Cadeaux de Noël :

Jouets pour les filles, jouets pour les garçons... et si on arrêtait les stéréotypes


Publié / Actualisé
L'année dernière, plusieurs collectifs et groupes féministes ont lancé la campagne "Marre du rose". Cette année, c'est avec le hashtag #DesJouetsPasDesClichés que la lutte anti jouets stéréotypés revient. Car à chaque Noël, c'est la même rengaine et les rayons roses d'un côté, bleus de l'autre refont surface. En 2019 il est bien dommage de constater que certaines catégories de jouets semblent réservées à un genre. Et même si les mentalités évoluent à ce sujet, les grandes marques continuent de construire leur stratégie marketing sur des jouets stéréotypés. Pourtant ne l'oublions pas, le milieu dans lequel nous évoluons enfant définit l'adulte que nous devenons. Et il est toujours difficile de prôner l'égalité entre femmes et hommes quand les jouets présentés aux petites filles restent des aspirateurs ou des dinettes. Roses, évidemment. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
L'année dernière, plusieurs collectifs et groupes féministes ont lancé la campagne "Marre du rose". Cette année, c'est avec le hashtag #DesJouetsPasDesClichés que la lutte anti jouets stéréotypés revient. Car à chaque Noël, c'est la même rengaine et les rayons roses d'un côté, bleus de l'autre refont surface. En 2019 il est bien dommage de constater que certaines catégories de jouets semblent réservées à un genre. Et même si les mentalités évoluent à ce sujet, les grandes marques continuent de construire leur stratégie marketing sur des jouets stéréotypés. Pourtant ne l'oublions pas, le milieu dans lequel nous évoluons enfant définit l'adulte que nous devenons. Et il est toujours difficile de prôner l'égalité entre femmes et hommes quand les jouets présentés aux petites filles restent des aspirateurs ou des dinettes. Roses, évidemment. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Dinosaures et jeux de construction étalés sur des rayons bleus, des poupées et des licornes de l'autre côté sur des rayons roses. Dans les grandes surfaces et autres magasins commercialisant des jouets, la frontière entre petite fille et petit garçon est encore bien visible. Et à l'approche de Noël, les stéréotypes sont plus que jamais visibles.

S'il n'a jamais été interdit d'offrir paillettes et jouets roses pour sa petite fille, attention de ne pas l'enfermer dans un rôle qu'elle n'a pas choisi elle-même. Qu'advient-il des fillettes attirées par les camions plus que par les poupées ? Ou tout simplement par la couleur bleue ?

Lire aussi : "Maman, papa, père Noël j'en ai marre du rose"

Car la frontière ici est physique. Dans une grande surface, il est parfois écrit en toutes lettres filles d'un côté, garçons de l'autre. Ainsi les enfants ne sont pas mélangés, chacun a son emplacement. Les écoles non mixtes appartiennent au passé, il est dommage de reproduire ce schéma dans les magasins...

Sans parler des différences de prix que l'on trouve parfois dans les rayons jouets. A produit égal, celui des garçons sera souvent moins cher que celui des filles. C'est la fameuse "taxe rose" : les produits pour filles ont un prix plus élevé. Sur la page "Pépite sexiste", qui recense les démonstrations du sexisme sous toutes ses formes, les exemples sont nombreux et variés. Un nouveau hashtag a vu le jour à l'occasion de ce Noël 2019 : #DesJouetsPasDesClichés. La lutte anti-stéréotypes est toujours d'actualité.

 

Les jouets fabriquent les futurs adultes

Au-delà de cette séparation presque géographique, cette répartition des jouets n'est pas anodine, c'est tout un symbole qui va avec. On le voit parfois sur des vêtements dès le plus jeune âge : "fort comme papa", "belle comme maman". Les codes couleurs sont toujours binaires, même les polices sont modifiées : rectilignes pour les garçons, arrondies pour les filles.

Vulnérables, en pleine construction identitaire, les enfants se reposent énormément sur le milieu qui les entoure pour évoluer et grandir. C'est aussi à cet âge-là qu'ils découvrent les rouages des relations humaines.

Alors que d'année en année, les femmes se battent pour obtenir le même statut que les hommes, quelle image renvoie-t-on aux petits garçons avec ces jouets "pour filles" ? Celle d'une féminité faussée, fabriquée par le marketing. Celle de la femme fragile, avec ces poupées vêtues de dentelles. Celle de la ménagère, avec ces dinettes, fers à repasser et aspirateurs en plastique. Celle de la femme superficielle avec ces coffrets à bijoux ou kits à maquillage.

Chaque cadeau a un sens. Et il joue à la fois sur la vision que la fillette aura d'elle-même et sur le regard que ses petits camarades masculins poseront sur elle.

A quand les rayons mixtes ?

Concrètement les marques pensent que genrer les jouets renforce l'identification et pousse à l'achat. Certaines "études" réalisées comme dans une université de Londres notamment ont cru bon de montrer que les filles se dirigeaient spontanément vers les marmites tandis que les garçons préféraient les ballons.

