La Sodegis et la Sodiac épinglées (actualisé) :

Prix des loyers sociaux : La Réunion est la troisième région la plus chère de France


Publié / Actualisé
C'est un rapport accablant qu'a présenté ce dimanche 26 janvier 2020 la Confédération nationale du logement : La Réunion est aujourd'hui la troisième région - sans compter Paris - la plus chère de France en matière de loyers sociaux. Pourtant, La Réunion est aussi un territoire où 38% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Une situation inacceptable pour le CNL, qui interpelle de nouveau les services de l'Etat.
C'est un rapport accablant qu'a présenté ce dimanche 26 janvier 2020 la Confédération nationale du logement : La Réunion est aujourd'hui la troisième région - sans compter Paris - la plus chère de France en matière de loyers sociaux. Pourtant, La Réunion est aussi un territoire où 38% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Une situation inacceptable pour le CNL, qui interpelle de nouveau les services de l'Etat.

D'après les données du Conseil général du développement durable, présentées par le CNL, La Réunion est la 3ème région et le 13ème département le plus cher de France en matière de loyer. "Les prix pratiqués ne correspondent pas aux salaires des travailleurs, alors qu'environ 14 000 demandeurs de logements sociaux vivent avec moins de 1000 euros par mois et qu'environ 7300 autres vivent avec moins de 1500 euros" souligne Erick Fontaine, administrateur de la CNL Réunion.

Il pointe notamment du doigt les prix pratiqués par les bailleurs sociaux de la Sodegis et la Sodiac, toutes deux épinglées par des rapports de l'Agence nationale du contrôle du logement social. "Bien que les loyers proposés par la Sodegis soient attractifs par rapport au prix du marché privé dans les DOM, et plus particulièrement dans l’ouest et le grand sud de l’Ile de La Réunion, les niveaux de loyers pratiqués restent néanmoins élevés au regard des revenus très faibles des locataires" souligne l'Ancols dans son rapport, que nous vous avions partagé lors de sa publication.

Lire aussi : Agence nationale de contrôle du logement social : un rapport accablant pour la Sodegis

Concernant la Sodiac, l'Ancols indique que "les loyers de son parc, qui est récent, apparaissent relativement élevés au regard du marché locatif social et
aux capacités financières des populations logées ; les loyers pratiqués à la relocation devront ainsi être regardés avec attention. Quelques dépassements de loyers plafonds ont été constatés".

Erick Fontaine dénonce les prix des loyers et les pratiques des bailleurs sociaux, regardez :

Des charges locatives trop élevées

Par ailleurs, "les loyers pratiqués dépassent les loyers plafonds fixés dans les conventions de financement pour au moins 39 logements. Le montant du dépassement mensuel global représente 885 euros. Sans préjudice des actions que pourraient initier les locataires, la société doit régulariser la situation et rembourser à ces derniers les trop-perçus. Dans sa réponse, la société indique que le CA a acté le remboursement des sommes aux locataires concernés lors de sa séance du 22 décembre 2017, sans toutefois fournir l’ensemble des justificatifs" continue le rapport.

Erick Fontaine interpelle aussi la surprovision des charges locatives, qui représente une part importante à ajouter au loyer chaque mois. Il dénonce notamment les pratiques de certains bailleurs, qui sur-facturerait les interventions réalisées dans les parties communes des immeubles.

"L’ajustement des provisions au regard des charges constatées n’est pas satisfaisant. Des écarts importants (supérieurs à 20 %) ont été relevés sur 517 logements répartis sur 16 programmes. La Sodiac doit s’attacher à mieux estimer l’évolution des charges pour ces résidences ; cet exercice doit d’autant mieux être maîtrisé que le principal poste susceptible de variations importantes et difficilement anticipable (le chauffage) est absent des charges locatives pour le patrimoine de la Sodiac" souligne l'Ancols.

Du côté de la Sodegis, "la société doit ajuster les provisions pour charges récupérables avec plus de rigueur. En effet, si l’examen de dossiers n’a pas mis en évidence des factures récupérées à tort, il a cependant permis de constater que la société budgétait des imprévus (...). Cette pratique non justifiée participe au sur-provisionnement généralement observé pour l’exercice 2016, les provisions globalement appelées dépassant de 23 % les montants des charges effectivement réparties. Près de la moitié du patrimoine (47 résidences, 1 401 logements) est concernée pardes écarts supérieurs à 20 % entre les provisions et les charges réelles" détaille le rapport.

