[PHOTOS/VIDÉOS] 17 voitures incendiées :

Aux Camélias, les stigmates d'une nuit agitée après la mort d'un jeune motard


Publié / Actualisé
Après une semaine dans le coma, Miguel, jeune motard de 18 ans, est décédé ce jeudi 16 janvier 2020. Au guidon d'une moto, le jeune homme était entré en collision avec une voiture de la brigade anti-criminalité (BAC) le vendredi 9 janvier dans les rampes de Saint-François à Saint-Denis. Gravement blessé à la tête il avait été hospitalisé à Saint-Pierre, où il a succombé à ses blessures. Aux Camélias, le quartier dont le jeune homme était originaire des voitures et des poubelles ont été incendiées et des barrages ont été érigés dans la nuit de jeudi à vendredi. Les forces de l'ordre sont intervenues. Des heurts brefs se sont ensuite produits entre les jeunes et les policiers. La mère du jeune motard a porté plainte pour "savoir dans quelles conditions son fils a perdu la vie"
Après une semaine dans le coma, Miguel, jeune motard de 18 ans, est décédé ce jeudi 16 janvier 2020. Au guidon d'une moto, le jeune homme était entré en collision avec une voiture de la brigade anti-criminalité (BAC) le vendredi 9 janvier dans les rampes de Saint-François à Saint-Denis. Gravement blessé à la tête il avait été hospitalisé à Saint-Pierre, où il a succombé à ses blessures. Aux Camélias, le quartier dont le jeune homme était originaire des voitures et des poubelles ont été incendiées et des barrages ont été érigés dans la nuit de jeudi à vendredi. Les forces de l'ordre sont intervenues. Des heurts brefs se sont ensuite produits entre les jeunes et les policiers. La mère du jeune motard a porté plainte pour "savoir dans quelles conditions son fils a perdu la vie"

Après les heurts de la nuit passée, le réveil est difficile pour les habitants du quartier des Camélias. Cadavres de voitures brûlées, de poubelles incendiées, galets... témoignent de cette nuit agitée. Regardez :

Au total, les équipes de la mairie du chef-lieu et de la Cinor ont recensé 17 véhicules brûlés. Les précisions de monsieur Bordier, le coordinateur de la cellule propreté de la mairie de Saint-Denis "ce matin, on s’est rendu sur zone avec les équipes de la mairie de Saint-Denis et de la Cinor avec des engins - tractopelles, camions. Nous avons recensé 17 véhicules brûlés sur la voie publique et dans les parkings qu’on est en train d’évacuer. On a mobilisé une douzaine d’agents pour faire le nettoyage piétonnier. On espère que d’ici midi, tous les véhicules seront évacués.  Et cette après-midi, il va y avoir une intervention des balayeurs mécaniques pour que ces stigmates aient disparu ce week-end."

Ce jeudi, des dizaines de jeunes se sont rassemblés dans le quartier pour demander à ce que "toute lumière soit faite" sur cette histoire. Car si, après une enquête ouverte par le parquet, les policiers ont été mis hors de cause, les jeunes du quartier ne sont pas convaincus par la thèse d'un accident de la route. La mère de la victime a par ailleurs porté plainte pour connaître les circonstances exactes du drame.

Jeudi dès le milieu de l'après-midi des barrages ont été érigés dans le quartier. Ils ont été enflammés à la nuit tombée, rendant la circulation extrêmement difficile notamment au niveau de la cité Jacques Coeur et de la pharmacie de Chateau Morange. Plusieurs poubelles et voitures ont été incendiées

Lire aussi : Saint-Denis : un motard gravement blessé suite à une collision dans les rampes de Saint-François

- "Les policiers mis hors de cause" indique le procureur -

A noter qu'une autopsie sera pratiquée ce vendredi matin pour déterminer les causes exactes du décès du jeune homme "même s'il semble certain que le jeune homme est décédé ds suies de ses blessures graves à la tête" a déclaré ce jeudi à Imaz Press le procureur de la République Eric Tuffery

