Insee :

Les ménages ultramarins consomment moins que les métropolitains


Publié / Actualisé
Ce jeudi 30 janvier, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publie un rapport sur les dépenses de consommation des ménages domiens et métropolitains. Un constat : les ultramarins consomment moins que les métropolitains. L'Insee précise "ainsi, les familles monoparentales et les couples sans enfant ont un niveau de consommation qui s'écarte davantage de la moyenne qu'en métropole. Les principaux postes de dépenses sont identiques dans les DOM et en métropole. Cependant, leur hiérarchie diffère : les transports devancent souvent le logement et l'alimentation." Nous publions ci-dessous le communiqué de l'Insee.
Ce jeudi 30 janvier, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publie un rapport sur les dépenses de consommation des ménages domiens et métropolitains. Un constat : les ultramarins consomment moins que les métropolitains. L'Insee précise "ainsi, les familles monoparentales et les couples sans enfant ont un niveau de consommation qui s'écarte davantage de la moyenne qu'en métropole. Les principaux postes de dépenses sont identiques dans les DOM et en métropole. Cependant, leur hiérarchie diffère : les transports devancent souvent le logement et l'alimentation." Nous publions ci-dessous le communiqué de l'Insee.

Un niveau moyen de dépenses inférieur dans les DOM

En 2017, les ménages de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de La Réunion ont des niveaux moyens de dépenses de consommation assez proches, entre 22 800 et 23 800 euros par an. En métropole, le niveau moyen est de 27 600 euros, soit un écart de 14 % à 17 %. Les dépenses des ménages mahorais sont nettement inférieures : ils dépensent en moyenne 14 300 euros par an, soit moitié moins qu’en métropole ; la présence de ménages étrangers ayant un niveau de dépenses faible impacte le niveau moyen des dépenses.

Les écarts de dépenses entre les ménages les plus aisés et les plus modestes sont plus accentués dans les DOM qu’en métropole. En effet, les 20 % de ménages les plus aisés ont un niveau de dépenses 2,4 fois plus élevé que les 20 % de ménages les plus modestes, alors que ce ratio atteint 3,1 en Guadeloupe, 3,6 à La Réunion et jusqu'à 4,7 à Mayotte (figure 2). Ces écarts reflètent principalement des inégalités de revenu plus prononcées dans les DOM qu’en métropole.

Un plus faible niveau de dépense pour les familles monoparentales

À Mayotte, en Guyane et à La Réunion, la jeunesse de la population va de pair avec des ménages de plus grande taille. Cela se traduit, en raisonnant par unité de consommation (UC) pour neutraliser l’effet lié à la taille du ménage, par une accentuation des écarts de dépenses entre DOM et une modification de leur hiérarchie : en Martinique et en Guadeloupe, la dépense annuelle de consommation par UC atteint en moyenne 15 000 euros, 14 000 euros à La Réunion, 12 000 euros en Guyane et moins de 7 000 euros à Mayotte (figure 1b).

Les écarts selon le type de ménage sont marqués, y compris lorsque l’on neutralise la taille des ménages, même s’ils ne sont pas homogènes d’un DOM à l’autre. Ils dépendent en majeure partie des différences de revenu.

Ainsi, sur tous les territoires, les familles monoparentales consomment nettement moins que les autres ménages. Par UC, elles dépensent 35 % de moins que la moyenne locale à Mayotte, 25 % de moins à La Réunion et 17 % de moins en Guyane. En Martinique, l’écart est moindre (13 %, soit légèrement moins qu’en métropole, 16 %).

En raisonnant par UC, sur tous les territoires, les couples sans enfant consomment davantage que la moyenne locale des ménages, 14 % de plus en métropole, 17 % en Martinique, 30 % en Guadeloupe, 45 % à La Réunion et même plus de 55 % en Guyane et à Mayotte.

Pour les personnes seules, la situation est contrastée. Comme en métropole, leur niveau de consommation est légèrement inférieur à la moyenne des ménages en Guadeloupe et à La Réunion (respectivement – 10 % et – 5 % en raisonnant par UC), ou à peine supérieur en Martinique. La Guyane et surtout Mayotte se démarquent avec un niveau de consommation des personnes seules largement supérieur à la moyenne des ménages (respectivement + 35 % et + 80 %). Dans ces territoires, plus du quart des personnes seules font partie des 20 % des ménages les plus aisés, contre moins d’un sur cinq dans les autres DOM et en métropole.

Transports ou alimentation : premiers postes de dépenses

La structure des dépenses dans les DOM en 2017 est proche de celle des ménages métropolitains. Les quatre principaux postes de dépenses sont identiques : transports, logement, alimentation et " biens et services divers " (assurances principalement et coiffeur, rasoir, sèche-cheveux, produits de beauté, etc.), à l’exception de Mayotte.

Cependant, leur hiérarchie diffère quelque peu. Les transports constituent en Martinique, à La Réunion et en Guadeloupe, le poste de dépenses le plus lourd avec près d’un cinquième du budget (figure 3). En Guyane, c’est le logement qui pèse le plus, du fait notamment de loyers élevés, en raison du déséquilibre entre la faiblesse de l’offre et l’importance de la demande de logements. L’alimentation, 2e ou 3e poste de dépenses dans ces quatre DOM, représente entre 16 % et 17 % du budget. Par ailleurs, le poste " communications ", systématiquement plus élevé dans les DOM, reflète un surcoût des services téléphoniques et internet.

Mayotte se distingue des quatre DOM historiques. En lien notamment avec un faible niveau de vie, l'alimentation y constitue le plus gros poste de dépenses (24 % du budget de consommation), devant les transports et le logement. Autre spécificité mahoraise, les " articles d'habillement et chaussures " est le 4e poste de consommation, il représente un dixième du budget, soit deux fois plus qu'en métropole et dans les autres DOM.

   

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