De nombreux dysfonctionnements

Ces dysfonctionnements s'accompagnent de beaucoup d'autres, comme la vetusté des locaux à la Sodiac par exemple. "Un quart des logements a été mis en service il y a plus de 20 ans, la problématique d’intervention sur le parc existant devient donc prégnante. Le PSP approuvé en 2010 constatait déjà un état de dégradation prématuré de plus de 40 % des programmes ainsi qu’un déficit d’entretien" souligne le rapport.

L'Ancols alerte aussi sur le manque de repérage d'amiante : "les obligations réglementaires concernant la réalisation de repérages des matériaux et produits contenant de l’amiante en parties communes et privatives ne sont pas toutes respectées (non conforme aux articles R. 1334-16 et suivants du code de la santé publique). En effet, six résidences mises en service avant 2000 (320 logements) n’ont pas été couvertes par les repérages en parties communes". "Devant cette lacune, l’Agence a procédé à une analyse par échantillonnage des conclusions des repérages déjà réalisés. Des matériaux ou produits contenant de l’amiante, ou susceptibles d’en contenir, ont été repérés dans au moins sept ensembles immobiliers" continue l'agence.

Du côté de la Sogedis, "Une campagne de repérage a été réalisée en 2012 dans les parties communes et dans un panel d’environ 10 % des 1 086 logements concernés. Aucun matériau contenant de l’amiante n’a été identifié lors de ces diagnostics. Les repérages et la constitution des DAPP n’ont cependant pas été réalisés pour l’ensemble des logements". La Sodegis a cependant affirmé souhaiter réaliser la totalité des repérages avant fin 2019.

D'ici les prochaines semaines, trois nouveaux rapports concernant les bailleurs sociaux réunionnais devraient être présentés par l'Ancols. Des rapports que la CNL attend impatiemment, cette dernière pointant du doigt les pratiques d'autres bailleurs.

La Sodegis et la Sodiac n'étaient pas joignables en ce dimanche, et n'étaient donc pas en mesure de répondre à nos questions.

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

8 Commentaire(s)

Jocelyne974, Posté
La sodegis n 'était pas joignable le dimanche . Ok et les autres jours ? Ils travaillent ? Et les actionnaires ? Pas joignables non plus ? C 'est vrai que de ce cÃ'té y a pas de transparence non plus !!
Les gens censés vont supporter ça jusqu'à quand encore ??
Chris, Posté
Quand on voit le parc auto de la Réunion, quand on voit le nombre de portable vendu à la Réunion, quand on voit le nombre de passager au départ de la Réunion j ai du mal à croire au 38% de pauvreté. Il y a un max de travail au noir a la Réunion sinon je pense que la Réunion aurai explosée depuis plusieurs années. Et ne parlons pas non plus de la prime de vie chère pour les fonctionnaires car quand je vais faire mes courses je paye la même chose que eux sauf que je n ai pas de prime moi.
Marc974, Posté
Tout le monde qu a la cnl ce type qui parle fait peu et parle beaucoup car il veut devenir un politicien. Un politique d'ailleurs assez mauvais et qui ne sait pas parler
Joseph, Posté
"38% de la population vit sous le seuil de pauvreté"
Revenus déclarés, ou réels ?
Parce que mes pauvres voisins, chômeurs de naissance, au RSA ont une BMW, et une Seat Cupra !
Volcan974, Posté
Pas la SiDR, c'est rigolo
Romu le raleur, Posté
Sans préjuger de la compétence en gestion des bailleurs, si on parlait du coté de la construction ?
Tijacrun, Posté
Comment on dit ici quand on pointe du doigt une décision de métropole ?
Philippe LEVESQUE, depuis son mobile, Posté
14000 avec moins de 1000 euros et 3000 avec moins de 1500 euros !!!
Il doit y avoir erreur sur les chiffres!! (Bonjour, effectivement c'est le nombre de demandeurs de logements et non de Réunionnais, cela a été rectifié, belle journée à vous - webmaster)