Discrimination :

Coronavirus : quand épidémie rime avec racisme...


Publié / Actualisé
Déjà 1.100 morts à cause du nouveau coronavirus... Et la quasi-totalité des victimes sont chinoises. On pourrait penser que la compassion est de mise, l'horreur en pensant à ces familles endeuillées, l'empathie en se mettant à la place des habitants de Wuhan - la ville chinoise foyer de l'épidémie-, désormais coupés du reste du monde. Pourtant ces sentiments font parfois place à un élan bien moins noble : la peur du Chinois. Et La Réunion, pourtant réputée comme étant le berceau du vivre ensemble, n'est pas en reste. Le racisme est bien souvent insidieux et changer de trottoir ou éviter un restaurant chinois n'est pas moins discriminant qu'une agression physique.
Déjà 1.100 morts à cause du nouveau coronavirus... Et la quasi-totalité des victimes sont chinoises. On pourrait penser que la compassion est de mise, l'horreur en pensant à ces familles endeuillées, l'empathie en se mettant à la place des habitants de Wuhan - la ville chinoise foyer de l'épidémie-, désormais coupés du reste du monde. Pourtant ces sentiments font parfois place à un élan bien moins noble : la peur du Chinois. Et La Réunion, pourtant réputée comme étant le berceau du vivre ensemble, n'est pas en reste. Le racisme est bien souvent insidieux et changer de trottoir ou éviter un restaurant chinois n'est pas moins discriminant qu'une agression physique.

"Ma voisine est arrivée de Chine et j'ai peur", écrit un internaute sous l'un de nos articles. "Trop de va-et-vient entre La Réunion et la Chine" commente un autre. "10.000 morts de la grippe, quand allez-vous vous en préoccuper" rédige un troisième, comparant les morts de la grippe à ceux du coronavirus…

L'épidémie a beau avoir gagné une ampleur démesurée en Chine, elle ne suffit pourtant pas à amoindrir les coeurs les plus durs. La théorie du mort au kilomètre, comme on dit…

Mais plus qu'une absence de compassion, c'est la peur de l'autre qui s'installe, insidieuse. Elle n'est pas dite clairement, elle est sournoise. Pourtant elle n'empêchera pas un auditeur réunionnais de déclarer haut et fort à la radio qu'il refuse de remettre les pieds dans un restaurant chinois.

C'est ce témoignage qui nous a alertés. La Réunion, qualifiée de sublime mosaïque ethnique, où toutes les couleurs de peau et toutes les religions se côtoient, n'est pas en reste.

Les Métropolitains ont bien souvent cette réputation de juger l'autre d'un simple coup d'oeil. Parce qu'il ou elle est différent et n'a pas pour ancêtres des Gaulois comme diraient certains…

Il n'y a qu'à écouter le chroniqueur Guillaume Meurice interviewer les passants sur France Inter. Un concentré de bêtise. "Je ne vais plus aux galeries Lafayette" dit celle-ci, "de toute façon il faut bien le dire, il y a trop de Chinois chez nous" explique celui-là.

Une Parisienne raconte même ses souvenirs d'enfance, "ce temps où je pouvais faire du patin à roulettes tranquillement au Trocadéro… maintenant ce n'est plus possible". Vous aurez compris le sous-entendu : "trop de Chinois" !

Un sentiment que l'on ressent également sur l'île, au travers des discussions, dans les commentaires, et même les regards…

Le racisme ce n'est pas uniquement des agressions physiques ou des mots haineux. Le concept est parfois beaucoup plus hypocrite, et éviter de se rendre dans un restaurant chinois comme l'affirmait fièrement cet auditeur, oui, c'est du racisme.

L'amalgame est facile, il n'en est pas moins erroné. Chinois et Coronavirus ont beau commencé par la même lettre, ils n'ont en commun que la géographie et la région dans laquelle l'épidémie a commencé.

Le 2 février, un mort a été identifié aux Philippines, le premier hors Chine. La maladie quand elle veut frapper aux portes n'a ni nationalité ni couleur de peau.

"Alerte jaune" titrait pourtant ce journal de Métropole. Affiché en caractère gras, distribué chez les marchands, une phrase éminemment raciste pourtant en grande une d'un organe de presse. Quelle honte.

Ce racisme anti-chinois s'incruste tant dans notre quotidien que certains finissent par se sentir obligés de rappeler que la tolérance ne prend pas de vacances quand il est question de santé mondiale. D'où cette initiative locale, que l'on ne peut qu'applaudir.

A travers un hashtag en anglais #SolidarityForChina ("solidarité envers la Chine") sur le réseau Twitter, des Réunionnais ont tenu à rappeler "qu’entre les 4 mers tous les Hommes sont Frères..."

Un message de paix à garder dans un coin de votre tête la prochaine fois que vous croiserez un Chinois sur le trottoir.

mm / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

Pour aller plus loin :

Lire aussi : Coronavirus : pas de psychose, mais des inquiétudes légitimes

Lire aussi : Air Austral : l'arrêt provisoire des vols Réunion - Canton avancé au 1er février

Lire aussi : Chine : 1.100 morts, Xi entrevoit une "évolution positive"

   

2 Commentaire(s)

JérÃ'me, Posté
C'est la guerre entre les États-Unis d'Amérique et la Chine pour la domination du monde, économiquement, financièrement et politiquement. Les coups bas en tous genres sont utilisés, y compris la xénophobie. Cela relève de la propagande militaire. Beaucoup de personnes sont tombées dans le piège.
Sissi974, Posté
Mais ARRÊTEZ ! c'est pas possible, je ne peux y croire ! avoir peur de son semblable, l'évolution chez l'humain, ce ne sera pas pour demain ! hélas ! C'est grave cette décadence de l'humanité !!!