Lutte contre l'alcoolisme :

La vente d'alcool à emporter interdite à partir du 1er janvier


Publié / Actualisé
La préfecture présente un nouveau cadre réglementaire en ce qui concerne la vente d'alcool ce mercredi 18 décembre 2019. Ce plan se traduit par la refonte de l'arrêté départemental relatif à la police des débits de boissons. Trois mesures-phrases sont à souligner : l'interdiction de la vente d'alcool à emporter entre 21h et 6h du matin, la mise en place d'une charte de prévention pour les débitants de boissons, et l'interdiction de boire à moins de 100 mètres de certains établissements.
La préfecture présente un nouveau cadre réglementaire en ce qui concerne la vente d'alcool ce mercredi 18 décembre 2019. Ce plan se traduit par la refonte de l'arrêté départemental relatif à la police des débits de boissons. Trois mesures-phrases sont à souligner : l'interdiction de la vente d'alcool à emporter entre 21h et 6h du matin, la mise en place d'une charte de prévention pour les débitants de boissons, et l'interdiction de boire à moins de 100 mètres de certains établissements.

Les pouvoirs publics ont tenu à rappeler les fléaux de l'alcool à La Réunion, alors que notre département est touché par deux fois plus de décès liés à l'alcool qu'au niveau national. De plus, 35% des accidents mortels impliquent un conducteur dont le taux d'alcool est supérieur à la réglementation en vigueur.

La législation sur l'alcool se renforce donc à partir du 1er janvier. Trois mesures phares qui s'inscrivent dans la lutte contre l'alcoolisme mise en place par la préfecture.

1) Une nouvelle interdiction de la vente à emporter de toutes les boissons alcooliques, entre 21 h et 06 h dans le département.

2) La création d'une démarche partenariale avec les débits de boissons à travers une charte. Désormais, pour bénéficier d'une ouverture tardive (c'est-à-dire pour ouvrir leur débit de boissons après 00h30), les débitants de boisson devront être signataires d'une charte de prévention. Cette charte prévoit des mesures de prévention comme établir deux événements par an en week-end de promotion des consommations sans alcool, et organiser trois fois par an des actions de prévention contre l'insécurité routière (capitaine de soirée, conducteur désigné, etc...). Elle encourage également la concertation entre les professionnels et les services de l'État.

3) Le rappel et la précision des périmètres de protection

- Un débit de boissons ne peut s'installer dans un périmètre de 100 mètres autour de certains édifices (de santé, pénitentiaires, de culte...) ;
- Interdiction de toute publicité et d'installation de débits de boissons dans un périmètre de 200 mètres autour de toute structure éducative, sportive, de formation ou de loisirs de la jeunesse.

Pour le docteur David Mété, ces mesures sont nécessaires. D'après lui, seule la restriction peut avoir un effet efficace et rapide, regardez :

La drogue, un autre fléau

Si la consommation de zamal n'a rien de nouveau à La Réunion, les autorités observent depuis quelques années une explosion de la consommation d'autres drogues, notamment de résine de cannabis et les drogues de synthèse (cocaïne, MDMA, ecstasy...). En 2019, ce sont 35 trafic de stupéfiants qui ont été démentelés, 1554 usages relevés, et 1726 infractions liées à la législation.

A noter aussi que plus de 60 000 cachets d'ecstasy ont été saisis par les douanes, qui n'excluent pas que ce chiffre atteignent les 70 000 avant la fin de l'année. C'est deux fois plus qu'en 2018. "Cette augmentation s'expliquer par la mise en place de réseaux de mûles, qui importent la drogue depuis la métropole, mais aussi depuis Maurice ou Madagascar" explique Jacques Billant, le préfet. La drogue est aussi expédiée par colis postaux.

Pour lutter contre cette augmentation de consommation de stupéfiants, la préfecture a donc mis en place cinq objectifs, articulés par 17 mesures.

Objectif n°1 : Amélioration de la connaissance des trafics ainsi que du pilotage de la lutte contre les stupéfiants

Afin d’améliorer le partage de l’information entre les partenaires, un groupe de travail sera ainsi mis en place sur la création d’une cellule de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROSS), cellule qui sera en lien avec l’office anti-stupéfiants (OFAST), dont la création a été annoncée par le ministre de l’Intérieur et qui sera opérationnel dès le 1er janvier 2020. Cela se traduira par la création de cartographie unifiée et partagée entre les services de tous les points ayant été identifiés comme des lieux de " deal ".

L’échange de renseignements entre les divers services chargés de cette thématique tels que la sûreté départementale, les chefs des brigades de sûreté urbaine (BSU), les commandants de compagnie de gendarmerie est d’ores-et-déjà facilité dans le bureau de liaison créé le 26 septembre 2019 sous l’égide du Parquet. Cet échange concerne des dossiers en cours et évitent que les services travaillent isolément sur un même objectif.

