Après trois ans de bataille judiciaire :

Un Saint-Andréen fait condamner la Cise pour distribution d'eau non-potable


Publié / Actualisé
Imaz Press était le premier média à relayer le combat de Maxime Leclercq en mai dernier. Ce père de famille - habitant Saint-André depuis 2007 - lassé de ne pas avoir d'eau potable au robinet après chaque épisode pluvieux, avait décidé de poursuivre son distributeur d'eau en justice. Après trois ans de bataille judiciaire, le Saint-Andréen a remporté son procès face à la Cise.
Imaz Press était le premier média à relayer le combat de Maxime Leclercq en mai dernier. Ce père de famille - habitant Saint-André depuis 2007 - lassé de ne pas avoir d'eau potable au robinet après chaque épisode pluvieux, avait décidé de poursuivre son distributeur d'eau en justice. Après trois ans de bataille judiciaire, le Saint-Andréen a remporté son procès face à la Cise.

Le Tribunal de grande instance a rendu son jugement le 17 décembre dernier. Le fournisseur d’eau a été condamné à verser à la famille Leclercq 2 847 euros pour le remboursement de l’chat d’eau en bouteilles sur cinq ans (pour un foyer de quatre personnes), 2000 euros de réparation du préjudice de jouissance et du préjudice moral et 3000 euros pour le remboursement des frais juridiques.

Lire aussi : Eau dégradée, un Saint-Andréen porte plainte contre son fournisseur d'eau

Par ailleurs, la Cise doit "fournir de l’eau potable au domicile de la famille Leclercq, soit par fontaine à eau ou bouteilles d’eau, jusqu’à ce que Cise Réunion  soit en mesure de distribuer une eau conforme à la réglementation en toutes circonstances : 6 litres/ jour sous astreinte de 100 euros par jour de retard." indique le jugement.

C’est aussi la reconnaissance de la responsabilité de la Cise dans cette problématique d’eau impropre à la consommation qui a sévi durant très longtemps sur la commune de Saint-André après chaque épisode de fortes pluies. Depuis, une unité de potabilisation a récemment été mise en place pour pallier le problème.

Sans dire si elle fait appel du jugement, la Cise a, par communiqué, tenu à mettre les choses au clair "La société Cise Réunion prend acte de la décision du Tribunal de Grande Instance de Saint-Denis dans l’affaire qui l’oppose à M. Maxime Leclercq. Cependant, elle souhaite rappeler que les investissements, notamment en matière d’unités de potabilisation, sont du ressort des collectivités."

Le fournisseur d'eau rappelle aussi que des efforts ont été réalisés notamment à Saint-André où vivent Maxime Leclercq et sa famille "un travail qui s’est concrétisé dernièrement à Saint-André avec l’inauguration de l’unité de traitement d’eau potable de Dioré. Cette unité complète les forages en exploitation et permet déjà à 90 % des Saint-Andréens de disposer d’une eau potable 24h/24, 7J/7. Les travaux de raccordement des habitations de Bras-des-Chevrettes au nouveau forage du Désert permettront d'ici mi-2020 de garantir une eau potable pour l’ensemble de la population de Saint-André."

Une nouveauté, pour les administrés de la commune de Saint-André, la question de l’eau impropre à la consommation à chaque pluie, dans la région la plus arrosée de l’île a été une difficulté durant plusieurs décennies. Maxime Leclercq souhaite que ce jugement fasse jurisprudence "c’est une victoire pour mon foyer, mais je l’espère aussi pour d’autres usagers." Un précédent qui pourrait inciter d’autres Réunionnais à intenter des actions en justice contre les distributeurs d’eau.

Fort de cette victoire, le père de famille souhaite se lancer dans des actions collectives pour les droits des usagers pour "tout autre usager qui souhaiterait faire valoir ses droits de disposer d’une eau potable en permanence à son robinet". Maxime Leclercq s’est donc rapproché du Défenseur des droits et compte s’associer à une association de consommateurs pour faciliter son action.

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