Sondage Imaz Press :

Koz azot : alcool au volant, faut-il une tolérance zéro ?


Publié / Actualisé
Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Didier Guillaume a plaidé pour la tolérance zero concernant l'alcool au volant ce dimanche 17 novembre 2019, interrogé dans le cadre du Grand Jury RTL - Le Figaro - TF1/LCI. Niet, ont répondu les services du Premier ministre ce lundi 18 novembre, indiquant que cette proposition "n'a pas été retenue et elle n'est pas envisagée par le gouvernement". Un des arguments invoqués, les effets positifs sur l'accidentalité seraient très limités, les accidents mortels liés au taux contraventionnel ne représentant "que" 12% de cas. 12% de trop ? Pas pour le gouvernement. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Didier Guillaume a plaidé pour la tolérance zero concernant l'alcool au volant ce dimanche 17 novembre 2019, interrogé dans le cadre du Grand Jury RTL - Le Figaro - TF1/LCI. Niet, ont répondu les services du Premier ministre ce lundi 18 novembre, indiquant que cette proposition "n'a pas été retenue et elle n'est pas envisagée par le gouvernement". Un des arguments invoqués, les effets positifs sur l'accidentalité seraient très limités, les accidents mortels liés au taux contraventionnel ne représentant "que" 12% de cas. 12% de trop ? Pas pour le gouvernement. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"Je pense que lorsqu’on conduit, on ne doit pas boire", a déclaré le ministre qui prône la tolérance zéro. "Je pense qu’on peut faire la fête et qu’on peut boire des coups, et boire du vin français, des vins d’excellence. Je pense que c’est très bon, mais lorsqu’on boit, on ne conduit pas", a-t-il aussi ajouté.

Cette proposition n’est pas nouvelle. Elle avait d’ailleurs fait l’objet de débats lors du Conseil interministériel de la sécurité routière de janvier dernier. Plusieurs acteurs de la sécurité routière plaident également pour l’interdiction totale de l’alcool au volant.

Le Premier ministre a tranché ce lundi 18 novembre. "La proposition visant à abaisser le taux d’alcoolémie légal à zéro n’a pas été retenue et elle n’est pas envisagée par le gouvernement", explique Matignon, évoquant les effets positifs "très limités" d’une telle mesure. Les services du Premier ministre rappellent en effet que "les 2/3 des accidents mortels liés à l’alcool se produisent avec des conducteurs dont l’alcoolémie dépasse le triple du seuil légal (soit 1,5 g/l) et les taux contraventionnels compris entre 0,5 g/l et 0,79 g/l ne sont constatés que dans 12% des accidents mortels liés à l’alcool".

Par ailleurs, Matignon affirme que cette mesure ne serait "pas réaliste" car "elle emporterait d’importantes conséquences sur les contrôles par les forces de l’ordre comme sur le quotidien de nos concitoyens, et pourrait être contredite par la possibilité d’un seuil résiduel d’alcoolémie chez des conducteurs qui n’ont pas bu de verre d’alcool".

Si l’argument est crédible, peut-on pour autant minimiser les 12% d’accidents mortels liés à un taux contraventionnel pour justifier cette tolérance ?

Il y a 12 ans, lorsque l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés a été mise en place, il s’agissait d’une part de réduire la consommation de tabac, et d’autre part, de réduire le tabagisme passif. Pourtant, le tabagisme passif représente moins de 10% des décès liés au tabac (3 000 à 5 000 morts par an selon le Ministère de la Santé, sur un total de 70 000 morts liés au tabac). Cela n’a pas empêché le vote et la promulgation de cette loi d’utilité publique dont la pertinence est reconnue par 65% des Français selon un sondage de 2017.

Si l’impact sur la consommation et les décès liés au tabac est très limité, les chiffres restant stables chaque année, reconnaissons que cette loi aura au moins rendu l’air plus respirable dans les lieux frappés par l’interdiction.

Et si la tolérance zéro en matière d’alcool au volant permettait de rendre les routes plus fréquentables ? Pas pour Jehanne Collard, avocate spécialisée dans la défense des victimes d’accidents de la route qui estime que "le taux zéro ne rendra pas les routes plus sûres. Mieux vaudrait faire appliquer la loi actuelle avant de songer à la durcir", déclare-t-elle dans un communiqué.

"Les Français n’ont toujours pas conscience du risque mortel de l’alcool ou de l’alcool au volant Et une politique de sécurité routière qui n’est pas comprise, intériorisée, risque fort d’être rejetée. Il faut multiplier les campagnes de prévention. Il faut diffuser les images choc de ces corps mutilés, de ces vies brisées par les automobilistes éméchés ou défoncés. Il faut parvenir à un rejet massif de cette barbarie routière par l’opinion. Ce n’est qu’ainsi qu’on gagnera le combat", explique l’avocate.

Comme chaque semaine, donnez-nous votre avis dans notre sondage "koz azot" du mercredi : "Alcool au volant, faut-il une tolérance zéro ?" Retrouvez la question du jour sur les pages Facebook et Twitter d'Imaz Press Réunion.

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Jacques, Posté
La majorité paie pour quelques abrutis, et en plus, en quoi ça va empêcher des irresponsables de picoler, et de conduire...
On supprime le permis, ils rouent sans
Ils n'ont pas le contrÃ'le technique, ils roulent quand même
Ils ne sont pas assurés, ils roulent aussi
Arrêtez de prendre des mesures collectives à cause de quelques décérébrés, enfermez-les plutÃ't, il n'y a que comme ça que vous sauverez des vies.
Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Tolérance zéro , c est même pas un verre de vin quand on passe un moment au resto !
Pourquoi aller au resto alors ? (Déjà qui on s y rend peu !!!!!)
Si on commençait par arranger les routes remplies de trous et aux bas cotés en escalier , non ???
N importe quoi