Saint-Pierre (actualisé) :

Conseil régional : perquisitions à la Direction des bâtiments et de l'architecture


Publié / Actualisé
Des perquisitions ont été menées dans les locaux du conseil régional à Saint-Pierre et à Saint-Denis ce jeudi matin 14 novembre 2019. Les investigations menées par les gendarmes ont principalement visé la Direction des bâtiments et de l'architecture. Selon nos informations, les enquêteurs en civil ont auditionné un certain nombre de personnes avant de repartir avec des documents saisis. Dans un communiqué transmis en fin d'après-midi à la presse (à l'exception d'Imaz Press), le conseil régional affirme être à l'origine de ces investigations. La collectivité aurait transmis à la justice des éléments concernant concernant "une suspicion de procédures irrégulières liées aux marchés des établissements scolaires" (Photo rb/www.ipreunion.com)
Des perquisitions ont été menées dans les locaux du conseil régional à Saint-Pierre et à Saint-Denis ce jeudi matin 14 novembre 2019. Les investigations menées par les gendarmes ont principalement visé la Direction des bâtiments et de l'architecture. Selon nos informations, les enquêteurs en civil ont auditionné un certain nombre de personnes avant de repartir avec des documents saisis. Dans un communiqué transmis en fin d'après-midi à la presse (à l'exception d'Imaz Press), le conseil régional affirme être à l'origine de ces investigations. La collectivité aurait transmis à la justice des éléments concernant concernant "une suspicion de procédures irrégulières liées aux marchés des établissements scolaires" (Photo rb/www.ipreunion.com)

"Le conseil régional tient à apporter des précisions suite aux opérations menées par les services de justice ce matin dans des services de la collectivité" commence le communiqué. "En juin dernier, la Région Réunion a diligenté une enquête interne concernant une suspicion de procédures irrégulières liées aux marchés des établissements scolaires" détaille la Région

"Le résultat de cette enquête a été transmis au Procureur de la République, il y a plusieurs semaines" dit encore le conseil, régional avant d'affirmer "les perquisitions menées ce jour sont liées à cette transmission d’éléments. Une enquête est ouverte et la collectivité continue à collaborer afin de clarifier le dossier dans les meilleurs délais"

A ce stade le parquet n'a pas souhaité donner de précisions sur ces investigations.

Même s'il était avéré que la collectivité régionale soit à l'origine de ces perquisitions, ce nouveau dossier s'ajoute aux autres enquêtes préliminaires qui concernent la Région.

En effet, plusieurs enquêtes préliminaires concernent déjà le conseil régional et son président Didier Robert

• Le 26 juin 2019, Imaz Press révèle qu'une procédure judiciaire est en cours, cette fois-ci concernant le dossier des emplois au Cabinet. Elle a été enclenchée il y a quelques mois maintenant et confiée aux gendarmes de la section de recherches, au même titre que les trois enquêtes préliminaires mettant en cause le président de Région.

Les noms des 166 personnes supposées occuper un emploi de"conseillers techniques" et "d’experts" à la Région avaient été publiés sur une plateforme en ligne en juin 2017. Selon cette publication, toutes ces personnes étaient employées en tant qu’agents du "Cabinet", du "service communication" et du "service protocole". Certaines d’entre elles occupaient des postes de "conseillers techniques".

Si la plateforme disait vrai, le chiffre de 166 employés ferait du Cabinet dépendances et apparentés de l’époque le plus important - par la taille -, qui ait jamais existé au sein de la collectivité régionale. Interrogé par Imaz Press à l'époque, la Région avait laconiquement indiqué disposer de "6 collaborateurs de Cabinet conformément à l’article 12 du décret n°87-1004 du 16 décembre 1987".

Lire aussi : Région Réunion - Le Cabinet, dépendances et apparentés compteraient 166 membres

La justice a préféré vérifier par elle-même, d’où l’ouverture de cette procédure. Des personnes auraient déjà auditionnées dans ce cadre par les enquêteurs.

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• Le 10 avril 2019, la Haute autorité de la transparence de la vie publique (HATVP) accuse le président de Région d’avoir " omis de (de déclarer) une partie substantielle de (vos) revenus." L’autorité d’ajouter "au regard des différents éléments dont elle a connaissance, (…) il existe en l'état un doute sérieux quant à l'exhaustivité, l'exactitude et la sincérité de (vos) déclarations (d’intérêts)". L'institution indépendante "a jugé nécessaire de porter ces faits, susceptibles de constituer des infractions pénales, à la connaissance du procureur de la République de Saint-Denis de La Réunion et lui a transmis l'ensemble du dossier", poursuit la HATVP.

