après le début du mouvement des gilets jaunes, on aurait pu attendre du chef de l'Etat qu'il mette un peu d'eau dans son vin. Surtout à La Réunion, où le mouvement de contestation fut particulièrement virulent. Mais non, le président affirme qu'il fait tout pour l'emploi, trie sur le volet ceux et celles qui peuvent l'approcher et de retour en Métropole, déclare ce lundi 28 octobre qu'il ne reculera devant rien pour faire appliquer sa réforme des retraites, aussi impopulaire soit-elle. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

On se demande parfois à quoi pense Emmanuel Macron. Le message est clair, malgré le mécontentement des foules, le président se veut intransigeant. Ce lundi 28 octobre il déclarait au micro de nos confrères métropolitains de RTL à propos de la réforme des retraites :

"Je veux aller au bout de cette réforme, je pense qu'elle est nécessaire pour le pays donc je la défendrai. Peut-être que ça me rendra impopulaire, peut-être que des gens diront 'c'est insupportable, tout ça pour ça' (…) mais je n'aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance."

"Rien ne nous fera reculer" ajoute le même jour le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, également sur RTL, et pourtant venu lui aussi sur l'île de La Réunion quelques jours plus tôt…

Pour rappel, cette réforme prévoit, entre autres, la fin des régimes spéciaux, un âge "pivot" à 64 ans et l'intégralité de la carrière prise en compte contre les six derniers mois pour les fonctionnaires et les 25 meilleures années pour les salariés.

Ecouter le peuple, c'est être faible ?

Vous l'aurez compris, écouter ce que le peuple a à dire et prendre en considération ses revendications, c'est un signe de "faiblesse". Modifier une réforme parce qu'elle se heurte à une vindicte populaire, c'est de la "complaisance". Son Grand débat sur le sujet n'a pas convaincu ? Peu importe, le président ne changera rien. Pourtant dans cette même interview au micro de RTL, il dit "entendre les protestations". Contradiction amusante.

Lire aussi : Réforme des retraites: "Je n'aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance", assure Macron

Et surtout réaction on ne peut plus étonnante pour un Président qui est resté trois jours à La Réunion, un terrain ô combien hostile à sa politique. Les mois de novembre et décembre 2018 l'ont prouvé, à travers la très forte contestation des gilets jaunes sur notre île.

Pourtant, Emmanuel Macron, plutôt que tendre l'oreille et écouter, - non pas entendre, mais vraiment écouter les revendications de la population -, s'enferme dans sa feuille de route, sans en changer une ligne.

Lire aussi : Plusieurs centaines de manifestants disent "non" à la réforme des retraites

Rien sur les retraites durant sa visite

Le sujet des retraites aura été l'énorme "page blanche" – si l'on peut dire – durant cette visite. Devant les investisseurs et à la Mission locale de Saint-Paul, le président aura parlé développement économique et emploi. A Petite île il aura parlé d'agriculture. A la télévision, il aura évoqué (presque) tout le reste : letchis dans les colis de Noël, rachat de Vindémia, billets d'avion, NRL, crise requin et même laïcité… Mais rien sur les retraites.

Ce qui ne l'a pas empêché d'être interpellé sur le sujet. Ce fut le cas aux Camélias par exemple – visite à laquelle Imaz Press Réunion n'a pas été conviée, mais à laquelle nous nous sommes invités. Une dame âgée lui expliquait alors qu'il était "très difficile" de vivre avec une retraite normale : "je suis obligée de calculer pour terminer le mois... Il faut se serrer la ceinture, ce n'est pas possible, il faut que vous jetiez un oeil sur les seniors !"

Lors de notre reportage sur la vie chère à La Réunion, nous avions rencontré une autre retraitée. A 80 ans passés, Hélène, ancienne secrétaire, ne touche que 350 euros de retraite par mois malgré ses 25 années de travail.

La crise des gilets jaunes n'a pas suffi. Les témoignages des retraités ne suffisent pas. Alors que faut-il de plus au Président ?

Emmanuel Macron se prête pourtant volontiers à l'exercice du bain de foule (choisie et filtrée) au milieu des gramoun qu'il n'hésite pas à serrer dans ses bras. Une façade, manifestement, car une fois revenu dans sa tour d'ivoire à Paris, le Président semble envoyer un douloureux tacle aux seniors.

Après trois jours passés à La Réunion, il faut croire que le chef de l'Etat n'a retenu aucun enseignement.

"Tien bo larg pa, on sera là !" a souhait Emmanuel Macron au lendemain de sa visite sur l'île. Il sera sans doute écouté et entendu... Mais peut-être pas dans le sens où il l'entendait....

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Jacques, Posté
Au vu et au lu de tous les articles concernant la visite du Président, on comprend immédiatement que vous n'avez pas apprécié avoir été mis au second plan, voir carrément plantés, ou mis à l'écart. C'était à vous de vous imposer, comme l'ont fait certains Kaniards, aux Camélias plus précisément.
(Bonjour comme précisé dans l'article, nous nous sommes imposés y compris sans être invités. Nous avons passé notre temps à tenter de contourner les gardes du corps du président. Nous vous conseillons donc de lire les articles avant de commenter. Bien cordialement - WEBMASTER)