10 jours de mission dans les fonds marins :

Les explorateurs de La Pérouse dévoilent leurs découvertes


Publié / Actualisé
Ce vendredi 8 novembre 2019, l'équipe scientifique partie explorer le Mont La Pérouse a donné un premier bilan de ses 10 jours de mission. Celle-ci a commencé le 26 octobre pour se terminer le 6 novembre. Laurent Ballesta et ses acolytes sont partis observer et photographier pour la toute première fois ce volcan sous-marin, peu connu, situé à 178 km de La Réunion et visible à plus de 120 mètres de profondeur. C'est devant un amphithéâtre complet que les scientifiques ont dévoilé, en images, leurs découvertes.
Ce vendredi 8 novembre 2019, l'équipe scientifique partie explorer le Mont La Pérouse a donné un premier bilan de ses 10 jours de mission. Celle-ci a commencé le 26 octobre pour se terminer le 6 novembre. Laurent Ballesta et ses acolytes sont partis observer et photographier pour la toute première fois ce volcan sous-marin, peu connu, situé à 178 km de La Réunion et visible à plus de 120 mètres de profondeur. C'est devant un amphithéâtre complet que les scientifiques ont dévoilé, en images, leurs découvertes.

Le grand amphithéâtre de l'Université de La Réunion affichait salle comble ce vendredi 8 novembre. Plus de 500 personnes réunies pour découvrir les premiers clichés de Laurent Ballesta et de son équipe, partis découvrir le Mont La Pérouse. Hasard du calendrier, la conférence s'est tenue à quelques heures du top départ de la Fête de la science.

"Un Mont Blanc sous-marin"

"C'est un Mont Blanc sous-marin" explique Laurent Ballesta. Pas moins de 5.000 mètres de hauteur ensevelis sous l'eau, avec un sommet que l'on ne peut atteindre qu'à 120 mètres de profondeur et qui fait 10 km de large.

A ce même sommet, c'est tout un enchevêtrement de reliefs et de roche corallienne qui attendait les explorateurs. "Nous sommes allés jusqu'à 140 mètres de profondeur, tout autour du sommet" explique Laurent Ballesta. En tout, 9 plongées de plusieurs heures à chaque fois, ne serait-ce que pour respecter les traditionnels paliers de décompression, obligatoires en remontée.

De nombreuses espèces inconnues

Les scientifiques ont découvert de nombreuses espèces inconnues. Il s'agit désormais de dresser un inventaire de toutes ces bêtes des fonds marins, qui n'ont pas encore de nom. "On les nommait entre nous, souvent en fonction de leur forme : les 'éponges massues' par exemple, les 'coraux fil de fer'" explique Laurent Ballesta.

D'autres ont été observées, réputées pourtant pour être particulièrement rares, parfois même disparues dans les eaux profondes de l'Océan indien. C'est le cas de certains mérous, ou labres que l'on ne voit que très rarement. Laurent Ballesta se dit particulièrement marqué par l'observation d'une "grosse raie torpille marbrée".

"Nous avons même vu passer au-dessus de nos têtes tout un banc de requins marteaux" raconte le plongeur. Un spectacle impressionnant, alors que l'équipe s'autorisait une plongée de nuit.

"Ne pas montrer, c'est condamner"

Laurent Ballesta espère bien que cette expédition donnera des idées aux explorateurs en herbe. "On dit qu'il ne faut pas envahir les espaces vierges comme ceux-ci pour les protéger, mais moi je dis : allez-y ! Allez découvrir les fonds marins, ces oasis cachés dans l'océan. Ne pas les montrer c'est les condamner. Moi j'aime montrer ce qu'il y a sous la mer."

Cette expédition ne s'arrêtera pas à une conférence. En plus de l'inventaire prévu pour répertorier les espèces découvertes, la mission La Pérouse donnera évidemment naissance à un rapport scientifique, auquel s'ajoutera éventuellement plusieurs publications.

Seront également préparés deux documentaires, un premier de 13 minutes diffusé à l'Aquarium de Saint-Gilles – l'un des partenaires de l'expédition – et le second, plus long, qui sera diffusé sur Arte dans quelques mois. L'équipe aimerait également organiser une exposition prochainement, et publier un livret photo.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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