"Un acte de violence inacceptable" :

Saint-Denis : la candidate écologiste Yvette Duchemann et son colistier agressés au Brûlé


Publié / Actualisé
Ce jeudi 5 mars 2020 dans la soirée, Yvette Duchemann et l'un de ses colistiers se sont faits agresser au Brûlé. La candidate écologiste à la mairie de Saint-Denis était en train de coller des affiches quand une dizaine d'individus l'ont pris à partie, elle et son colistier de 65 ans. Celui-ci a été jeté au sol et roué de coups. Contactée par Imaz Press, Yvette Duchemann se dit extrêmement choquée. Son colistier quant à lui est blessé et va passer plusieurs examens de santé. Une plainte a été déposée par les deux victimes et une enquête est ouverte. Le préfet de La Réunion Jacques Billant et le procureur de Saint-Denis Eric Tuffery "condamnent cet acte de violence inacceptable". Ce type de violences relève d'un autre âge. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Ce jeudi 5 mars 2020 dans la soirée, Yvette Duchemann et l'un de ses colistiers se sont faits agresser au Brûlé. La candidate écologiste à la mairie de Saint-Denis était en train de coller des affiches quand une dizaine d'individus l'ont pris à partie, elle et son colistier de 65 ans. Celui-ci a été jeté au sol et roué de coups. Contactée par Imaz Press, Yvette Duchemann se dit extrêmement choquée. Son colistier quant à lui est blessé et va passer plusieurs examens de santé. Une plainte a été déposée par les deux victimes et une enquête est ouverte. Le préfet de La Réunion Jacques Billant et le procureur de Saint-Denis Eric Tuffery "condamnent cet acte de violence inacceptable". Ce type de violences relève d'un autre âge. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Dans la soirée du jeudi 5 mars 2020, la candidate écologiste à la mairie de Saint-Denis Yvette Duchemann se rend au Brûlé afin d'y déposer des affiches. Contactée par Imaz Press Réunion, elle explique qu'elle se trouvait en compagnie de deux militants. Aux alentours de 20h30, ceux-ci décident de monter au Brûlé, car il restait encore un quartier de Saint-Denis sans affiche de sa liste.

En route, un premier militant est déposé lui, Yvette Duchemann reste donc avec le second militant, un colistier de 65 ans. Arrivés face à la mairie annexe du Brûlé, les victimes expliquent qu'il n'y avait alors "personne dans la rue à l'exception d'un groupe de jeunes qui parlaient très fort". Dès qu'ils arrivent sur les lieux, elle et son colistier sont pris à partie par les jeunes qui s'écrient : "toute zélu sé bann volèr", "sort azot", "nou sa tu azot".

- Une dizaine d'individus s'en prennent aux militants -

A ce moment-là, la candidate et le militant essaient "de dialoguer avec ces jeunes, de les calmer, de les ramener à la raison, mais cela n'a pas été possible" nous indique Yvette Duchemann. Les jeunes se mettent alors à arracher les panneaux officiels, et les jettent au sol. Puis la candidate voit que les individus s'en prennent à son camarade militant, et le frappent. Elle court alors vers la voiture du colistier, qu'elle n'arrive pas à ouvrir.

Elle se retourne ensuite et voit que le groupe de jeunes se dirige vers elle, son camarade, lui, court et trouve refuge dans les fourrés. Elle fait de même et tous deux appellent la police. Les jeunes ne les suivent pas dans les fourrés mais s'en prennent alors à la voiture, cassant les rétroviseurs et détruisant le matériel apporté par l'équipe pour poser les affiches. Ils prennent ensuite la fuite.

La BAC (brigade anti-criminalité) arrive sur les lieux immédiatement. Yvette Duchemann et son colistier ont été pris en charge "très rapidement", nous dit-elle, remerciant par ailleurs les forces de l'ordre pour leur rapidité. "Je n'avais jamais eu affaire à un tel déchaînement de violence et de haine" nous indique la candidate. Elle et son camarade militant ont porté plainte.

Lui souffre de plusieurs contusions, et doit aller faire des radios. Yvette Duchemann de son côté a été "secouée" en étant attrapée par le col de sa chemise. On lui a prescrit le port d'un collier cervical pendant une semaine, nous indique-t-elle. Ce vendredi 6 mars, elle a quand même tenu à assister à la conférence d'Oasis réunion. La candidate se dit "vraiment choquée", avec un "traumatisme psychologique important".

- Une agression d'un autre âge -

Selon le procureur de Saint-Denis Eric Tuffery, aucune interpellation n'a été faite pour le moment, les agresseurs ayant pris rapidement la fuite. Une enquête est ouverte.

