Cirque Zavatta (actualisé) :

Menacés d'extinction, des fauves réduits à faire le show à La Réunion


Publié / Actualisé
Depuis plusieurs semaines déjà, le cirque Zavatta fait le tour de La Réunion pour présenter au public ses plus beaux numéros... et ses fauves hors du commun. Hors du commun, ils le sont, pour sûr, puisque le tigre du Bengale et le lion blanc, têtes d'affiche, sont deux espèces menacées. Ce qui n'empêche Franck Zavatta et sa troupe de faire le show sous le chapiteau plusieurs fois par jour en ce moment même à Saint-Denis, jusqu'au 22 décembre. Les communes ont leur part de responsabilité, preuve en est avec la ville de Paris qui a décidé d'en finir avec les animaux dans les cirques. Le chef-lieu de La Réunion commence à y penser. Un cadre légal devrait être défini d'ici peu afin d'interdire l'exploitation des animaux menacés ou en voie de disparition.
Depuis plusieurs semaines déjà, le cirque Zavatta fait le tour de La Réunion pour présenter au public ses plus beaux numéros... et ses fauves hors du commun. Hors du commun, ils le sont, pour sûr, puisque le tigre du Bengale et le lion blanc, têtes d'affiche, sont deux espèces menacées. Ce qui n'empêche Franck Zavatta et sa troupe de faire le show sous le chapiteau plusieurs fois par jour en ce moment même à Saint-Denis, jusqu'au 22 décembre. Les communes ont leur part de responsabilité, preuve en est avec la ville de Paris qui a décidé d'en finir avec les animaux dans les cirques. Le chef-lieu de La Réunion commence à y penser. Un cadre légal devrait être défini d'ici peu afin d'interdire l'exploitation des animaux menacés ou en voie de disparition.

"En exclu : le lion blanc et les tigres du Bengale", "une représentation époustouflante"… Les affiches du Cirque Zavatta affluent à La Réunion depuis quelques mois, et les messages au mégaphone à bord de la camionnette du cirque ne cessent d'emplir les rues de Saint-Denis depuis l'installation du chapiteau à Champ Fleuri.

Le spectacle y est présenté 4 jours par semaine depuis le 16 novembre et ce jusqu'au 22 décembre avant de partir pour Mayotte. Avant c'était Saint-Joseph, encore avant Bras-Panon, Saint-Louis, Saint-André… le cirque a fait le tour de l'île. Et dans ses camions, des animaux sauvages.

"Des animaux domestiqués"

"Pas sauvages", martèle Franck Zavatta, à la tête du cirque éponyme. "Ces animaux sont domestiqués depuis des générations, ils sont nés en captivité, ce ne sont donc plus des animaux sauvages", affirme-t-il, sûr de lui.

Ce n'est pourtant pas l'aspect choisi sur les grandes affiches aux couleurs criardes sur lesquelles le lion blanc et le tigre de Bengale, stars du cirque, affichent un air féroce, dangereux, crocs en avant. Le spectacle doit continuer, comme on dit. 

Lire aussi : L'association Milit'activ' réclame des cirques sans animaux

Le mouvement Milit'Activ 974 a manifesté à plusieurs reprises pour tenter de faire interdire l'exploitation d'animaux sauvages dans les cirques. Mais Franck Zavatta n'en peut plus d'entendre les associations de protection animale lui marteler que faire sauter des tigres dans des cerceaux c'est de la maltraitance. Ça suffit à la fin ! "Non on ne les frappe pas, on les entraîne avec de la nourriture et beaucoup de patience."

Deux espèces menacées

Et puis bon le gérant du cirque estime que faire des numéros avec des fauves, ce n'est pas pire qu'avoir "des chevaux dans un enclos, un chien dans un appartement ou un poisson rouge dans un bocal". A la rédaction d'Imaz Press, on médite encore sur la pertinence de cette comparaison…

Un petit tour sur WWF suffit pour s'apercevoir que le tigre de Bengale voit sa population chuter drastiquement. Il y a 100 ans on en trouvait partout en Inde. Aujourd'hui il ne reste que 2.500 individus environ dans le monde. Dont 2 qui amusent la galerie sous un chapiteau à La Réunion. Son statut officiel ? "Espèce en danger".

Le lion blanc, lui, est carrément "menacé d'extinction". De nombreux militants luttent d'ailleurs pour que le fauve soit considéré comme un animal en voie de disparition. Encore aujourd'hui le lion blanc se vend très cher entre braconniers collectionneurs.

