Lutte contre les changements climatiques :

La Réunion : planter et reboiser pour revitaliser les précieuses forêts


Publié / Actualisé
Comment adapter nos forêts au climat de demain ? C'est la question que se posent les chercheurs de l'Office national des forêts (ONF). A La Réunion, la chaleur, les insectes et les plantes invasives peuvent menacer nos arbres, pourtant précieux aussi bien pour le devenir de la flore locale que pour les habitants. La régénération naturelle fait bien son travail sur l'île, mais elle a besoin d'un petit coup de pouce. C'est pourquoi environ 3% des forêts sont cultivées, afin de renforcer la diversité de nos espèces et lutter contre les changements climatiques. Sur la côte ou dans les grandes villes bétonnées, reboiser est également devenu une priorité.
Comment adapter nos forêts au climat de demain ? C'est la question que se posent les chercheurs de l'Office national des forêts (ONF). A La Réunion, la chaleur, les insectes et les plantes invasives peuvent menacer nos arbres, pourtant précieux aussi bien pour le devenir de la flore locale que pour les habitants. La régénération naturelle fait bien son travail sur l'île, mais elle a besoin d'un petit coup de pouce. C'est pourquoi environ 3% des forêts sont cultivées, afin de renforcer la diversité de nos espèces et lutter contre les changements climatiques. Sur la côte ou dans les grandes villes bétonnées, reboiser est également devenu une priorité.

Le lien étroit entre climat et végétation est évident et la nature, de fait, sera amenée à changer, les espèces à évoluer. Les incendies en Australie nous rappellent une fois de plus que la forêt n'est pas immortelle et qu'elle est soumise aux aléas du changement climatique.

Criminels ou non, l'ampleur que prennent les feux dans ce pays montrent "qu'il y a bien quelque chose aujourd'hui qui est de l'ordre du changement climatique et là on le voit de façon spectaculaire et dramatique" estime le secrétaire régional d'EELV, Jean-Pierre Marchau.

A La Réunion, les forêts naturelles se défendent bien. "Elles sont naturelles à 97%" nous explique Julien Triolo, responsable du pôle écologie à l'ONF. Les 3% restant sont des forêts cultivées.

Une biodiversité très riche

"Ce qu'il faut savoir à La Réunion c'est nous avons une forte diversité biologique qui protège efficacement des changements climatiques. Les forêts ont une capacité d'adaptation plus forte" ajoute le responsable. "Dans le cas d'une forêt avec une seule essence et qui résisterait mal à la chaleur ou aux prédateurs, l'impact sera énorme." Ce fut le cas notamment à l'Etang-Salé, avec des plantations mono-dominantes, d'eucalyptus ou d'acacias, "on y a vu des dépérissements importants de forêts à cause de la sécheresse ou des longicornes."

Une forêt variée avec une centaine d'espèces, au contraire, permettra un relais pris par d'autres espèces face à celles qui déclinent. C'est ce principe de diversité qui est repris dans les forêts cultivées. "La tendance c'est d'éviter les mono-cultures" indique Julien Triolo.

S'adapter au climat tropical

Toutes les nouvelles plantations de l'ONF s'appuient sur une diversité d'essences les plus adaptées aux conditions climatiques de La Réunion à savoir la sécheresse ou encore les cyclones. Par exemple le cryptoméria du Japon est une espèce particulièrement résistante. "On sait qu'il pourrait y avoir des cyclones de plus en plus intenses avec le changement climatique. Cette essence est capable de croître rapidement."

Par ailleurs, environ 30.000 arbres sont plantés chaque année à La Réunion pour lutter contre les plantes invasives. "Dans ce cas, on va plutôt s'appuyer sur la régénération naturelle" indique Julien Triolo. "C'est le meilleur moyen d'avoir des plants adaptés à la parcelle, et bien sûr on est sur des coûts bien moindres."

