Le moukatage peut facilement dériver :

Un enfant sur huit victime de harcèlement scolaire à La Réunion


Publié / Actualisé
Selon les chiffres publiés du ministère de l'Education nationale (en 2015), 1 enfant sur 8 est victime de harcèlement scolaire à La Réunion, contre 1 sur 10 au niveau national. Les élèves en école primaire sont les plus touchés par ce phénomène, certains de manière très sévère. Le moukatage peut facilement dériver de la simple blague au harcèlement. Certaines associations comme APS (association prévention suicide) agissent au quotidien à ce sujet, à la fois pour pousser les élèves à en parler et briser ce tabou, mais aussi mieux définir le harcèlement dans les écoles, afin d'accentuer la prise de conscience chez les jeunes. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Selon les chiffres publiés du ministère de l'Education nationale (en 2015), 1 enfant sur 8 est victime de harcèlement scolaire à La Réunion, contre 1 sur 10 au niveau national. Les élèves en école primaire sont les plus touchés par ce phénomène, certains de manière très sévère. Le moukatage peut facilement dériver de la simple blague au harcèlement. Certaines associations comme APS (association prévention suicide) agissent au quotidien à ce sujet, à la fois pour pousser les élèves à en parler et briser ce tabou, mais aussi mieux définir le harcèlement dans les écoles, afin d'accentuer la prise de conscience chez les jeunes. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Apparence physique, genre, handicap ou simplement centres d'intérêts différents… Les raisons sont multiples. A La Réunion, les enfants sont davantage concernés par le harcèlement scolaire, on estime selon les derniers chiffres de l'Education nationale qu'un élève sur huit est concerné. Des chiffres plus élevés qu'au niveau national.

"Cette différence pourrait s'expliquer par le regain de violence que l'on trouve en général à La Réunion" explique Danon Lutchmee Odayen, présidente de l'Association Prévention suicide (APS) à La Réunion. "Il y a plus de violences conjugales, plus de violences intrafamiliales… et plus de harcèlement scolaire, c'est un tout."

L'association intervient régulièrement dans les classes pour sensibiliser les élèves. "Ils n'ont pas toujours conscience que certaines blagues peuvent s'apparenter à du harcèlement", ajoute Danon Lutchmee Odayen. "Pour eux, moukater ou dire "t'es gros", "t'es moche" c'est drôle, mais ils n'assimilent pas ça à du harcèlement."

Elle cite notamment le témoignage d'une collégienne qui était venue lui parler pour expliquer que ses camarades de classe passaient leur temps à se moquer de ses taches de rousseur. "A cet âge, il faut faire d'autant plus attention car on est plus sensible. Et des petits mots peuvent se transformer en gros mots."

L'école primaire et le collège plus durs que le lycée

L'Education nationale indique, sur l'ensemble de la France, que 12% des élèves d'école primaire sont victimes de harcèlement scolaire dont 5% "de manière très sévère", 10% au collège et 5% au lycée.

Danon Lutchmee Odayen a pu l'observer sur le terrain. "Plus on est jeune plus on mouktate. Au collège notamment, on est encore entre l'enfance et l'adolescence, c'est un âge difficile."

Ce que les membres de l'association expliquent, quand ils passent dans les classes, c'est que le mal-être peut entraîner une cause bien plus grande et parfois pousser à l'irréparable. "Subir des discriminations, être un bouc-émissaire… ce ne sont pas des choses anodines. Injures, insultes, critiques… les mots blessent."

Une lutte qui doit prendre de l'ampleur

En 2014, le Département a mis plusieurs mesures en place pour lutter contre le harcèlement scolaire. Ainsi le "Passeport Educatif du Collégien (PEC)" intègre des ateliers individualisés pour aider l'élève à se développer et s'épanouir à l'école. L'occasion éventuellement de parler en cas de mal-être. Le Département participe également au financement d'associations citoyennes qui vont dans ce sens, et essaie d'intégrer les collégiens "dans les événements importants du calendrier sportif, artistique ou culturel, mais aussi de l’actualité".

Mais depuis 2014, il faut faire bouger les choses à nouveau, estime Danon Lutchmee Odayen. "Nous les associations nous sommes une petite goutte d'eau dans l'océan. Il faudrait étendre cette action à une plus grande échelle", estime-t-elle. "Le plus gros problème du harcèlement scolaire, c'est qu'il est encore considéré comme tabou. En le rendant davantage visible, on pourra avancer."

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !