Nouveau plan d'action de la préfecture contre l'alcoolisme :

Ça y est, on ne peut plus acheter d'alcool à emporter le soir


Publié / Actualisé
L'arrêté préfectoral est entré en vigueur le 1er janvier 2020 : depuis ce mercredi, il n'est plus possible de vendre de l'alcool à emporter à partir de 21h. Les grands surfaces ne sont donc pas concernées, horaires de fermeture oblige, ce sont davantage les "petits vendeurs", dans les snacks en bord de mer par exemple qui sont visés. La préfecture se veut intransigeante : la consommation de boissons alcoolisées doit être encadrée. Et pour cause, l'île de La Réunion est deux fois plus touchée par les décès liés à l'alcool qu'au niveau national. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
L'arrêté préfectoral est entré en vigueur le 1er janvier 2020 : depuis ce mercredi, il n'est plus possible de vendre de l'alcool à emporter à partir de 21h. Les grands surfaces ne sont donc pas concernées, horaires de fermeture oblige, ce sont davantage les "petits vendeurs", dans les snacks en bord de mer par exemple qui sont visés. La préfecture se veut intransigeante : la consommation de boissons alcoolisées doit être encadrée. Et pour cause, l'île de La Réunion est deux fois plus touchée par les décès liés à l'alcool qu'au niveau national. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Les chiffres sur le département sont sans appel : 35% des accidents mortels impliquent un conducteur dont le taux d'alcool est supérieur à la réglementation en vigueur. Par ailleurs, on compte à La Réunion deux fois plus de décès liés à l'alcool qu'en métropole. Le préfet Jacques Billant l'avait annoncé dès sa prise de fonctions en juin dernier : la sécurité routière et de surcroît l'alcoolisme sont des combats qu'il place en priorité.

Un nouveau cadre réglementaire a été présenté le 18 décembre 2019. Trois mesures-phrases le composent : l'interdiction de la vente d'alcool à emporter entre 21h et 6h du matin, la mise en place d'une charte de prévention pour les débitants de boissons, et l'interdiction de boire à moins de 100 mètres de certains établissements comme les écoles ou les hôpitaux. Pour le spécialiste et addictologue David Mété, "seule la restriction peut avoir un effet efficace et rapide".

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En 2014 déjà la préfecture de La Réunion, sous la houlette de Jean-Luc Marx, avait durci les conditions de vente d'alcool dans les stations-service. La vente des boissons alcoolisées y est limitée au créneau horaire 8 heures - 18 heures. Celle des boissons alcoolisées réfrigérées est totalement interdite. A ce moment-là, la préfecture rappelait que la consommation d'alcool est la cause de 250 décès par an à La Réunion.

Lire aussi : Stations service : la vente d'alcool limitée, les boissons alcoolisées réfrigérées interdites

L'année 2019 a été marquée par un nombre de permis retirés très élevé, et l'alcool en est une cause directe. Chaque fin de week-end, les forces de l'ordre font le même constat : les automobilistes contrôlés positif à l'alcool sont toujours aussi nombreux.

Au 31 octobre dernier, 1.910 conducteurs se sont vus retirer leur droit de circuler en voiture. Sur l'année 2018, c'était 2.161 permis qui avaient été retirés. Le total de l'année écoulée n'a pas encore été communiqué, mais selon l'Escadron départemental de sécurité routière (EDSR), il devrait être supérieur à 2018.

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Sur le plan national, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Didier Guillaume a plaidé pour la tolérance zéro concernant l'alcool au volant. Niet, ont répondu les services du Premier ministre le 18 novembre dernier, indiquant que cette proposition "n'a pas été retenue et elle n'est pas envisagée par le gouvernement". Un des arguments invoqués, les effets positifs sur l'accidentalité seraient très limités, les accidents mortels liés au taux contraventionnel ne représentant "que" 12% de cas.

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L'alcoolisme à La Réunion est et reste un fléau. Le plus simple reste encore de ne pas boire... Arrêter, ou au moins réduire l'alcool pendant un mois par exemple, ça vous semble jouable ? C'est le "défi de janvier" aussi appelé en anglais "dry january" ("janvier sec"), un mois sans alcool donc. Et pas n'importe lequel : celui qui suit les fêtes de fin d'année, durant lesquelles l'alcool coule justement à flots... Alors, qui est prêt à tenter le défi ?

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1 Commentaire(s)

Mike, Posté
impopulaire mais nécessaire...