Pour rappel, immédiatement après l'accident, une enquête a été ouverte pour le parquet pour déterminer les circonstances de la collision. "On a voulu que l'enquête soit faite assez rapidement" déclarait le procureur Eric Tuffery. Il précisait "on a une preuve objective de ce que [les policiers] ont dit" ajoute-t-il : "il se trouve que pas très loin, quelqu'un a installé sur son terrain une caméra anti-vol et on a pu exploiter le film de la caméra." Sur celui-ci, "on voit bien le véhicule qui se déporte à une vitesse relativement basse, ça conforte la déclaration des policiers qui ont dit avoir utilisé la procédure d'interpellation habituelle en pareil cas".

Lire aussi : Collision moto - véhicule de la BAC : les policiers ont respecté la procédure, selon l'enquête

"Les policiers de la BAC disent avoir vu le jeune arriver sur sa moto sur la voie opposée" ajoutait le magistrat. il n'avait "pas de casque" et "semblait aller assez vite" poursuivait-il. Il expliquait aussi  la procédure dans ce cas : "on ne se met pas en travers de la route parce que c'est dangereux, mais on se rapproche de la ligne médiane pour montrer qu'on veut s'intéresser à son cas". C'est ensuite à la personne concernée de comprendre qu'il faut s'arrêter. Le procureur affirme qu'il "y avait de quoi passer à gauche et à droite".

Or "en face la moto arrivait très vite, [le jeune] a voulu éviter le contrôle", il s'est donc déporté sur la gauche. Il a ensuite "percuté le véhicule de police sur l'avant droit et il a été projeté" racontait Eric Tuffery.

Eric Tuffery commentait "c'est la moto qui a percuté le véhicule de la BAC" et pas l'inverse, "ce n'était pas une course poursuite" indique-t-il.

Cette version n'a pas du tout convaincu les jeunes habitants du quartier. L'annonce de l'accident avait déclenché des tensions le soir-même des faits ainsi que le lendemain. Elles se sont de nouveau produites au cours de la nuit écoulée.

Lire aussi : Saint-Denis : le pilote du deux-roues est décédé, ambiance tendue aux Camélias

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5 Commentaire(s)

Strop, Posté
Ce qui mettent l'état responsable des actions de ce jeunes devraient comprendre que chaque voiture brulée c'est plusieurs voix pour le front national (comme si il y en avait besoin d'ailleurs maintenant...).

C'est vraiment à croire que ces jeunes appellent de leurs voeux le père fouettard (ou la mère fouettarde)...
Sissi974, Posté
Je pense qu'il y a un grand malaise avec une souffrance trop longtemps contenues qui sont à l'origine de ces émeutes, la mort de ce jeune, qui implique des policiers a permis le point départ d'une rébellion pour dire STOP. C'est maintenant à l'État de prendre ses responsabilités et de trouver des solutions, ainsi que la réalité de cette situation.
Caillou, Posté
DEMAIN 974 comment faire pour mettre fin à des faits délictueux ou à une simple infraction lorsque le ou les auteurs qu'on appelle délinquants s'opposent à leurs interpellations . On ne peut donc mettre fin à la commission des méfaits. .
Pas toujours facile d'avoir d'autre solution...
Depain974, depuis son mobile, Posté
C'est évidemment un prétexte ces violences, mais je crois que le problème la dedans c'est aussi que ce soit une voiture de la BAC. Cette unité de police traite la violence par la violence et se pense au dessus des lois, les gens des quartiers ne sont pas tous des irresponsables sans respect de la loi, mais ils voient tout les jours les avis et subissent les délinquants et le traitement particulier de la police anicriminalité.
Caillou, Posté
Le résultat de l'enquête avec preuves vidéo ne conviennent pas aux proches et amis de la victime. On a tellement pris l'habitude de mettre aussitÃ't les forces de l'ordre en cause et de faire volontairement planer le doute. Je ne dis pas qu'il arrive que la responsabilité des policiers ou gendarmes est engagée voire démontrée. Visiblement dans le cas présence n'est pas le cas. Faisons confiance à la justice de notre pays et ce avec bienveillance.