Toute cette production locale permet aussi d'éviter à La Réunion d'importer du bois. "Les arbres stockent du carbone : quand vous utilisez du matériau bois, vous contribuez à lutter contre le réchauffement climatique. C'est toujours ça de moins qui est libéré dans l'atmosphère."

A La Réunion, peu d'arbres sont menacés de disparaître. "Nous on est dans le cas de régions montagneuses, on perd 0,7 degré par 100 mètres d'altitude. Et les espèces réparties le long de ce gradient sont les moins concernées par le réchauffement climatique" explique Julien Triolo. Ce sont les arbres qu'on ne trouve qu'à une altitude donnée qui sont davantage menacés, comme les espèces qui ont besoin du froid. C'est le cas du petit tamarin des hauts par exemple, qui pousse entre 1900 et 2000 mètres d'altitude.

Le reboisement, grande mode sur le littoral

On l'a bien vu, notamment avec l'arrivée grandissante des élections municipales, chacun y va de sa proposition pour créer plus d'espaces verts dans les villes. Reboiser les zones urbaines est à la mode, et ce n'est pas plus mal. "A La Réunion on a énormément bétonné, le béton aggrave la chaleur et ne retient pas l'eau. Dès qu'on a des gros épisodes pluvieux, ça peut engendrer des catastrophes" indique le responsable du pôle écologie.

"Partout on a bétonné, or il faut que la terre puisse respirer, que la pluie puisse s'infiltrer dans les sols" ajoute pour sa part Jean-Pierre Marchau. Un risque supplémentaire qui s'ajoute à la submersion marine, aux cyclones de plus en plus violents, estime l'élu. "Il faut défaire les erreurs du passé quand on peut évidemment. La côte Ouest est la plus menacée à cause de la concentration urbaine."

Par ailleurs, les zones sans arbres manquent cruellement d'ombrages : "dans les écoles qui n'ont pas d'arbres dans leur cour il fait parfois 35 degrés. Au pied d'un arbre vous avez 10 degrés de moins !" indique Julien Triolo.

Pour reboiser, le choix des espèces est important. Sur les plages les opérations de plantation sont multiples, qu'il s'agisse de la zone dédiée aux Réunionnais ou d'essences destinées à la faune, comme les tortues. "La chaleur influe le sexe de leur descendance. Si elles n'ont plus du tout d'ombrage sur les zones de plage, à terme ça peut avoir des conséquences assez énormes" ajoute le responsable de l'ONF. En effet la température joue un rôle clé dans la différenciation sexuelle : sous 30 degrés d'incubation, les bébés tortues seront des petits mâles et au-dessus, des femelles.

L'ONF applaudit ce reboisement sur les plages et les villes. "Les forêts, les arbres, contribuent à l'habitabilité d'un territoire. A Haïti par exemple il y a un phénomène de déforestation très important, résultat : on ne peut plus habiter dans certaines zones, on ne peut plus cultiver et il y a des phénomènes d'érosion énormes. Et ensuite c'est toute l'économie d'un pays qui en est affectée."

A La Réunion, on a compris assez rapidement le lien entre le maintien de la forêt, l'importance du reboisement et l'habitabilité de l'île. Entretien du domaine forestier, plantations et reboisement sont justement là pour rendre La Réunion habitable et agréable à vivre.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

4 Commentaire(s)

Chargeur de l'o, Posté
papang aou c un bon encore, arret planer et alé plante piédbwa !
Insee pour les delires fachos, Posté
le solde migratoire est negatif c'est la population qui s'accroit naturellement. il faut arreter de delirer Joseph.
Papangue., Posté
Onf..ne joue plus son rôle concernant la préservation de nos forêts trop de petits chefs...!
Joseph, Posté
Arrêter de bétonner et de goudronner, tout ça contribue à réchauffer notre climat. Il faudrait aussi cesser les primes et autres incitations à venir s'installer ici, Il y a déjà trop de monde sur ce caillou, où pratiquement seule la périphérie est aménageable. Sans ça, nous nous préparons à créer un véritable enfer invivable.