L'association est en visite dans l'île :

Le Colosse aux pieds d'argile sensibilise contre les violences sexuelles


Publié / Actualisé
Ce mercredi 4 mars 2020, le Centre de Ressources, d'Expertise et de Performance Sportive (CREPS) de La Réunion accueillait l'association Colosse au pied d'argile pour discuter de la problématique des violences sexuelles au sein du milieu sportif. Alors que des témoignages affluent depuis plusieurs semaines sur les violences sexuelles présentes dans le sport, l'association fait le tour des centres sportifs pour sensibiliser sportifs et formateurs. (Photo as/www.ipreunion.com)
Ce mercredi 4 mars 2020, le Centre de Ressources, d'Expertise et de Performance Sportive (CREPS) de La Réunion accueillait l'association Colosse au pied d'argile pour discuter de la problématique des violences sexuelles au sein du milieu sportif. Alors que des témoignages affluent depuis plusieurs semaines sur les violences sexuelles présentes dans le sport, l'association fait le tour des centres sportifs pour sensibiliser sportifs et formateurs. (Photo as/www.ipreunion.com)

La Réunion était la dernière destination sur la liste : au total, ce sont environ 4000 personnes qui ont été sensibilisées sur la question des violences sexuelles. Harcèlement, viols, bizutage... Toutes ces questions ont été abordées avec les jeunes sportifs réunionnais, ainsi que leurs encadrants.

"La sensibilisation passe par des interventions auprès du public, des sportifs, des encadrants…Pour qu'ils prennent conscience de quels actes rentrent sous le coup d'une violence sexuelle, ce qui n'est pas toujours évident pour eux" explique Manuel Berthou directeur par intérim de la Direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale (DJSCS) de La Réunion.

Les objectifs sont nombreux : libérer la parole des victimes, aider les acteurs du milieu à comprendre et détecter les signaux indiquant des violences subies ou commises, connaître les actions à mettre en place, et diffuser aussi les bonnes pratiques à avoir envers les jeunes.

Actuellement, les contrôles de casiers judiciaires et l'accès au fichier automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes (FIJAISV) n'est réalisé que lorsqu'un signalement est fait. Les encadrants sportifs et bénévoles ne sont donc pas automatiquement contrôlés. Une situation qui pourrait changer sous peu selon Manuel Berthou, la problématique des violences sexuelles étant l'une des actions phares du ministère des Sports actuel. Regardez :

Une antenne réunionnaise de l'association pourrait voir le jour

Cette action de sensibilisation est menée depuis 2013 par Sébastien Boueilh, ancien rugbyman et fondateur de l'association Colosse aux pieds d'argile. Victime de viols répétés lorsqu'il était jeune, il intervient régulièrement dans les centres sportifs pour alerter sur la pédophilie, mais aussi sur les agressions sexuelles qui surviennent entre jeunes.

"Il faut savoir que dans le bizutage, il existe de nombreuses formes d'agressions sexuelles. C'est un fléau, qui fait partie des "traditions" dans le sport, auquel il faut mettre fin" indique l'ancien sportif. Il précise par ailleurs qu'après ses interventions, environ 96% des personnes interrogées disent qu'elles accepteraient de refuser le bizutage de leurs camarades.

Ses interventions aident aujourd'hui à libérer la parole des victimes. "Environ 150 personnes m'ont laissé leur numéro à la suite de nos échanges. Après cela, soit moi, soit un membre de l'équipe les recontacte pour en discuter" explique-t-il. D'ailleurs, à la suite de ses échanges avec les sportifs réunionnais, Sébastien Boueilh doit en rencontrer quelques-uns pour discuter de violences subies.

Pour aborder le sujet, le fondateur de l'association mise sur son expérience personnelle. "Le discours est ensuite adapté à l'âge du public, et a été validé auprès de psychologues, gendarmes et autres spécialistes" indique-t-il. Question du consentement, quels gestes sont appropriés, comment reconnaître un prédateur…Toutes ces questions sont abordées. Des flyers à l'attention des professionnels ont par ailleurs été réalisés pour les guider dans toutes ces questions.

Aujourd'hui, l'association discute de la possibilité d'ouvrir une antenne réunionnaise. Concernant les vagues dénonciations qui ont abondé depuis le début de l'année, Sébastien Boueilh ne se dit pas surpris, et en annonce même de nouvelles. Mais à La Réunion, les langues se délieraient moins facilement. Peut-être que la parole se libèrera ici aussi prochainement.

Sébastien Boueilh parle des actions de l'association et de la libération de la parole, regardez :



as / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

 

   

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