D'autres, comme la sociologue Mona Zegai, qui travaille sur le sujet depuis des années, ont souhaité montré l'impact que ces stéréotypes ont sur l'enfant. Selon elle, genrer les jouets de cette façon, dans les magasins comme dans les catalogues, se fait de façon renforcée depuis les années 90. On parle de plus en plus de libération de la femme, mais paradoxalement la classification des jouets fille/garçon perdure.

Dans son étude, Mona Zegai démontre par exemple que 31% des filles sont passives, contre 10% des garçons dans les catalogues de jouets. Ou encore que les véhicules sont le produit le plus répandu dans les pages consacrées aux garçons. Les jouets à connotation scientifique sont aussi bien souvent réservés aux garçons. Résultat : moins de filles en médecine ou en ingénierie, des matières qui leur sont pourtant tout à fait accessibles.

Alors pourquoi ne pas tout mélanger et envisager des jouets "neutres" ? C'est une option à laquelle le gouvernement réfléchit sérieusement, selon une information de RTL.

Le 24 septembre dernier, une charte a été signée entre le ministère de l'Economie et les industriels, les distributeurs de jouets et les associations, pour une "représentation mixte des jouets". Objectif : lutter "contre les idées reçues dès l’enfance". À travers cette charte, l’ensemble de la filière s’engage à fournir des efforts "mesurables" pour améliorer la représentation mixte des jouets, a souligné la Fédération française des industries jouet/puériculture (FJP).

Pour les jeux scientifiques notamment, les fabricants envisagent la mise en place d’un "label pour tous" qui serait "incluant". La charte dispose également d’un volet "formation des vendeurs", afin qu’à l’avenir ceux-ci remplacent la question "c’est pour un garçon ou une fille?" par "qu’est-ce qu’aime l’enfant?".

De belles promesses. Il faudra attendre Noël 2020 pour voir si elles ont été tenues...

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com avec AFP

   

5 Commentaire(s)

Fleur, Posté
Bah, pourquoi ces personnes vont acheter dans les grandes surfaces alors qu'il y a des artistes qui créent des jouets en bois ?
Hardcore, Posté
Stéréotype qui permet d instaurer les fondations du patriarcat, principal pilier de la domination
Rose pour les gonzesses, Posté
Pour Odyssea, personne n'y trouve rien a redire sur la couleur rose-gonzesse
Femichiste, Posté
Bonne journée à vous aussi webmestre.
Stéréotype ou caricature, appelez ça comme vous voudrez...Les délires d'une minorité anormale (la norme etant le schéma permettant la perpétuation de l'espèce) doivent ils systématiquement etre matraqués à une majorité silencieuse ?
Si ces stéréotypes existent c'est qu'il y a aussi une raison : ils sont en adéquation avec un système qui a permis la reproduction de l'espèce jusqu'à maintenant.
A mon avis, agiter et exagérer les histoires de grnre ne servent qu'à diviser et cliver la société, ce qui arrange bien les affaires d'une minorité qui profite de l'absence de cohésion pour prendre le pouvoir politique (économique ils l'ont déjà) et imposer aux bons imbéciles que nous sommes des règles qui les avantages toujoyrs plys à notre détriment...
Malgré tout je peux entendre qu'il y a des revendications légitimes des femmes à plus d'égalité ou des minorités à plus de tolérance, c'est tout à fait juste. Mais l'hypermédiatisation des polémiques incessantes autour de ces sujets certes légitimes sert à mon avis d'autres desseins qui eux ne s'embarassent pas de questions de genre ou de féminisme (10 milliardaires hommes tiennent la quasi totalité de la presse française à l'exception de mediapart et quelques autres rares titres moins connus) (Ce qui est certain est que les milliardaires en question, ni personne d'autres d'ailleurs, ne tiennent pas Imaz Press. Là aussi les stéréotypes et les idées reçues ont la vie dure... A bientôt - Webmaster)
Femichiste, Posté
C'est sûr que demain une société sans genre défini serait un paradis... tous les hommes habillée en rose à parler coiffure et toutes les bonnes femmes poilues, clope au bec à parler de leur vagin et à faire des gosses entre elles : le nouveau monde idéal...
Face à tant de bonheur annoncé, je ne demande même comment le modèle genré traditionnel a pu perdurer durant des millénaires...
Mais rassurons nous, la nature se chargera de nous rappeler à la raison : entre le dérèglement climatique, l'extinction de la vie sauvage et la décadence de nos sociétés, nos sociétés n'ont plus que quelques décennies à vivre, alors profitez en bien pour essayer tous les genres possibles et imaginables, car notre genre final sera poussière... (Des "hommes habillés en rose", des "bonnes femmes poilues".. ue de stéréotypes Femichiste... Bonne journée à vous - Webmaster)