Objectif n°2 : Intensification et rationalisation des activités opérationnelles

Pour donner aux services un surcroît d’efficacité, plusieurs mesures destinées à fluidifier l’action opérationnelle ont été décidées par le préfet :

• élaboration d’un plan de contrôle des flux

• accentuation des mesures de surveillance du vecteur postal

• traitement de la problématique dans le cadre de la Sécurité du quotidien : par exemple, le groupe opérationnel de partenariat (GPO) de l’îlot Saint-Jacques mis en place par la police nationale a permis, grâce aux réunions avec les acteurs concernés, la découverte de tabac chimique en mai 2019. Le trafic a été éradiqué et le sentiment d’insécurité des résidents du quartier a fortement baissé.

Objectif n°3 : Accroître la lutte contre l’économie souterraine en neutralisant les circuits de blanchiment du trafic de stupéfiant

À partir de la cartographie et grâce au partage d’informations, nous renforcerons le contrôle des commerces susceptibles de participer au blanchiment via le comité opérationnel départemental anti-fraude. Cette instance, placée sous la co-présidence du préfet et du procureur de la République, est composée des membres de la police, de la gendarmerie, des douanes, des finances publiques, de la CGSS, de pôle emploi, etc...

Elle a pour objectif de lutter contre la fraude, d’améliorer la connaissance réciproque de ces phénomènes entre les services, d’organiser des opérations conjointes et de favoriser l’échange d’informations opérationnelles et la mise en oeuvre de l’ensemble des leviers de sanctions (civiles, administratives et pénales).

Objectif n°4 : Renforcer la saisie des avoirs criminels

Les policiers et les gendarmes se verront offrir une offre de formation de qualité dispensée localement par des professionnels métropolitains.

Objectif n°5 : Renforcer les capacités des services et adapter les organisations

Des moyens très conséquents ont été mis en place pour renforcer les équipes chargées de lutter contre les trafics.

La gendarmerie de La Réunion a fléché, pour l’année 2020, 15 effectifs supplémentaires qui viendront renforcer la lutte contre les stupéfiants. La section de recherches, quant à elle, possède une équipe dédiée à cette thématique.

La DDSP a créé le 25 septembre 2019 un groupe " stupéfiants " au sein de la brigade de sûreté urbaine (BSU) de Saint-Pierre composé de 3 effectifs.

Le préfet détaille les mesures, regardez :

De la prévention pour les fêtes de fin d'année

À l’approche des fêtes de fin d’année,  une campagne de sensibilisation sur les risques d’accidents graves liés à la conduite sous l’emprise de l’alcool a été lancée.

Cette campagne sur les dangers de l’alcool au volant est programmée du 18 au 31 décembre :

• affichage sur les cars jaunes avec le slogan " arèt ek sa "

• distribution d’éthylotests sur les routes par la police et la gendarmerie nationales de 15 h à 18h le 18 décembre aux quatre coins de l’île.

• distribution d’éthylotests du 18 au 31 décembre sur les marchés et les plages avec différents partenaires sur toute l’île (la Croix blanche et les intervenants
départementaux de la sécurité routière de la préfecture)

• diffusion de messages de rappel sur la route via les panneaux à message variable du conseil régional.

Au 11 décembre 2019, 37 personnes ont perdu la vie sur les routes de La Réunion. La consommation excessive d’alcool et ou de stupéfiants restent la principale cause de ces accidents mortels. Au 31 octobre 2019, sur 114 216 contrôles d’alcoolémie réalisés par les forces de l’ordre, 3 293 se sont révélés positifs soit 3 % des conducteurs.

Des éthylotests seront aussi distribués sur les marchés du 18 au 31 décembre.

www.ipreunion.com

   

4 Commentaire(s)

Boucan canette, Posté
On va enfin avoir la paix avec l'épicerie des coquillages ouverte 24h sur 24,sans autorisation, et qui rameute tous les alcoolos du coin, à brailler matin, midi et soir, scandaleux !
Prohibition, Posté
Reunion Island Prohibition is coming ...
BientÃ't le retour des distilleries marronnes ?£
Des lois, des arrêtés, etc. Quand est-ce que le France fera de la prévention au lieu de réprimer ?
Fifi, Posté
Que les publicites tv .affichage route.prospectus soient totalement interdit!depuis le temps c est pas encore fait!???!!!!lobby viticole de m....
Phil, depuis son mobile, Posté
Et Quid des boutiques où prolifèrent les bars clandestins !!!!