"Protéger" des animaux… en cage

Franck Zavatta se dit totalement alerte sur la situation. "Ces animaux disparaîtront si on n'essaie pas de les protéger". Et bien sûr en plaçant ces bêtes sauvages/plus sauvages dans des cirques, on les protège. "On a des certificats de capacité délivrés par le ministère de l'Environnement pour être nous-mêmes soigneurs. Les fauves mangent minimum 4 kilos de viande par jour" assure le gérant.

"On est de toute façon obligés de prendre soin de nos animaux, on ne va pas présenter des bêtes en sale état ou amaigries." Ce n'est pas l'argument premier qui nous serait venu à l'esprit, mais soit...

On pourrait aussi lutter contre la déforestation, contre le braconnage, ouvrir des centres de soin, responsabiliser les gouvernements sur la protection animale… plutôt que laisser ces animaux en cage.

Le divertissement, ce n'est pas un argument

Franck Zavatta affirme fièrement que ses fauves "sortent tous les jours" et bénéficient d'un "espace détente". Mais le reste du temps, les bêtes sont enfermées derrière des barreaux, avant d'être libérées une heure pour divertir l'être humain.

Le public se presse toujours nombreux au portillon et sa première question, selon le gérant du cirque, c'est : "quels animaux avez-vous ?" La population a toujours eu soif de divertissement, est-ce une raison pour continuer ? On en serait encore à organiser des tournois de gladiateurs dans les arènes à ce rythme…

C'est bien ce qui justifie l'arrivée d'un lion blanc. "C'est beau, c'est rare", affirme Franck Zavatta, "les gens ont besoin de voir des choses qu'ils n'ont pas l'habitude de voir".

D'ailleurs, ceux qui sont contre les animaux dans les cirques, c'est un débat sans fin pour le gérant. "C'est comme un film : il y a certains à qui ça n'a pas plus." Mais non la protection animale, ce n'est pas juste une affaire de séance de cinéma décevante. Encore moins quand il s'agit d'espèces menacées.

Saint-Denis envisage une interdiction

La mairie de Saint-Denis affirme que "la question s'est déjà posée" lorsque le cirque Zavatta a voulu installer ses costumes et ses cages à Champ Fleuri. La commune savait qu'il y avait des animaux, mais n'était pas au courant que la compagnie arrivait avec des bêtes menacées.

La mairie informe aujourd'hui qu'il va "falloir déterminer un cadre légal". Ainsi lors d'un prochain conseil municipal, "la question sera examinée et un cadre sera défini pour interdire sur l'ensemble du territoire de Saint-Denis l'implantation de cirques ou autres établissements exploitant des animaux menacés ou en voie de disparition".

Pour Franck Zavatta bien évidemment c'est regrettable : "interdire les choses est devenu quelque chose de très classique aujourd'hui". Il ne cache pas qu'il sera difficile pour lui de suivre la règle mais le cirque Zavatta "sera peut-être un jour sans animaux".

Une petite révolution qui suit les pas de Paris, qui a acté mi-novembre la fin des animaux dans les cirques. La ville de Saint-Denis, elle, en est aux souhaits, reste la réalisation. "On espère que les autres communes vont réfléchir à la question" ajoute la mairie. On espère aussi.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

ACSP-REUNION ACPEGES, Posté
"Le divertissement, ce n'est pas un argument" dixit cet article IPR ..
Pourtant, l'Etat (la DEAL locale), le conseil départemental de la Réunion, l'ONF ont cautionné le projet de zoo "bioparc" avec privatisation de 8,5ha de forêt publique d'Etang-Salé !
Reconstituer une prison d'animaux à but lucratif avec introduction de la fauconnerie à La Réunion ... "nout tradition" ?
Des autorités locales soit arriérées, soit qui privilégient la privatisation de la Nature à but lucratif.
Vous remarquerez que les subventionnés ne bougent pas ..
A nous toutes et tous de boycotter ces structures.
Irène, Posté
J'aimerais valoriser le Cirque de la Réunion (FB)!! C'est quand même "Zot la fé !!!"
Joseph, Posté
Bientôt, il n'y aura plus que dans les Zoo et les Cirque qu'on pourra admirer certains animaux "sauvages".
La nature a trop été envahie par l'homme, qui détruit tout. C'est paradoxal, mais les espèces survivantes le restent encore, grâce à leur attrait financier.