Notons que ce type d'agressions relève d'un autre âge, cela faisait des dizaines d'années que des violences de ce genre en pleine campagne électorale n'était pas arrivé.

Jacques Billant, préfet de La Réunion, et Eric Tuffery, le procureur de la République "condamnent cet acte de violence inacceptable qui va l’encontre de la vie démocratique" selon un communiqué paru dans la matinée. "Ils témoignent de leur sollicitude à l’égard de la personne agressée et de son équipe de campagne."

Sur Facebook, Ericka Bareigts, également en lice pour la mairie de Saint-Denis, apporte son soutien à la candidate écologiste : "je condamne fermement cet acte. En effet, une campagne électorale doit rester un débat d'idées. Je lui apporte tout mon soutien et lui souhaite un bon rétablissement."

Nassimah Dindar, elle aussi candidate dans le chef-lieu, a indiqué dans un communiqué apporter son soutien aux victimes. "J’apprends avec stupéfaction l’agression subie par Yvette Duchemann, candidate à l’élection municipale de Saint Denis, et un de ses colistiers. La campagne électorale doit être un moment démocratique, d’échanges sur des projets dans le calme et le respect des opinions de tous. J’appelle chacun, candidats, militants et Dionysiens dans leur ensemble, à appliquer ces principes essentiels. J’adresse tout mon soutien à Mme Duchemann et son équipe et je souhaite un prompt rétablissement à son colisitier violenté" a-t-elle écrit dans un communiqué de presse.

Jean-Pierre Marchau, secrétaire régional d'Europe Écologie Les Verts Réunion, a commenté dans un communiqué "nous apprenons l’odieuse agression dont viennent d’être victimes Mme Duchemann et un de ses colistiers  alors qu’ils faisaient campagne dans le quartier du Brûlé. Nous condamnons très fermement un tel acte, inacceptable dans ce débat démocratique que constitue une campagne électorale.  Nous leur apportons tout notre soutien et leur  souhaitons un prompt rétablissement.
Nous précisons aussi, à l’attention  de quelques médias qui ont commis l’erreur, que Mme Duchemann n’est pas tête de liste EELV à cette élection municipale de Saint-Denis puisqu’elle a quitté notre parti il y a déjà plusieurs années".

Alain Armand, candidat à Saint-Denis, a publié le communiqué suivant :"Yvette Duchemann et l’un des ses militants ont été agressés hier soir, c’est inadmissible et nous devons tous condamner une telle violence. C’est une véritable atteinte à la liberté d’expression, chaque candidat a le droit dans notre démocratie de faire entendre sa voix dans le respect de l’autre.
Candidat moi-même à cette élection municipale, je souhaite apporter tout mon soutien et ma considération à Yvette. Espérons que de tels actes ne se reproduisent plus et que nous ayons une campagne digne et respectueuse".
 

www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

6 Commentaire(s)

Zourit, Posté
À notre époque il est désolant d'assister à ce genre d'événement. Mais c'est assez symptomatique et nous renseigne sur le niveau de frustration d'une partie de plus en plus grande de la population. Les politiques doivent s'en rendre compte...
James McDonald, Posté
La répons nout mouvman po lé munisipal Sin-Dni, Astèr Lo Pèp : "Nous souhaitons témoigner notre solidarité avec Yvette Ducheman, agressée à l'occasion d'un collage. La violence n'a pas sa place dans la campagne."
Volcan974, Posté
Le 8 mars de chaque année, c'est l'année de la femme, il est anormal qu'une femme se fait agresser, lors de cette campagne, en dehors de MARCHAU, il n y a que la sénatrice DINDAR et la député BAREIGTS réagissent. Ces hommes politiques qui soit disant doivent prendre notre défense homme ou femme, s 'en foutent, ils sont dans l'inaction.
Cricri974, Posté
Ã"té kreol la on voit votre courage 10 contre un gran mou et une femme pas mal #manque de cojones
Marde, Posté
Tout type d agression est à blâmer. Physique ou matérielle. Telle la dégradation du local de campagne d d'eric Fruteau. Et dire qu'il y en a qui s en vantent.
Valérie, Posté
Monsieur le procureur, perquisitionner une Mairie à la veille d'élections municipales, c'est de quel "âge" exactement ? Annoncer la convocation d'une candidate dont l'affaire est instruite depuis l'année dernière, pendant les élections, c'est de quel âge ? Ces faits nous interloquent presqu'autant que cette agression honteuse qui je l'espère sera réglée avant la tenue du scrutin. Quel candidat a commandité ce lynchage ?