Une élection en cache une autre :

Municipales : test grandeur nature en vue des régionales


Publié / Actualisé
Didier Robert, Ericka Bareigts, Huguette Bello, Nassimah Dindar, Michel Fontaine ou encore Thierry Robert. Outre le fait d'être les principaux animateurs des élections municipales de 2020, ils ont surtout le statut de potentiels prétendants pour gravir le sommet de la pyramide inversée, en vue des élections régionales de 2021. Ces élections municipales revêtent ainsi un double enjeu, celui d'un renouvellement des équipes à l'issue de 6 ans de mandat, et de test grandeur nature en vue des régionales. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Didier Robert, Ericka Bareigts, Huguette Bello, Nassimah Dindar, Michel Fontaine ou encore Thierry Robert. Outre le fait d'être les principaux animateurs des élections municipales de 2020, ils ont surtout le statut de potentiels prétendants pour gravir le sommet de la pyramide inversée, en vue des élections régionales de 2021. Ces élections municipales revêtent ainsi un double enjeu, celui d'un renouvellement des équipes à l'issue de 6 ans de mandat, et de test grandeur nature en vue des régionales. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Qui pour succéder à Didier Robert ?

A cette question, la première réponse est Didier Robert lui-même bien évidemment. Malgré ses velléités affichées de se lancer dans la course pour la mairie de Saint-Denis, le patron d’Objectif Réunion est le principal prétendant à sa propre succession. D’abord car la loi le lui permet, la loi sur le non cumul des mandats dans le temps ne s’appliquant pas encore à son cas. Ensuite car l’actuel président de Région souhaite très certainement mener à bout, s’il y  arrive, le principal chantier de ses mandats, à savoir la construction de la Nouvelle Route du littoral. Si le calendrier est respecté, la route devrait être livrée en 2023/2024, ce qui permettrait à Didier Robert de l’inaugurer en grande pompe avant de passer la main en 2025.

Lire aussi : La NRL classée parmi les "grands projets inutiles" de France

Mais c’est sans compter sur une opposition qui se bouscule au portillon pour mener la bataille des régionales. Ericka Bareigts et Huguette Bello sont pressenties pour être des têtes de liste sérieusement envisagées par la gauche pour se lancer dans le combat. Problème, les deux députées sont candidates à ces élections municipales. Si elles sont élues, il n’est pas certain qu’elles veuillent se lancer dans l’ascension de la pyramide inversée.

Ericka Bareigts a d’ores et déjà écarté cette possibilité si elle est élue maire de Saint-Denis, ce mardi 7 janvier lors de l’officialisation de sa candidature. Huguette Bello n’a pas évoqué la question mais voudra-t-elle quitter un fauteuil qu’elle aura reconquis de haute lutte 6 ans après l’avoir perdu, si elle remporte les élections à Saint-Paul ?

Lire aussi : Saint-Denis : Ericka Bareigts en tête de liste

Lire aussi : Saint-Denis : Éricka Bareigts confirmée tête de liste de l'Union de la gauche

Du côté de la droite et du centre, Michel Fontaine, maire de Saint-Pierre, ne devrait en toute vraisemblance pas mener une liste aux régionales. Quid de Nassimah Dindar si elle n’est pas élue maire de Saint-Denis ? Beaucoup évoquent, si tel était le cas, une opération reconquête du Palais de la Source qu’elle a présidé durant 14 ans. Mais une candidature aux régionales n’est pas à exclure pour la sénatrice qui pourrait réunir sous son nom tous les opposants à Didier Robert.

Lire aussi : Municipales à Saint-Denis : Nassimah Dindar obtient le soutien de la République en marche

A noter qu’il reste le cas Thierry Robert. Si sa candidature à ces municipales à Saint-Leu semble très sérieusement compromise, l’ancien député maire n’a jamais caché sa volonté de conquérir la Région en 2021. La " batay coq " connaîtrait alors son deuxième épisode, après celui de 2015.

Lire ausi : Le Conseil d'Etat rejette la requête de Thierry Robert qui ne peut toujours pas se présenter

Les municipales, élections clés en vue des régionales

Quel que soit le candidat futur à ces élections régionales, toutes ces personnalités politiques ont intérêt à réussir ce scrutin des municipales pour engranger de la confiance et une dynamique en vue des élections de 2021.

