Les robes noires ne veulent pas de la réforme des retraite :

Tension : les avocats sont toujours en grève, des magistrats s'agacent


Publié / Actualisé
Plusieurs semaines que les avocats de La Réunion (comme ceux de Métropole) sont en grève, plusieurs semaines qu'ils ne se sentent pas entendus par le gouvernement. Ils sont loin d'être les seuls dans ce cas. Ce mardi 18 février 2020, certains magistrats de la Cour d'appel ont dit leur agacement face à cette situation. Motif de leur mécontentement : une nouvelle opération menée à coups de sifflets par le robes noire. Le ton est monté entre avocats en grève et magistrats. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Plusieurs semaines que les avocats de La Réunion (comme ceux de Métropole) sont en grève, plusieurs semaines qu'ils ne se sentent pas entendus par le gouvernement. Ils sont loin d'être les seuls dans ce cas. Ce mardi 18 février 2020, certains magistrats de la Cour d'appel ont dit leur agacement face à cette situation. Motif de leur mécontentement : une nouvelle opération menée à coups de sifflets par le robes noire. Le ton est monté entre avocats en grève et magistrats. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"Nous pouvons comprendre que l'agacement se fasse ressentir, mais si on nous accuse de ralentir la justice, il faut d'abord préciser que cette dernière était déjà très lente avant même que nous lancions notre mouvement de grève" argumente Guillaume de Géry, bâtonnier du barreau de Saint-Denis. "La charge de travail est ralentie par les dysfonctionnements de la justice, induits par les nombreuses réformes auxquelles nous faisons face depuis des années" souligne-t-il par ailleurs.

Une chose est sûre, les grévistes n'ont pas l'intention d'abandonner. "Il me semble peu probable que le mouvement de grève, qui est illimité, ne se termine avant la fin des débats à l'Assemblée nationale" précise le bâtonnier. Comprendre que la grève pourrait bien continuer pour les deux semaines à venir.

La forme de protestation pour les prochains jours n'est cependant pas connue. "Nous composons au jour le jour" précise Guillaume de Géry. Interruption de l'audience solennelle, rassemblements à la Cour d'Appel, conseils juridiques gratuits… Les avocats ont en tout cas été inventifs pour manifester leur mécontentement depuis le 6 janvier face à une réforme des retraites qui serait, selon eux, un "nouveau coup dur pour une justice déjà en souffrance".

Une réforme qui a mis le feu aux poudres

"Les problèmes que l'on pointe du doigt aujourd'hui, c'est-à-dire le manque de magistrats, de budget, des délibérés extrêmement longs, des dates de délibérés prorogés… Tout cela existait déjà avant notre mouvement de grève, cette réforme n'est que la goutte d'eau qui fait déborder le vase" explique le bâtonnier. En France, il existe aujourd'hui 8000 magistrats. "C'est le même nombre qu'au 19ème siècle, on ne peut pas fonctionner avec si peu de magistrats aujourd'hui, nous n'avons pas les moyens de faire face aux justiciables !" pointe-t-il du doigt.

La réforme, selon lui, ne ferait qu'empirer une situation déjà explosive : en augmentant le taux de cotisation des avocats, certains petits cabinets devraient mettre la clé sous la porte. "Ce qui signifie moins d'avocats, des dossiers qui se perdraient dans la nature ou qui mettraient des mois à être repris, un accès à la justice encore plus compliqué avec une raréfaction de l'offre d'avocats…" énumère-t-il.

Une chose est sûre donc, si le gouvernement ne répond pas aux sollicitations des grévistes, qui demandent l'ouverture d'un dialogue, la grève ne prendra pas fin.

as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Jojo, Posté
Ces hauts fonctionnaires macronistes ne sont pas soumis à un devoir de réserve ? Qu'ils gardent leur agacement pour eux. Moi en tant que citoyen c'est l'iniquité de la justice qui m'agace,comme tant d'autres concitoyens, mais rien ne change dans le bon sens.
Bravo aux avocats de résister. Rappel : les copains à Macron de la banque de France comme les larbins qui aident a maintenir un monde politique qui oeuvre contre les français ont obtenu le maintien de leur régime spécial.