Victimes de violences sexuelles :

Pourquoi une si longue attente pour être entendues...


Publié / Actualisé
Nous sommes en 2020. Les langues continuent de se délier, parfois vingt ans plus tard, sur l'horreur que peuvent vivre certaines (beaucoup) de femmes dans leur quotidien. Agressions, violences sexuelles, conjugales, psychologiques...Les femmes ont de tout temps été malmenées, le plus souvent par des hommes. Depuis le mouvement #MeToo, la prise de parole s'est améliorée, mais certains continuent de protéger ceux qui en sont coupables. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Nous sommes en 2020. Les langues continuent de se délier, parfois vingt ans plus tard, sur l'horreur que peuvent vivre certaines (beaucoup) de femmes dans leur quotidien. Agressions, violences sexuelles, conjugales, psychologiques...Les femmes ont de tout temps été malmenées, le plus souvent par des hommes. Depuis le mouvement #MeToo, la prise de parole s'est améliorée, mais certains continuent de protéger ceux qui en sont coupables. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Tout récemment, l'ancienne patineuse artistique Sarah Abitbol a dévoilé avoir été agressée sexuellement pendant plus de deux ans par son entraîneur de l'époque, Gilles Beyer. Si celui-ci s'est excusé pour des "relations inappropriées" – comprendre viol sur une mineure de 15 ans, le président de la Fédération française de sport sur glace, Didier Gailhaguet, lui, n'a pas bronché.

Au courant des faits, il n'aurait justifié son inaction uniquement lorsque les premiers éléments sont parvenus aux oreilles des hautes sphères, affirme la ministre des Sports Roxana Maracineanu. Et il refuse aujourd'hui de démissionner de son poste.

Difficile de comprendre comment, en 2020, un homme occupant d'aussi hautes fonctions puisse refuser de voir le mal engendrer par le silence qui a pesé pendant des années sur les accusations d'agressions sexuelles concernant Gilles Beyer – ou d'autres professionnels du patinage.

Pire encore, c'est une insulte même aux victimes d'agressions. Car le message ainsi envoyé clame qu'elles en sont seules responsables des souffrances indélibiles infligées par leur agresseurs.

Un fléau dans le sport, dans la culture, et partout autour de nous

Le parallèle peut aussi être fait avec Roman Polanski. Le cinéaste, condamné aux États-Unis pour viol sur une mineure de 13 ans et sous le coup d'un mandat d'arrêt international. A côté de cela, il est acclamé depuis des années pour ses œuvres. Dernièrement, l'académie des Césars lui a accordé 12 nominations. Sinistre ironie, ce sont aussi douze femmes qui l'accusent de viol.

Douze accusations, et pourtant, une éminente institution a décidé de fermer les yeux. "L’Académie des César n'est pas une instance qui doit avoir des positions morales" a tranquillement déclaré Alain Terzian, le président de l'institution. Comme si le viol était une affaire morale et non pas un crime relevant des Assises !

Et au final ne pas prendre en considération les nombreuses accusations qui pèsent sur le cinéaste, n'est-ce pas en soi une prise de position morale ? Ou même une absence totale et évidente de la moindre morale de la part de l'Académie ?

La honte change lentement de camp

Bien heureusement, si dirigeant(e)s refusent d'admettre leur part de responsabilité dans cette culture du viol omniprésente dans l'art, le sport, ou la vie de tous les jours, d'autres s'élèvent – enfin – contre.

A commencer par Roxana Maracineanu, qui réclame la démission de Didier Gailhaguet et se dit "sans voix" face à la réaction du président de la FFSG, qui semble plus accroché à son poste que s'intéresser à la problématique des violences sexuelles. "C'est dégueulasse !" s'est-il exclamé lors d'une conférence donnée ce mercredi, concernant la "stigmatisation" dont il serait coupable.

Pour nous ce qui est "dégueulasse" est d'avoir maintenu en poste, en toute connaissance de cause, un homme accusé à plusieurs reprises d'attouchements et agressions !

Parallèlement, 54 athlètes olympiques disent aujourd'hui "stop aux violences sexuelles dans le sport" dans une tribune parue sur France Info. Une bonne nouvelle, alors que les athlètes sont en première ligne pour faire peser dans la balance.

Lors des révélations de l'actrice Adèle Haenel sur les agressions sexuelles que lui a fait subir le réalisateur Christophe Ruggia, une pluie de soutien avait déferlé en faveur de l'actrice de la part de très nombreux acteurs et actrices.

S'ils se sont faits plus silencieux sur l'affaire Polanski, peut-être s'élèveront-ils lors de la cérémonie des Césars ? Espérons-le, car vraisemblablement, ce n'est pas du côté des présidences d'institution qu'il faut aller chercher du soutien – que ce soit pendant les années 80 ou aujourd'hui.

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Lobby, Posté
Les violeurs présumés passeront tôt ou tard devant la.justice mais c'est surtout le lobby, le réseau que bénéficient les violeurs présumés qui doivent également être sanctionnés.