Boeuf pays :

La filière bovine sort le grand jeu pour retrouver la confiance du consommateur


Publié / Actualisé
Les acteurs de la filière bovine viande veulent passer à la vitesse supérieure. Face à la crise de confiance des consommateurs, ils lancent une vaste opération de communication. Affiches, spot publicitaire, restaurants agréés, nouveau site et visites dans les exploitations : 70.000 euros pour essayer de réconcilier les Réunionnais avec le boeuf péi. La Sica Revia est en première ligne et souhaite faire comprendre au consommateur que la leucose bovine n'est pas dangereuse pour la consommation. La coopérative viande espère que ces renforts, conjugués au plan d'assainissement annoncé par Emmanuel Macron, permettront de sauver les éleveurs.
Les acteurs de la filière bovine viande veulent passer à la vitesse supérieure. Face à la crise de confiance des consommateurs, ils lancent une vaste opération de communication. Affiches, spot publicitaire, restaurants agréés, nouveau site et visites dans les exploitations : 70.000 euros pour essayer de réconcilier les Réunionnais avec le boeuf péi. La Sica Revia est en première ligne et souhaite faire comprendre au consommateur que la leucose bovine n'est pas dangereuse pour la consommation. La coopérative viande espère que ces renforts, conjugués au plan d'assainissement annoncé par Emmanuel Macron, permettront de sauver les éleveurs.

Voir Emmanuel Macron déguster du boeuf péi à Petite île, voilà qui a plu à Olivier Robert, éleveur et président de la Sica Revia. "Le plan zéro leucose annoncé sur 4 ans est une bonne nouvelle pour la filière" estime-t-il. "S'il faut passer par là pour rassurer le consommateur, faisons-le" ajoute Guy Coré, directeur général des abattoirs de La Réunion.

Celui-ci rappelle, en accord avec ce que la Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et des Forêts (DAAF) explique depuis le début, que la leucose ne présente aucun risque pour la santé humaine et ne fait pas mourir les vaches.

Une vaste campagne de communication

S'ajoute donc maintenant à l'annonce du plan zéro leucose de l'Etat une vaste campagne de communication "à hauteur de 70.000 euros" détaille Laure-Hélène Ribola, secrétaire générale de l'ARIBEV ARIV, interprofessionnelle animale de La Réunion. "Cela commence par une campagne d'affichage, qui va durer une semaine, avec un ton un peu décalé, également un spot télé sur le même ton."

"Ne mangez pas de boeuf pays… Savourez-le", "Le boeuf pays pas possible… d'y résister", "Le boeuf pays j'ai arrêté… de le partager" : des slogans vont donc affluer dans la rue pour attirer l'oeil du consommateur, "en reprenant les idées reçues qui font douter nos consommateurs" ajoute Laure-Hélène Ribola.

"Mais ce qui nous tient le plus à coeur c'est le site internet qu'on a déployé qui a vocation à répondre à toutes les questions qu'ils se posent." Le but est clair, et mis en avant sur le site : "arrêt'ek ladilafé", stop aux rumeurs. "On va le dire clairement, on ne savait plus quoi faire, alors avec tous ces dispositifs on espère retrouver la confiance du consommateur", ajoute Laure-Hélène Ribola.

Une volonté de transparence

A ça s'ajoutent des visites d'exploitations, prévues sans limite dans le temps. "J'ai déjà fait visiter mon exploitation à des consommateurs, cette volonté de transparence fonctionne et touche les Réunionnais" explique Olivier Robert.

Guy Coré de son côté essaie de sensibiliser les consommateurs sur l'aspect sanitaire dans les abattoirs. "Nous avons des abattoirs bovins et ruminants agréés par la communauté européenne, c'est un gage de qualité", assure-t-il. "Aucun animal malade ne rentre dans l'abattoir. Si on a le moindre doute, les vaches suivent un diagnostic poussé puis vont à l'équarrissage."

Par ailleurs il estime, concernant la leucose bovine, que cette maladie est "facile à voir" en raison des lésions présentées sur l'animal. "Les vaches mortes que vous avez vues à la télévision, elles ne meurent pas de leucose", ajoute-t-il.

Des pertes économiques graves

Le chef de cuisine du restaurant La Fabrique, qui accueillait la conférence, soutient le projet boeuf péi également. "A une époque moi aussi j'ai été tenté de ne plus servir de boeuf péi à cause de ce qu'on attend partout" explique Johan Colson, "et puis finalement quand j'en distribue dans les assiettes je vois bien que les gens n'ont rien à redire. Ils sont même contents de consommer des produits locaux."

La production locale, c'est justement l'argument déployé par la Sica Revia, au coeur de son combat. "La baisse des ventes pour les éleveurs viande a baissé de 30%, jusqu'à 50% sur certains mois particulièrement difficiles", explique Olivier Robert.

Et quand les vaches ne partent pas à l'abattoir, elles restent tout bonnement dans les prés. "Ce sont des animaux en plus que l'on doit nourrir et de la viande en moins que l'on produit", nous dit Guy Coré.

