Les trafiquants choisissent des jeunes inexpérimentées :

Trafic de drogue : le lourd périple des mules envoyées à La Réunion


Publié / Actualisé
Le journal Le Point publiait ce 24 décembre un dossier sur les femmes recrutées pour servir de mules aux trafiquants de drogue métropolitains qui souhaitent exporter leur marchandise à La Réunion. Souvent dénichées sur internet, ou à la sortie d'une discothèque, elles répondent oui à ceux qui leur promettent monts et merveilles et profitent d'une certaine misère financière pour exploiter des mules plus facilement. Arrivées à La Réunion, ces femmes constatent bien vite qu'elles se sont faites avoir. (Photo d'archives Douane française)
Le journal Le Point publiait ce 24 décembre un dossier sur les femmes recrutées pour servir de mules aux trafiquants de drogue métropolitains qui souhaitent exporter leur marchandise à La Réunion. Souvent dénichées sur internet, ou à la sortie d'une discothèque, elles répondent oui à ceux qui leur promettent monts et merveilles et profitent d'une certaine misère financière pour exploiter des mules plus facilement. Arrivées à La Réunion, ces femmes constatent bien vite qu'elles se sont faites avoir. (Photo d'archives Douane française)

Les profils de ces femmes sont bien plus variés qu'il n'y paraît : étudiantes, infirmières, auxiliaires de vie ou même sportives… Celles que le journal Le Point est parvenu à contacter arrivent de Marseille, d'Ivry-sur-Seine ou de Belgique. Elles ont été recrutées via les réseaux sociaux ou à la sortie d'une boîte de nuit.

La promesse est souvent la même : refourguer la marchandise à l'arrivée, un travail qui n'est pas fatigant, pour la modique somme de 600 à 2.000 euros en fonction du colis. En échange : un voyage de rêve sur l'île intense, tous frais payés.

Evidemment le paysage de carte postale se transforme vite en cauchemar. Hind, 18 ans, purge une peine de 2 ans et demi ferme au centre pénitentiaire de Saint-Denis de La Réunion. Elle venait d'avoir le bac et devait partir étudier à l'université. Son récit est glaçant. Elle raconte dans les colonnes du Point avoir été transportée par un chauffeur VTC pour l'emmener à son interlocuteur. Celui-ci lui a donné de nouveaux vêtements, 300 euros, un téléphone et son billet d'avion. Arrivée à La Réunion, Hind devait se rendre à l'hôtel et y retrouver l'acheteur pour récupérer les 35.000 euros du contenu de la valise, une vingtaine de kilos en tout. Sa prime à elle : 2.000 euros, qu'elle recevrait en échange une fois la transaction terminée.

Rien ne s'est passé comme prévu et ce sont les douaniers qui ont retrouvé Hind à l'aéroport. Les rayons X ont eu raison de la mule, et le cannabis a été détectée à travers le couvercle de la valise. La suite, on la connaît : garde à vue, interrogatoire, présentation au parquet, comparution immédiate. Et deux ans et demi de prison ferme.

Comme beaucoup de ces femmes, Hind a déclaré qu'elle se doutait de l'illégalité de la procédure mais en a appelé au besoin d'argent. Son avocat parlera de "bébés à l'école du crime" : de très jeunes mules, souvent exploitées pour leur naïveté par les trafiquants de drogue. Avocat au barreau de Saint-Denis de La Réunion, il explique au Point en avoir défendu "au moins six", sur les 18 derniers mois. Et les mules "le paient très cher".

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Les conséquences peuvent être terribles. Il y a moins d'un mois, une mule de l'Essonne qui transportait 1,5 kilo de cocaïne sous ses vêtements a vu son vol dérouté vers l'Égypte, en raison du malaise d'un passager. Elle risque 25 ans de prison.

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Le trafic a explosé sur l'île, et on ne parle plus uniquement de quelques kilos de zamal. Une bonne partie de l'herbe réunionnaise est d'ailleurs déroutée vers Maurice maintenant que les contrôles se renforcent. "C'est une véritable razzia qui assèche le marché réunionnais" confie une source policière au Point. Désormais, les trafiquants passent à la poudre blanche et aux cachets, des drogues bien plus agressives... et qui se vendent beaucoup plus cher. Sans leurs mules, pas de possibilité de vendre sur l'île.

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Ces criminels redoublent d'inventivité : "tubes de crème solaire, bougies odorantes, flacon de gel douche, barrettes en bandoulière, valises à double fond parfumées au café et au clou de girofle pour éviter les chiens renifleurs, sachets thermo-soudés" liste Le Point. Tout cela pour déjouer les autorités, car la drogue sur l'île coûte entre cinq et dix fois plus cher qu'en métropole. C'est la tolérance zéro qui est pratiquée.

www.ipreunion.com avec Le Point

   

3 Commentaire(s)

Jean ma, Posté
Le soir sur St Gilles, c'est :
-coke
- xtas
- metanphetamines
À gogo.
Fini le temps béni et innocent des soirées de médecins VAT avec du punch aux didis !
Jacques, Posté
"souvent exploitées pour leur naïveté"
Eh bien, quand on est aussi naïf, on peut aller passer quelques années au gnouf, histoire de mettre un peu de plomb dans la cervelle !
Cousin, Posté
legalisation!