Un week-end sous tension :

Coronavirus : les paquebots de la discorde


Publié / Actualisé
Ce week-end, deux nouveaux bateaux ont accosté à La Réunion, sur fond de tensions. Les inquiétudes liées à l'épidémie de coronavirus sont vives et beaucoup s'étonnent que l'Agence régionale de santé de La Réunion ne procède pas aux prises de température comme le font d'autres pays. A la descente de ces passagers, masques et flyers ont été remis sur demande, mais aucun test médical n'a été effectué. La journée de dimanche fut particulièrement mouvementée avec la venue de plusieurs manifestants aux portes du port-est. Ils ont été repoussés par les forces de l'ordre, donnant lieu à des affrontements, jets de galets et poubelles en feu contre grenades lacrymogènes. La préfecture et l'ARS veulent calmer le jeu mais sans succès, de leur côté les élus appellent à plus de communication (Photo rb/www.ipreunion.com)
Ce week-end, deux nouveaux bateaux ont accosté à La Réunion, sur fond de tensions. Les inquiétudes liées à l'épidémie de coronavirus sont vives et beaucoup s'étonnent que l'Agence régionale de santé de La Réunion ne procède pas aux prises de température comme le font d'autres pays. A la descente de ces passagers, masques et flyers ont été remis sur demande, mais aucun test médical n'a été effectué. La journée de dimanche fut particulièrement mouvementée avec la venue de plusieurs manifestants aux portes du port-est. Ils ont été repoussés par les forces de l'ordre, donnant lieu à des affrontements, jets de galets et poubelles en feu contre grenades lacrymogènes. La préfecture et l'ARS veulent calmer le jeu mais sans succès, de leur côté les élus appellent à plus de communication (Photo rb/www.ipreunion.com)

Les journées de samedi et dimanche ont été très intenses. Le samedi c'est d'abord l'arrivée de l'Azamara, paquebot de croisière venu de Madagascar, qui a fait réagir. Le bateau n'a pas marqué son escale sur la Grande île comme prévu, car les contrôles sanitaires réclamés par les autorités semblaient trop longs pour les 2.800 passagers à bord. Sur la décision de l'armateur, le bateau a donc filé droit sur La Réunion en accostant avec un jour d'avance.

A leur descente, les voyageurs se sont vus remettre - sur demande - des masques chirurgicaux et des flyers donnant les principales informations à connaître sur le coronavirus, appelé Covid-19. Si l'arrivée des passagers s'est déroulée dans le calme, plusieurs personnes ont commencé à se masser devant l'entrée du port-est. Ces protestataires sont venus s'insurger contre le manque de contrôle sanitaire via l'absence de prise de température sur ces touristes.

- Cordon de sécurité -

Finalement, les forces de l'ordre ont décidé d'installer un cordon de sécurité pour permettre aux touristes de repartir sans gêne. Les internautes ont pu cependant le suivre en direct : la tension était palpable et les manifestants venus autour de l'entrée du port-est n'ont pas caché leur mécontentement.

Ce dimanche, cette tension est montée d'un cran. Cette fois c'est le Sun Princess qui a accosté au port-est. Le paquebot a d'abord été refoulé de Madagascar le 13 février car cela faisait moins de deux semaines qu'il avait quitté la Thaïlande, zone à risque. Le temps officiel d'incubation du coronavirus est de 14 jours. Après avoir filé vers l'Afrique du Sud, le bateau a fait cap vers La Réunion où il est arrivé ce dimanche 1er mars avec 2.500 passagers à bord.

Est-ce la venue d'un premier bateau mercredi 26 février puis celle du second paquebot ce samedi qui a fait monter la colère ? Toujours est-il qu'après une matinée dans le calme, les manifestants se sont à nouveau présentés à l'entrée du port-est pour réclamer la mise en place de tests de température corporelle sur les vacanciers. Encore une fois, les touristes essayant de repartir ont été pris à partie par les protestataires.

- Tensions entre forces de l'ordre et manifestants -

Les heurts ont éclaté en milieu de matinée lorsque des protestataires ont voulu s'opposer à la sortie du port-est d'une cinquantaine touristes déconcertés par cet accueil. Plus de 300 autres passagers avaient déjà eu le temps de partir en taxi ou en bus vers différentes excursions dans l'île.

Les forces de l'ordre sont intervenues pour libérer le passage. Plusieurs jets de galets et de bouteilles ont alors ciblé les policiers qui ont riposté par des tirs de grenades lacrymogènes. Une personne a été interpellée. Les affrontements ont  duré jusqu'en début d'après-midi alors que nos journalistes filmaient en direct la scène.

"Bien sûr que nous ne sommes pas contre la venue des touristes à La Réunion, ils sont nécessaires au développement de notre économie. Nous voulons juste être certains qu'il n'y a pas de risque de propagation du coronavirus" a expliqué Yannis Latchimy, venu manifester avec un groupe d'amis.

Conformément aux dispositions mises en place par l'Agence régionale de santé de l'océan Indien (ARS-OI), il n'y a pas eu de prise de température des voyageurs débarquant à La Réunion. Un agent de ARS était présent sur le quai avec un stock de masques et de dépliants indiquant les précautions à prendre pour éviter la propagation du coronavirus. Aucun des 300 touristes n'a pris de masque.

• Le maire du Port réclame une réunion

Suite à cette matinée chaotique, le maire du Port Olivier Hoarau a souhaité réagir, reconnaissant qu'il y a "une forme de psychose qui s'installe (...) qui peut déclencher des débordements".

L'élu et candidat aux élections municipales de mars a demandé "à ce qu'il y ait une réunion rapidement avec l'ARS et le préfet pour que la population ait toutes les informations, ainsi qu'un point précis tous les deux jours auprès des élus. Il y a nécessité de donner le maximum d'informations. La population est en droit de savoir."

Selon lui, la conférence tenue vendredi 28 février par la préfecture et l'ARS n'est pas suffisante. Rappelons que les autorités ont en effet organisé un point presse durant lequel ils ont donné plusieurs détails supplémentaires quant au plan de prévention mis en place à La Réunion. Ainsi il a été précisé que la présence ou non de cas de coronavirus à La Réunion ne serait jamais communiquée par la préfecture mais par le ministère de la Santé.

Quelques informations ont également été apportées concernant le dispositif de confinement en cas de doute, la mise en place d'un numéro vert départemental dans les prochains jours, la préparation des hôpitaux ou encore l'approvisionnement en masques de protection. Peu de chiffres précis cependant, la préfecture reeconnaissant suivre une "ligne de communication" imposée par le gouvernement.

mm / mb / rb/ www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

Pour aller plus loin :

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1 Commentaire(s)

Valérie de Pierrepont-Monfort, Posté
Effaré par le amateurisme apparent de ce préfet. Est-il nouveau ou en début de carrière ?