Pas que des bonnes affaires... :

Soldes : le désastre écologique de nos achats frénétiques


Publié / Actualisé
Ce samedi 1er février 2020 marque le coup d'envoi des soldes d'été, c'est parti pour quatre semaines d'achats effrénés. Les commerçants se frottent les mains, les clients préparent leurs baskets pour arpenter les magasins et profiter des bonnes affaires... Cependant, tout n'est pas rose, certaines voix s'élèvent pour dénoncer les "ravages de cette folie consumériste" comme la qualifient les militants d'Extinction Rebellion, un mouvement social écologiste qui mène des actions coup de poing pour remettre des préoccupations principalement liées à l'urgence climatique au centre du débat public.
Ce samedi 1er février 2020 marque le coup d'envoi des soldes d'été, c'est parti pour quatre semaines d'achats effrénés. Les commerçants se frottent les mains, les clients préparent leurs baskets pour arpenter les magasins et profiter des bonnes affaires... Cependant, tout n'est pas rose, certaines voix s'élèvent pour dénoncer les "ravages de cette folie consumériste" comme la qualifient les militants d'Extinction Rebellion, un mouvement social écologiste qui mène des actions coup de poing pour remettre des préoccupations principalement liées à l'urgence climatique au centre du débat public.

Pour de nombreuses familles, les soldes c’est la grande messe des bonnes affaires. Parfois même, le seul moment de l’année où elles se permettent de refaire leur garde-robe, d'acheter des équipements ménagers, de la high tech... Avec 38% de Réunionnais qui vivent sous le seuil de pauvreté, cette période de rabais, promotions et autres réductions permet de se faire plaisir à un prix raisonable.

Pour les commerçants, c’est le moment d’écouler les invendus, de faire de la place pour les nouvelles collections et d’essayer de fidéliser une clientèle qui n’achète pas forcément le reste du temps.

Sauf que les soldes, aussi attrayants et tentants soient-ils, coûtent cher à la planète, très cher. Selon une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) "nous achetons 60% de vêtements en plus qu’il y a quinze ans et les conservons moitié moins de temps." Le problème, ce n’est pas les soldes mais l’idée de surconsommation qu’il y a derrière et les conséquences désastreuses pour notre planète.

L’industrie du textile est l’une des plus polluantes de la planète. Pour avoir un ordre d’idée, "elle émet plus de gaz à effet de serre que les vols internationaux et le trafic maritime" affirme l’Ademe avant de s'alarmer "la culture du coton consomme beaucoup d'engrais, de pesticides et d'eau : 2 700 litres pour un tee-shirt." Sans parler du coût humain: des ouvriers mal payés qui travaillent dans de mauvaises conditions, ce qui a mené à des drames tels que l'effondrement du Rana Plaza.

Dramatique pour une planète déjà à bout de souffle, c’est ce que dénoncent les militants du mouvement Extinction Rebellion et ANV-Cop21. Mercredi 29 et jeudi 30 janvier, ils ont mené des actions coup de poing pour dénoncer "la surconsommation liée à notre mode de société, notamment lors des périodes de soldes." Panneaux publicitaires et devantures de magasins ont été quelque peu changés... Les militants y ont ajouté leurs messages "on consomme et la terre se consume", "soldes, nature, biodiversité, tout doit disparaître"

Photo Extinction Rebellion

Pour appuyer l’idée de "surconsommation", les militants donnent des chiffres :
• 70% de notre garde-robe n'est pas portée
• 12 kg de vêtements sont jetés touts les ans par chaque français
• 25% seulement des vêtements sont recyclés
• 30 kg d'habits sont achetés chaque année par les femmes
• 14 € d'habits jamais portés dans chaque logement

À la lumière de ces chiffres, Extinction Rebellion et ANV-Cop21 font un constat "alors même que les associations locales œuvrant dans la récupération et valorisation des textiles croulent déjà sous les stocks, il existe de nombreuses possibilités de renouveler sa garde-robe sans forcément passer par un achat de produit neuf et ainsi de limiter son impact environnemental. Il apparait de manière évidente à la lecture des chiffres présentés, que nombre de nos achats relèvent de la pulsion et qu'ils pourraient être évités."

Une surconsommation frénétique, nous accumulons des choses dont nous n'avons pas besoin qui polluent notre environnement tout en envahissant les pays pauvres.

Le message n’est pas culpabilisateur, c'est un constat. L’idée n’est pas d’arrêter de faire les soldes mais juste d’acheter responsable. La première chose est de se demander si l’on en a vraiment besoin, de voir si l’on peut l’acheter d’occasion et si on ne peut le trouver qu’en neuf alors l’acheter éthique dans des matières durables. Plus facile à dire qu’à faire, la tentation est grande mais pensez à la planète !

fh / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Fifol, Posté
Voici un article courageux et constructif... comme il y en a malheureusement trop rarement ! Merci Imazpress !