Si après son son furtif pique-nique à la Trinité du dimanche 15 décembre, Didier Robert officialise sa candidature à Saint-Denis, il devra faire un très bon score pour pouvoir surfer sur une dynamique positive l’année prochaine. Il devra également peser sur plusieurs communes clés où il s’engage ouvertement (Saint-Paul, le Tampon, Bras-Panon, Sainte-Marie, la Possession, le Port etc), ou parfois indirectement par des candidats réputés proches du président de Région comme à Saint-André ou à Saint-Pierre.

Lire : Didier Robert rassemble les troupes à Saint-Denis, mais toujours pas de candidature officielle

Ericka Bareigts quant à elle joue gros en tentant de succéder au maire sortant, Gilbert Annette. En cas de victoire, elle deviendra très certainement la principale leader de la gauche locale et aura donc un rôle majeur à jouer en vue des régionales de 2021. Tout comme Huguette Bello, une des personnalités préférées des Réunionnais, dont l’aura naturel lui permet d’être une figure incontournable de la gauche réunionnaise pour les scrutins à venir. Sa volonté de relancer une dynamique d’union de la gauche, grâce à son rapprochement avec le PCR, semble en tout cas porter ses fruits et devrait être une arme redoutable si la droite continue à se diviser.

En parlant de la droite, le patron des Républicains, Michel Fontaine, aura la lourde tâche de se maintenir à Saint-Pierre tout en pesant fortement en faveur des candidats sur certaines communes stratégiques telles que Saint-André ou Saint-Paul. Quant à Saint-Denis, difficile encore de savoir qui aura le soutien des Républicains. Invité par Nassimah Dindar à son meeting en décembre dernier, Michel Fontaine avait préféré ne pas s’y rendre, attendant les  consignes officielles de son parti sur les soutiens à apporter en vue de ces municipales.

Pour Nassimah Dindar, ces municipales sont un test grandeur nature pour évaluer sa côte de popularité, 2 ans et demi après avoir laissé son siège de présidente du Département où elle était très apprécié. Une victoire la propulserait à la tête de la plus grande commune d’Outre-mer. En cas de troisième place, son positionnement sera décisif en vue de l’élection du futur maire de Saint-Denis. Enfin, ces résultats seront certainement un bon indicateur sur l’état de forme de sa popularité en vue de définir sa stratégie pour 2021.

Les jours qui viennent sont prometteuses en termes de prises de position et de tractations. Reste à savoir si c'est l'intérêt majeur de La Réunion qui présidera à tout cela...
 

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Jean Philippe Desby, Posté
J'ai l'impression, en lisant cet article, que le monde change (pas toujours en bien...voire en mal: épuisement des ressources, changements climatiques, etc.), mais La Réunion non seulement n'a pas du tout avancée mais elle a véritablement régressée sur le plan politique et surtout dans l'administration locale. Une élection municipale est et reste une élection à l'échelle de la commune et ne concerne que les administrés de ladite commune.
Lorsque viendra le temps du renouvellement de l'assemblée régionale (en mars 2021), on aura largement le temps de parler du bilan et de la confiance à accorder ou à retirer.
C'est quoi ce galimatias dans tout et toute chose?
Le bloc soviétique s'est disloqué en 1991, juste après l'effondrement du Mur de Berlin (Honnecker aura été poussé à la porte, Gorbatchev aura été mis au tapis; c'est Poutine qui était à Berlin...). Tous les pays de l'Europe de l'Est ont muté. Le 25 décembre on a exécuté le dirigeant roumain (Ceaucescu), les Balkans ont été morcelés, et ici on continue de parler droite-gauche! (PCR...etc.)
Actuellement, il y a une très grave crise entre l'Iran et l'Armée américaine déployée au Moyen-Orient : on ne sait pas où cela va nous conduire : La Réunion est vulnérable, elle dépend beaucoup de l'extérieur (commerce international, vols, etc.).
Il y a 24 communes ici, il est demandé que les électeurs choisissent le 15 mars, et tout le monde a le droit d'être candidat ou pas candidat : c'est quoi ce délire ?
Ceux qui sont en mandat, ils n'ont qu'à exercer leur mandat. On ne barre pas la mer avec deux brins de paille !