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• Le 8 novembre 2018, Imaz Press révélait le salaire que touchait Didier Robert pour le poste de directeur général de la SPL Réunion des musées régionaux : 6 800 euros nets par mois. Une somme que le président de Région s’était vu octroyé par le conseil d’administration de la société publique locale.

Alors qu’un an plus tôt, les salariés des musées régionaux s’étaient mis en grève pour, notamment, demander la revalorisation de leurs salaires et avaient été éconduits, Didier Robert, lui, par un vote à main levée du conseil d’administration s’était vu fixé puis accordé un salaire net de 6 800 euros, une augmentation de 52% par rapport à son prédécesseur.

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Cette révélation d’Imaz Press était intervenue quelques jours avant le 17 novembre 2018, début du mouvement des Gilets jaunes. Lesquels, en lutte contre les injustices, n'avaient pas apprécié que ce même président de Région qui comptait augmenter les taxes sur le carburant touchait un revenu en tant que directeur général des musées régionaux. Le "rends l’argent Didier" était sur beaucoup de lèvres et pas mal de pancartes. C’était d’ailleurs devenu l’une des revendications de la colère jaune : plus de transparence de la part des élus.

Didier Robert annonçait alors l'abandon de l’augmentation des taxes sur le carburant sur une période de trois ans. Le 30 novembre 2018, interrogé à la préfecture par Imaz Press, le président de Région déclairt qu'il démissionnait de son poste de directeur général de la SPL des musées régionaux, prononçant son, désormais mythique "un homme, un mandat, une fonction".

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Une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics avait été ouverte il y a quelques mois plus tard pour détournement de fonds publics et de recel de détournement de fonds publics.

Dans ce cadre, le 24 septembre 2019 , Didier Robert était entendu par les gendarmes à la caserne Vérines . Il a été entendu en audition libre pendant plus de sept heures.

Lire aussi : Affaire des musées régionaux : Didier Robert a quitté la gendarmerie après sept heures d'audition

Cette audition marquerait la fin de l'enquête préliminaire. Il revient maintenant au procureur de Saint-Denis de décider des suites à donner à l'affaire. Il peut renvoyer le dossier devant le tribunal correctionnel. Il peut aussi le classer sans suite pour différents motifs, par exemple le remboursement par le président de Région des salaires que la Chambre régionale des comptes estime indûment perçus.

Impliqué dans des faits supposés d'escroquerie, abus de biens sociaux, faux et usage de faux dans l'affaire des "loyers marrons", Ibrahim Patel, président de la Chambre de commerce et d'industrie et 7ème vice-préident de la Région, avait fini par payer les sommes dont il était redevable.  L'affaire avait été classée au civil, mais elle avait poursuivi son cours au pénal. Le 15 mars 2019, Ibrahim Patel avait été condamné à huit mois de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité par le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Il a fait appel

Lire aussi : Ibrahim Patel condamné à huit mois de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité

• En octobre 2015, une quinzaine de perquisitions avaient été menées au domicile de Didier Robert et de ses proches dans le cadre d'une enquête préliminaire pour corruption ouverte par le parquet national financier. Dans cette affaire portant sur l'attribution des marchés de la nouvelle route du littoral, un conseiller régional avait aussi été mis en garde à vue.

Lire aussi : Enquête sur la NRL : une quinzaine de perquisitions menées, notamment à la Région et chez Didier Robert

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www.ipreunion.com

   

5 Commentaire(s)

Babouk loswoir, Posté
Bien drôle ce communiqué du jour émanant de l'institution publique territoriale...
RIPOSTE974, Posté
En attendant K'bri i manz salade verte .

"Je vous ai lu ce matin d'un derrière amusé". Georges CLEMENCEAU
Zan rené, Posté
Est ce la malédiction des crocodiles & zébus By Mada ? Ou les cascades ? Viendez viendez aux municipales ! T'a gagne un lecon supplémentaire. Très bel article IMAZ PRESS , justesse et précision appréciée par vos lecteurs fidèles
Vanda, Posté
SOFÈR i fé le tour du monde ek quelle pognon? Cherche poukoi lu la disparaître IMAZ PRESS
Vrai, Posté
Yessss!!!!