Un territoire avec des spécificités :

Agriculture : réduire les produits phytosanitaires, un défi pour La Réunion


Publié / Actualisé
Du 19 au 21 février 2020, le préfet Pierre-Etienne Bisch, coordonnateur national des plans gouvernementaux de réduction des produits phytopharmaceutiques (PPP) et de sortie du glyphosate, est en visite à La Réunion. Alors que le gouvernement a fixé de réduire l'utilisation PPP de 25 % en 2020 et d'abandonner les principaux usages du glyphosate d'ici fin 2020, le préfet est dans l'île pour faire le point sur ces objectifs et leur application possible dans un territoire avec des spécificités comme les notre. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Du 19 au 21 février 2020, le préfet Pierre-Etienne Bisch, coordonnateur national des plans gouvernementaux de réduction des produits phytopharmaceutiques (PPP) et de sortie du glyphosate, est en visite à La Réunion. Alors que le gouvernement a fixé de réduire l'utilisation PPP de 25 % en 2020 et d'abandonner les principaux usages du glyphosate d'ici fin 2020, le préfet est dans l'île pour faire le point sur ces objectifs et leur application possible dans un territoire avec des spécificités comme les notre. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Si les objectifs globaux sont les mêmes partout en France, il reviendra aux différents préfets d'adapter ces objectifs aux particularités du climat régional. "Il faut en tenir compte dans les solutions que l'on doit mettre en place" souligne Pierre-Etienne Bisch.

Cependant, il faut "impulser une volonté et faire prendre conscience à la population que le juste emploi du produit est indispensable" précise-t-il. Regardez :

La rencontre d'aujourd'hui portait entre autres sur les inquiétudes des agriculteurs, qui s'inquiètent de ne pas avoir d'alternatives aux produits chimiques. "On parle de désherbage mécanique mais en dehors du surcoût, il faut aussi penser aux dommages que cela peut causer sur les cultures" admet le préfet. De nouvelles discussions seront donc mises en place dans les jours à venir et au mois de mars pour tenter d'apporter une solution qui satisfasse tout le monde.

Le préfet précise cependant qu'aujourd'hui, malgré un programme prioritaire de recherche pour des alternatives biologiques, il reste la possibilité que ces dernières ne soient pas trouvées d'ici à 2022. "Dans ce cas-là, une dérogation pourra être envisagée : on ne peut pas banir un produit si cela signifie la mort économique des exploitations" précise-t-il.

Des agriculteurs inquiets

Du côté des agriculteurs, les objectifs du gouvernement ne sont pas réalisables en l'état d'après Jean-Michel Moutama, secrétaire générale de la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER). "La volonté est noble, mais il y a un véritable impact économique sur nos exploitations, et aujourd'hui aucun des produits de subsititutions n'est proposé" explique-t-il.

Se passer de produits PPP serait donc extrêmement difficile aujourd'hui. "Nous n'arriverons pas à atteindre ces objectifs, il faut être réaliste" indique Jean-Michel Moutama.

Quels sont les moyens qui seront mis en place pour faire la transition ? Les agriculteurs n'ont pas reçu de réponse. "On est les premiers à être exposé, donc on est totalement pour arrêter l'utilisation de PPP, mais nous sommes dans un climat tropical donc les décisions prises en métropole ne peuvent être appliquer ici de la même façon" termine-t-il.

De nouvelles rencontres sont prévues pour tenter de trouver une solution qui serait, à l'heure actuelle, réaliste pour les agriculteurs réunionnais.

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

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