Côté production, la filière bovine s'attend à des chiffres en baisse par rapport à l'année dernière, avec une perte de 100 tonnes environ pour 2019, faisant passer le total de 1.600 à 1.500 tonnes produites.

mm / wwww.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

10 Commentaire(s)

Coup de tête, Posté
Campagne très mal conçue! Le texte principal et le petit bandeau jeu de mots??!!! Effet contraire assuré!!
Jean Michel, Posté
Une grande campagne est nécessaire pour faire changer les avis d'une certaine clientèle . Je suis restaurateur, c'est très gênant de se voir bouder les produits locaux !
The King, Posté
Merci Tom pour ton message qui rétablit la vérité. Quand à Serge, je pense que quelqu'un comme vous qui n'y connait rien ne devrait pas divulger autant de Fake news. vous n'avez jamais mangé, vous ne mangez, et ne mangerez jamais de la viande malade qui est issue des elevages à viande reunionnais. C'est IMPOSSIBLE. Je pense que serge est un vegan qui veut simplement faire peur aux autres pour qu'ils rejoignent sa cause. Ne salissez pas l'image de ceux qui se levent TOUS les jours pour faire un produit de qualité qui respectent toutes les normes...MERCI
Tom, Posté
En réponse à Serge :

En métropole tous les ans des porteurs sains sont détectés dans des troupeaux de bovins puisque la leucose n'est absolument pas éradiquée en totalité. Ces animaux seulement porteurs sains rentrent normalement dans le circuit alimentaire. En France la prévalence de la leucose est seulement en dessous du seuil de 99,8% pour l'ensemble des troupeaux de bovins . Cela veut dire qu'elle est toujours bien présente. C'est ce chiffre de 99,8% qui permet d'avoir le statut définitif par l'organisation mondiale de la santé animale de pays Â" indemne de leucose Â". Tous les ans un bilan sur la leucose est établi en France par la DGA santé animale concernant le nombre de troupeaux détectés avec des animaux séropositifs. Les troupeaux sont contrÃ'lés tous les 5 ans seulement en moyenne en France.
Serge, Posté
Un plan d'éradication sur 4 ans ce qui veut dire que l'on vas mettre 4 ans pour éliminer le cheptel malade ?

Et pendant ce temps on en fait quoi du cheptel porteur du virus de la Leucose ?

Les 4 années vont servir à vous faire manger les bêtes "porteur sains" (animale atteinte du virus de la leucose mais ne présentant pas de symptÃ'me visible) qui elles passent dans le circuit alimentaire actuellement, bref CLCV et UFC n'ont rien obtenu sauf de la poudre aux yeux.

En métropole les porteurs sains sont marqué d'un L et éliminé, pourquoi pas chez nous ?

"nou le pas plis nou le pas mwoin" apparemment si, nous l'est moins et nous l'est couillon d'accepter !

En Métropole la règle face à la Leucose bovine c'est cela :

Les exploitations infectées sont repérées par la surveillance sérologique régulière ou à

l'occasion d'un contrÃ'le à l'achat. L'exploitation est alors b[séquestrée]b.

Les animaux infectés sont identifiés par des tests individuels. Ils sont ensuite marqués par un trou

ou b[un L à l'oreille droite]b et b[doivent être abattus dans un délai maximum de 1 mois]b.

L'exploitation est ensuite désinfectée.

Tous les animaux restants doivent ultérieurement subir des contrÃ'les sérologiques

jusqu'à l'obtention d'une nouvelle qualification.

Et il leur faut 4 ans pour faire cela sachant que la détection du virus sur tout les animaux de plus de 2 ans a déjà été faites fin 2018 ???


ils veulent simplement avoir le temps de nous faire manger les bÅ"ufs malades
Awa, Posté
En Europe Leucose bovine = abattage du cheptel dans son intégralité, à la Réunion ce n'est pas dangereux.
Il est sÃ"r que les SICA (ARIBEV, SICA LAIT ...) qui sont responsables de l'importation des bêtes malades ne vont pas dire que c'est dangereux pour le consommateur.
André Béton, Posté
Les acteurs dirigeants de la filière reconnaissent enfin que la leucose est bien présente dans les élevages.
Si la leucose ne présente aucun danger pourquoi l'Europe aurait elle mis un point d'honneur à l'eradiquer, allant jusqu'à faire abattre les troupeaux ?
Je me le demande...il a fallu une initiative quasi personnelle pour produire ce document télévisuel, pour que enfin les 3 maîtres de la filière se dévoilent au grand jour.
Je ne crois pas un seul instant à une leucose inoffensive. Bon appétit à vous
Ti caf bord mer, Posté
manger du boeuf pei c est bien mais c est encore chère pour le porte monnaie du consommateur surtout quand on est une famille nombreuse on préfère le congelé vous comprendrez pourquoi vie chère
Reine, Posté
Je suis une consommatrice de la viande de boeuf produite localement. J'ai été choquée d'entendre, dans la publicité à la télévision, tous les aspects négatifs mis en avant sur le boeuf pays. Je pense que ce n'est pas comme cela que le réunionnais sera motivé à consommer la viande locale. Voila c'est mon avis personnel.
Gerard menvusa, Posté
Mais oui avec l accord de la DAAF !, rien que sa, faites feja partir les 3 premiers noms de la daaf qui sont trop longtemps sous le soleil. Ils sont responsables de cette situation, pauvre eleveur je vous comprend, mais votre boeufs ne sera plus sur ma table.